■■..-■.-il.ilil r -'y j .S?é*a \ y% m:J^, / -^^ A HARVARD UNIVERSITY. 1 LIBRARY OF THE MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY LiBRARY OF SAMUEL GARMAN iu/KjL 1 i^af ^^^. JUN8 1929 HISTOIRE NATURELLE GÉNÉRALE ET PARTICULIÈRE. DES POISSONS. TOME SEPTIÈME. ON SOUSCRIT A PARIS, !D u F A R T, Imprimeur -Libraire et éditciiiT, rue des Noyers , N** 22 j Bertrand, Libraire , quai des Augustins, N° 35. A ROUEN, CJiez Vallée , frères, Libraires , rue Beffroi , N** 2a. A STRASBOURG, Chez Levuault, frères, Imprimeurs-Librairefc A LIMOGES, Chez B A R G E A s , Libraire. A MONTPELLIER, Chez Vidal, Libraire. A M O N S, Chez H o Y o I s , Libraire. Et chez les principaux Libraires de PEuropf . HISTOIRE NATURELLE GÉNÉRALE ET PARTICULIÈRE, DES POISSON Si Ouvrage faisant suite à rHistoîre naturelle, générale et particulière, composée par Leclerc de Buffon, et mise dans un nouvel ordre par C. S. SqnmïnIj avec des Notes et des Additions. PAR C. S. SONNINIj ^ÏEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTE^ ET LITTÉRAIRES, TOME SEPTIÈME, A PARIS, PP L'IMPRIMERIE DE F. DUFART. AN XL H I s T O IRE NATURELLE DES POISSONS, PÈCHE DE LA MORUE. ïy E tous lés poissons que nous avons jus- qu^à présent coûsidérés sous un point de vue d'utilité, il n'en est aucun dont la pêche présente des avantages plus considérables, pour les peuples de l'Europe et de l'Amé- rique septentrionale, que celle de la morue; aussi cette pêche est-elle une de celles aux- quelles on s'est livré avec le plus d'ardeur, et dont on a cherché avec le plus de soin à perfectionner les procédés. La morue, comme on Fa vu dans son histoire naturelle, étant un poisson des mers boréales (i), ne se trouve guère en Europe (i) Il n'est pas encore prouvé que la véritable morue , \g gadus morhiia de Liniieeus , se trouve dans les mers Australes ; mais il y a probabilité , d'après les rapports des navigateurs , qu'on y pcche une espèce de gade qui a de grandes an.ilogies avec celui-ci. A 3 8 PÈCHE àvàhi: le cinquantième degré de latitude , èè en Amérique avaut le quarantième; c'es^ donc dans l'espace compris entre ces paral- lèles et les glaces du pôle que lés pêcheurs doivent la chercher , et c'est aussi sur les bancs ^ c'est-à-dire, sur les montagnes sou- marines^ peu distantes des côtes, qu'ils se rendent principalement à l'époque du frai pour se la procurer. Quoique les morues ne soient pas fort fcommunes sur les côtes de France , on ne laisse pas que d'y en prendre quelques-unes, soit dans les parcs, soit avec des lignes.de ïbnd, soit dans les folles ou autres filets qu'on tend pour prendre toute espèce de poisson en général,- ce sont ordinairement de jeunes individus qu'on se procure ainsi accidentellement , et on les confond le plus communément avec les merlans, quoiqu'ils soient de forme un peu différente, et qu'ils aient une chair plus ferme et plus savou^ reuse* La pêche des morues au filet n'est pas aussi avantageuse que le pourroient croire ceux qui ne connoissent pas les habitudes de cOè poissons. Ou peut rarement prendre par ce moyen de grosses pièces > même sur les bancs lés pitis |)eU|)lés^ attendu ^û'^lie* DE LA MORUE. 7 se tîenïlent constamment au fond ou à une très -petite distance du fond, et qu'il ne Seroit pas facile de manier des filets asse25 longs pour les atteindre; de plus, la fré-^ quence de ce mode de pêche éloigne les morues des lieux où on le pratique, ainsi qu'on en a fait la malheureuse expérience sur les côtes de Suède et de Norvège; aussi y a-t-on renoncé par-tout ou presque par-^- tout : aujourd'hui on ne prend plus les mo- rues qu'à PhameÇon par les procédés qu^oû décrira plus bas. Il convient cependant de dire qu'on se servoit pour cette pêche de filets de vingt brasses de long et d'une braSse de haut , dont les mailles avoient trois pouces en carré ; on les laissoit tomber jusqu'à soixante -dix brasses et phis. Un bateau monté par six hommes portoit ordinaire- ment dix -huit de ces filets, qu'on tendoit le soir et qu'on levoit le matin; souvent ils étoient emportés par des cétacés ou de grands squales, et les pécheurs se trouvoient quelquefois , après de pénibles et dange- reux travaux , avoir perdu leur capital et leur tems. Ce n'est que sur les eôtes des pays nou- vellement cédés à la France, c'est-à-dire, sur celles de la ci -devant Belgique > que A 4 s P E C H E Ton commence à prendre, sous le nom de cabeliauj de grosses morues propres à être salées ou sécliées, mais que Ton consomme le plus habitueliement fraîches , à raison de la. proximité des grandes villes. Celles qui se trouvent un peu plus loin, c'est-à-dire, sur les côtes de Hollande, principalement vers rembouchure de la Meuse , sont les plus estimées. On pèche des morues sur toutes les côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, princi- palement sur celles qui sont le plus au nord. On les y mange généralement fraîches, ou on leur donne un demi - sel , propre à les conserver quelques jours de plus, et à faci^ liter par conséquent leur transport assez avant dans l'intérieur des terres. On a remarqué que ce demi-sel rafFermissoit leur chair , la rendoit plus savoureuse , et en conséquence les pêcheurs le donnent uni- quement par précaution. Ces morues se prennent à la ligne ordi- naire, à la ligne dormante et dans des parcs, qui ont quelquefois leur embouchure oppo- sée à la marée montante, et qui alors sont terminés par un grand filet en forme de nasse que l'on relève , avant le retour com- plet de la marée, par le moyen de cordes. DE LA MORUE. 9 de poulies ou de longs leviers attachés à un échafaud construit au dessus. Les morues sont également fréquentes sur les cotes de la Prusse, duDanemarck, de la Norvège, de la Suède, de la Russie, de rislande et autres îles; on les y prend généralement à l'hameçon, mais aussi quel- quefois avec des filets et autres engins. Cependant c'est principalement sur les bancs appelés Dogger-bank , TVel-hank et Cromer que se fait réellement , en Europe, ce qu'on appelle proprement la pèche de la morue. Le premier de ces bancs, qui a cin- quante lieues de long, est situé dans la mer d'Allemagne, presque à égale distant 3 des côtes d'Angleterre et de Danemarck , et sert de rendez-vous aux pécheurs de toutes les nations, sur-tout à ceux de Hollande et d'Angleterre, qui en sont plus voisins. Là les vaisseaux restent quelquefois six à sept mois de suite, et sont uniquement occupés à prendre des morues et à leur donner les premières préparations conservatrices. C esfe dans les lieux où il y a soixante ou quatre- vingts brasses d'eau que Ton prend le plus de morues et les plus belles, mais aussi la pèche y est plus fatigante que dans ceux 10 î» E C H Ë où ii ny a que douze à quatorze brâsseâ d'eau. La distance du Dogger-bank des côtes de la Hollande n'étant que d'une cinquantaine de lieues, et celle de ses extrémités à FAngle-^ terre et au Danemarck étant encore moin^ dre, on peut facilement transporter dans ces pays les morues qui n'ont pas été blessées assez dangereusement 5 en retirant les hame- çons qui les ont accrochées , pour craindre qu'elles meurent des suites de leurs blessures. A cet eiïet on construit des barques à vi-* viers, c'est-à-dire, de petits vaisseaux pon-^ tés 3 dans lesquels on forme dans la cale , à l'arriére du grand mât, une séparation bien calfatée , que l'on subdivise en cases. Cette espèce de soute a communication avec la mer d'un côté par des trous , et avec le pont de l'autre par un soupirail qui peut se fer- mer à volonté. On peut voir la figure de la coupe d'un de ces bateaux, pi. xii du Traité des pêches de Duli£miel. Le poisson se conserve assez long-tems dans cette sorte de vivier pendant i'hyver et lorsque le tems ©st beau, mais pendant les chaleurs de l'été, et lorsque le navire est battu par les vents, il est fort difficile d© DE LA MORUE. il Yy garder en vie plus de cinq à six jourSi On le nourrit avec tous les articles qui otît servi d'appât pour le prendœ , ou avec d'autres du règne animal. Comme depuis plusieurs siècles les peuples maritimes de TEurope se disputent à qui prendra annuellement le plus de morues sur le Dogger-bank et dans les antres lieux qu'elles fréquentent, elles ont dû, quelle que soit la rapidité de leur croissance et leur fécondité , y diminuer en grosseur et en nombre 5 d'ailleuis les registres des villes de Hollande, qui font mention du pr-oduit des anciennes pêches , constatent qu'elles étoient bien plus fructueuses autrefois : ainsi il n'y a pas de doute que le prix de la morue salée ou sèche seroit aujouj^l'hui hors de la portée de la classe qui en consomme le plus^ si la découverte de l'Amérique n'avoit pas étendu la sphère d'activité des pêcheurs, et non seulement comblé le déficit, mais en- core procLiré une augmentation incalcu- lable de produit. C'est, comme on Ta vu plus haut, depuis lé quarantième degré jusqu'aux glaces du pôle que l'on trouve des morues sur les côtés de l'Amérique septentrionale. Dans ce long espace on les pèche sur le bas-fond de 12 PECHE TAcadie, dans la baie du Canada autour de File de Sable , sur Je banc Verd , et sur- tout sur Je giand banc de Terre-Neuve. Ce dernier banc, trois fois plus long et. six fois pins large que le Dogger-bank , est seul une mine qui, depuis deux siècles, a fourni plus d'argeni; que celles du Potosi aux peuples industrieux de l'Europe et aux habitans de rAniérique. Décrire la manière dont on péclie la morue sur ce banc , aujourd'hui le plus fréquenté de l'univers par les pécheurs, c'est faire connoitre ce qui se pratique par - tout. En conséquence on va entrer dans les détails les plus circonstanciés. Lc'j côtes de l'Amérique septentrionale étant, à la même latitude, beaucoup plus froides que celles de l'Europe, l'époque du frai des morues y est beaucoup retardé. Rarement on peut y entreprendre la pèche avant le milieu d'avril ; le plus souvent ce n'est qu'au milieu de mai qu'on commence h pouvoir la pratiquer sur l'iîe de Sable, c'est - à - dire , le banc le plus méridional de cette côte. Mais à cette époque de l'année , ces mers sont encore couvertes de brumes et de glaces , qui en rendent ia navigation fort dangereuse ; aussi les DE LA MORUE. i3 pêcheurs parlent-ils d'Europe de manière à n'arriver sur le grand banc qu'au commen- cement de juin. Les morues , ainsi qu'on ]'a dit précé- demment, n'ont point une marche réglée; tantôt elles arrivent plus tôt , tantôt elles arrivent plus tard; une année elles affluent en grande abondance dans un endroit ou Tannée suivante on n'en trouvera à peine que quelques-unes. En général, comme elles fraient presque en même tems que les harengs et qu'elles se nourrissent à leurs dépens, elles les suivent jxDur l'ordinaire, et l'on peut attendre une bonne pêche de morues, là où on a vu arriver les harengs en premier et le plus abondamment. On ignore quelle est positivement la cause qui empêche les harengs et les mo- rues de venir chaque année fraj^er dans les mêmes lieux , attendu que les circons- tances phj^siques, c'est-à-dire, la hauteur de l'eau et de la nature du fond ne chan- gent pas; mais on peut supposer qu'elle n'est due qu'au hasard, que comme ces poissons vivent toujours en innombrables troupeaux , lorsque quelques individus de la tête nagent machinalement dans une direction, tous les autres les suivent, et 1^ PECHE s'arrêtent au premier endioit qu'ils rencon* trent, et qui est propre à recevoir Tespoir de leur progéniture. On voit journellement un exemple analogue dans les troupeaux de moutons , dont l'individu le plus en avant conduit toujours la marche. Quoi qu'il en soit , c'est généralement en juin, on le répète, que la pêche commence; elle est dans toute sa force en juillet, dimi-r nue en août, reprend un peu plus d'activité en septembre, et est assez bonne en octobre, lorsque les brumes et les glaces ne s'y op-r posent pas, ce qui est généralement rare. On se demande peut-être pourquoi, puis-» que les morues viennent sur le grand bano pour frayer , il y a une interruption dans la pêche. Comme aucun naturaliste n'a suivi les pêcheurs dans leurs expéditions, on n'a point d'observation positive qui autorise à répondre à cette question ; ce-r pendant on peut présumer, par analogie, d'après ce dont on s'est assuié x^elativeinent aux autres poissons , sur - tout au hareng et aux poissons d'eau douce , que les plus vieilles morues fraient les premières, ordinai- rement avant larrivée des pêcheurs, que les moyennes fraient en juin et juillet, el que les? phis jeunes, celles qui fraient pour la pre-; DE LA MORUE. i5 luière fois , déposeut leurs œufs en sep- tembre et en oclobre ; après quoi loules quittent les bas- fonds pour rentrer dans la profondeur des mers. Ce n'est donc , comme on Fa précédem* nient annoncé , qu^à Fentrée du mois de juin que commence la grande pèche sur les côtes de l'Amérique septentrionale ; le parage le plus avantageux et par consé- quent le plus fréquenté, est par le qua- rantième et le quarante-sixième degré de latitude. Pour le succès de la pêche , ea quelque lieu qu'on la fasse , il est impor- tant de choisir un bon port; c'est pour- quoi les capitaines, qui ont déjà fait un grand nombre de voyages, ont plus d'avan- tages que ceux qui vont pour la première fois sur ce grand banc. S'il arrive aux hollandais de réussir plus fréquemment, c'est qu'ils sont laborieux, patiens , expérimentés plus que les autres peuples, et qu'ils ne se découiagent pas par le défaut du succès , mais changent de port jusqu'à ce qu'ils en aient trouvé ua qui leur soit avantageux. On regarde comme préférables aux au-? très les fonds de roche pourrie , de co- quillages, de terre grasse, et comme peti i6 P E C H E productifs ceux qui sont de sable pur ; ainsi que ceux de rochers doux. Le tems le plus favoiable est quand le ciel est couvert et l'air obscur. Ou a vu, dans ces circonstances, et sur un bas- fond, des matelots ne faire que jeter la ligne et la retiier , c'est - à - dire , prendre chacun cent cinquante et niéoie deux cents mo- rues en vingt-quatre heures. Ainsi , si la pèche continue avec le même succès , une flûte de deux cents tonneaux peu com- ])letter une cargaison de trente à trente- cinq milliers de morues en moins de trois mois. Mais il n'est pas commun de trouver un ciel et un lieu en même iems et constam- ment propices; aussi est-il lare de faire des pêches de cette abondance. Ordinairement le tems change ])lusieurs fois dans le cours d'une saison; des vents conliaires chassent le navire lom de l'endroit où il vouloit se fixer , ou des vents violens l'empêchent pendant plus ou moins long-tems de mettre les lignes à la mer. La marche la plus régulière, celle qu'on s'unit ordinairement lorsqu'on arrive de bonne heure et qu'on n'est pas contrarié par les vents, est de commencer à s'établir au port le DE LA MORUE. 17 le plus sud , puis de s'avancer graduelle- ment vers le nord par Test jusqu'au mi- lieu du grand banc , d'où on revient vers le sud lorsque les froids commencent à se faire sentir. Les bâtimens qu'on emploie ordinaire- ment pour la morue , sont depuis quarante jusqu'à cent cinquante tonneaux,* mais ce- pendant on en voit quelquefois de plus petits et de plus grands sur le grand banc. Leur forme varie , non seulement suivant les nations, mais même suivant les ports de mer où ils ont été construits; mais tous doivent être forts par leurs membrures, avoir au moins un pont avec deux grands gaillards , ou deux ponts sans gaillards. Ceux-ci sont préférables, parce que l'éta- blissement de la pêche s'y fait avec beaucoup plus de facilité et bien moins de dépense. Au surplus on fait rarement usage de na- vires construits originairement pour une autre destination. L'approvisionnement des vaisseaux qui vont à la pêche de la morue sur le grand banc de Terre-Neuve, varie selon les na- tions, les ports, leur capacité et les moyens des armateurs; on ne peut en conséquence rien dire de général à cet égard; mais dans Polss. Tome VIL B i8 PECHE les ports (3e France on est ordinairement dans Fusage de prendre deux tonneaux et demi de sel pour chaque millier de mo- rue que la caile peut contenir; des menus ustensiles de pêche en surabondance, et des vivres pour neuf mois. Quant au nombre d'hommes, un bâti- ment de quatre-vingt-dix tonneaux en a généralement de dix-huit à dix-neuf; sa- voir , un maître, un pilote, un saleur, douze matelots et trois ou quatre mousses ou apprentis ; d'autres plus forts en ont vingt-cinq ou trente et même plus. Les conditions des pécheurs avec les arma- teurs sont arbitraires ; quelques équipages sont à paye réglée , mais le plus grand nombre sont à la part, c'est-à-dire, inté- ressés dans les bénéfices. Celte part est fixée par l'acte d'engagement, mais toujours proportionnelle au grade. Le pjinoipal instrument dont on se sert pour prendre les morues , e>t une ligne armée d'un haim ou hameçon. 11 convient donc d'entrer à son égard dans des détails circonstanciés ; car c'est de sa bonté que résulte souvent le succès de la pèche. Les hameçons doivent être les uns d'un der bien haut, les autres d'acier. Ces der- J)e >i>i'e .rt^/ HAMECOTSiS ^ roi/uan/. DE LA MORUE. 19 niers sont préférables dans les parages où il n'y a pas de rochers; mais comme ils se cassent trop fréquemment dans ceux où il y eu a , on doit s'y servir de ceux de fer. Les uns et les autres sont ordinairement étamés pour les conserver plus long - tems exempts de rouille. Les pécheurs donnent à leurs hameçons des courbures différentes , et chacun d'eux prétend qu'il a adopté la meilleure. Il doit y avoir en effet quelques avantages à em- ployer une espèce de hameçon plutôt qu'une autre, mais en général, tel qui est supérieur dans telle circonstance , devient inférieur dans telle autre , c'est-à-dire , que ces engins agissent sur le poisson dans des directions variables, et que dans quelques-unes de ces directions un hameçon très-courbé est avan- tageux , tandis que dans d'autres c'est au contraire un phis droit qui devient préfé- rable. Quoi qu'il en soit , on a fait graver, planche XXVII , de grandeur naturelle et avec leur empila , les deux sortes de hameçons dont on fait le plus fréquemment usage. L'article le plus important dans le choix des hameçons , est que leur pointe , ainsi que celle du barbillon soient aiguës , et que B 2 io P E C H K cette dernière soit bien détachée de la lige. Il seroit à désirer même que la pointe fût en acier dans les hameçons en fer ; mais raugmentation de main-d'œuvre que cette opération occasionne , et le plus haut prix qui en est la suite , s'y opposent. En général les anglais et les hollandais emploient des hameçons moins grands que les français; mais on reproche aux petits de rendre la pêche plus lente, parce que les morues les avalent , et qu'il faut les ouvrir pour les avoir ; tandis que lorsqu'ils restent accrochés k la gorge on les a bientôt déta- chés et remis à l'eau. On peut faire usage de hameçons à doubles crocs , mais souvent les poissons refusent d'y mordre; il en est de même des lignes à doubles hameçons : aussi la ]igne simple est-elle la plus communément employée par les habiles pêcheurs. La grosseur des lignes dont on se sert habituellement est de six , huit , neuf et quelquefois dix lignes de ci i conférence , et leur longueur de soixante- quinze à quatre- vingt-dix brasses. Les anglais et les hollandais les out p' esqne toujours moins grosses ; il est en elfv't important qu'elles soient aussi fines que possible , relativement à la grosseur DE LA MORUE. 21 des morues qu'on espère prendre , par ce qu'alors elles épouvantent moins le poisson, fatiguent moins le pécheur qui les relève , et lui permettent plus facilement de juger par leur trémoussement lorsqu'il y a du. poisson de pris. Elles doivent être de bon chanvre et pas trop torses , a(în d'être plus fortes, plus maniabks, et de prendre plus rarement des coques^ c'est-à-dire, de se tortiller. . , On frappe toujours à quelques pieds d^i bout de ces lignes un plomb qui a la figure d'une poire ou d'un cylindre, et qui est destinée autant à la faire descendre rapide- ment au fond de l'eau qu'à résister aux efforts que la dérive et les courans pour- loient faire pour l'emporter. Ce plomb doit être proportionné à la giosseur des lignes , à celle des hameçons et à la profondeur ou il doit descendre. Il est ordinairement de cinq à six hvres. Les morues se trouvent dans certains lieux et dans certains momens tellement accumulées au fond de la mer , qu'elles se touchent presque toutes, et que l'on peut espérer d'en accrocher quelques - unes en laissant tomber au milieu d'elles une ligne aimée de gros hameçons à double , tnple el B 5 ^ PECHE quadruple crochet , ou de plusieurs hame- çons attachés à côté les uns des autres. Cette pêche ne se fait guère que lorsque les morues ne mordent plus aux appâts , et que Teau est peu profonde, parce qu'elle est très-incertaine et pénible , mais elle est quelquefois fructueuse : on l'appelle pèche à la faux. Ordinairement on place au dessous de l'hameçon un appât de métal ou de drap, afin que les morues attirées par son éclat se rassemblent en plus grand nombre autour de lui , et qu'on puisse plus facilement espé- rer d'en accrocher en retirant brusquement la ligne. La plupart du tems on ne fait dans cette pêche que blesser les morues, ce qui les éloigne des parages où on la pratique; aussi 'les pécheurs expérimentés pensent-ils qu'elle ^doit être défendue. 'Le choix des appâts est dans cette pèche, comme dans toutes celles qui se font avec des hameçons , un objet de première impor- tance ; car quoique la morue , ainsi qu'il a été dit, soit extrêmement vorace , et qu'elle avale souvent , lorsqu'elle est aiTamée, tout ce qui tombe à la mer , elle ne mord plus , quand elle est rassasiée , qu'aux objets qu'elle aime de préférence. 11 en est de DE LA MORUE. ^3 même lorsqu'elle a été piquée une première fois , ou seulement lorsqu'elle en a vu en- lever ou blesser une autre à côté d'elle. A l'arrivée des bâtimens , il suffit quel- quefois de présenter l'hameçon tout nu aux morues, ou un morceau d'étain ou de pîomb qui représente grossièrement un poisson, ou un morceau de drap rouge ou blanc , pouf qu'elles y mordent et se prennent ; mais en général on apporte de la viande salée alté- rée , comme bœuf, lard , ou des harengs, et des maquereaux hors de vente par leur vétusté pour amorcer d'abord ; ensuite ou se sert, pour le même objet, du cœur, des mâchoires, des entrailles et autres parties inutiles des morues mêmes qu'on a p lises. Cependant quelque bons que soient ces sortes d'appâts, il en est encore d'autres dont les morues sont tout autrement friandes, auxquels seuls elles mordent lorsqu'elles sont rassasiées , tels sont les grondins , les maque- reaux , les harengs, les sardines, les cape- lans , des crustacés et des coquillages ; en conséquence on se sert aussi souvent qu'on le peut de ces objets; mais comme ils sont rares , on se contente quelquefois (xen em^ béquer l'hameçon , c'est-à-dire , d'en mettre B4 24 PECHE un petit morceau à sa pointe, après qu'il est garni d'issues de morue. Quand, en ouvrant les morues, on trouve dans leur estomac des poissons qui ne sont pas digérés, on s'en sert avec grand succès pour amorcer les hameçons. Enfin , quand on peut se procurer des portions d'oiseaux , de reptiles, et en général de toute substance animale sanguinolente , on est sûr de faire une pêche abondante. 11 y a des bâtimens qui ont de grandes chaloupes uniquement occupées à prendre au filet ou à la ligne des poissons frais pour l'usage de leurs pêcheurs. Lorsque le hareng donne de bonne heure , il est toujours de la sagesse du capitaine de commencer par en faire une grande provision , qu'il conserve à mi-sel, car par leur moyen il est certain que les morues abandonneront tous les fonds voisins pour donner dessus. Il en est de même du capelan , qui afflue également quelquefois sur les côtes d'Amérique , et dont on peut prendre de grandes quantités à la fois dans les anses où il se réfugie. Un bâtiment arrivé au lieu de la pêche commence ses opérations par établir son bel^ c'est - à - dire , par former le long de son DE LA MORUE. 25 bordage une espèce de galerie un peu sail- lante en dehors, sur laquelle on fixe solide- ment de petits tonneaux défoncés en dessus, échancrés du côté qui regarde la mer , et garnis d'un bourrelet de paille , ainsi qu'un theu^ espèce d'abri ou de toit fait de deux montans réunis par des demi -cercles de barriques , et couvert de toile goudronnée. Le tonneau est destiné à empêcher que la partie inférieure du corps des pêcheurs ne soit mouillée par Feau que les vents ou la manœuvre lancent sur le pont , et qu'ils ne soient pas fatigués ou blessés par l'effet du roulis ou du tangage; et le tlieu à mettre leur tête un peu à l'abri de la pluie ou des vents froids et bruineux, si fréquens dans les pa-- rages du grand banc. Devant chaque petit tonneau est ^^ê un montant de bois échancré à son sommet, et qui sert à' appuyer la ligue lorsqu'elle est dans l'eau, et derrière se trouvent difîçrens objets utiles au pécheur , tels que la ligne où il accroche les morues qu'il vient de prendre , un petit baril où il met les langues après qu'il les a détachées , etc. Sur le milieu et aux extrémités du pont sont placés à demeure une table garnie de rebords, c'est \ étale ^ un petit tonneau. des- 56 PECHE tiné à mettre les foies, c'est lafoissiêrê, uû autre pour recevoir la fressure , un autre pour les cœurs , enfin un trou qui commu- nique à l'entrepont par où l'habilleur jette son poisson , c'est Y éclaire. Lorsque tout est ainsi disposé, chaque pécheur , chaudement vêtu , pourvu d'un tablier de cuir de vache ou de toile gou- dronnée qui lui monte jusqu'au cou, et qui entoure presque son corps , et de gants ou de mitaines de même sorte , se place dans son petit tonneau en dehors duquel il fait pendre le bas de son tablier ; alors il amorce et jette sa ligne. On n'est pas d'accord sur la manière de conduire la ligne lorsqu'elle est parvenue au fond. Quelques pêcheurs la laissent traîner par le seul effet de la dérive du bâtiment , dérive qu'on ralentit même le plus possible; d'autres la remuent et la soulèvent fréquem- ment , ou accélèrent son mouvement en se tenant à la voile. Les hollandais suivent cette dernière méthode, et assurent qu'elle em- pêche les morues de flairer l'appât , les obligent par la crainte de perdre leur proie de la saisir avec avidité. C'est 6ans doute cette pratique qui doit être suivie , car g}\q est parfaitement en concordance avec le DE LA MORUE. 27 raisonnement et avec ce qu'on observe con- tinuellement clans la pêche à la ligne volante sur les rivières. Les pécheurs doivent avoir le tact lin pour relever leur ligne aussitôt qu'un poisson a mordu ; mais ce tact s'acquiert facilement par un usage de quelques jours. 11 y a en- core à cet égard diverses manières d'agir ; les uns prétendent qu'il faut donner une forte secousse à la ligne pour enfoncer da- vantage l'hameçon dans les chairs; les autres qu'il suffit de la tirer en ligne droite. Il est probable que l'une et l'autre de ces manières est avantageuse dans certains cas , puisque les morues moi*dent dans toutes les direc- tions possibles , et que comme on n'est pas instruit de îa position qu'a prise celle qu'on tient accrochée , c'est le hasard seul qui décide si on l'amènera à bord ou si eïle se sauvera. La morue arrivée à fleur d'eau est ordi- nairement tirée à bord par le preneur qui la saisit par les ouïes et l'attache par la tête à l'instrument appelé élangueur; mais si elle est trop grosse il se fait aider par son voisin. Il l'é ventre ensuite , et avec ce qu'il trouve dans son estomac, réamorce son hameçon et le remet à l'eau ; ensuite il tire la langue 28 PECHE qu'il met dans son baril, et jette le corpê dans l'espace entouré de planches qui est derrière lui ^ et qu'on appelle le parc. C'est en comptant les langues mises à part par chaque pêcheur, que Ton sait combiea il a pris de morues dans la journée. Ce compte est de première importance pour tous lorsque l'équipage est intéressé dans les profits, et même dans le cas contraire il se fait encore avec exactitude , parce qu'il est généralement d'usage qu'on impose à celui qui en a pris le moins , comme punition , de vuicîer le parc où sont les têtes ;, et de les jeler à la mer , pendant que les autres soupent et se reposent. Cette punition , quelque légère qu'elle paroisse , suffit pour engager quelques pêcheurs à se mettre à l'ouvrage avant les autres , ou à le continuer lorsque leur tour est venu de faire le quart. Une attention que doit avoir chaque pêcheur , et dont l'oubU peut beaucoup nuire au succès des opérations, c'est de tirer sa iign? de manière a ce qu'elle ne s'em- bairasse pas dans celles de ses voisins; car souvent elle n'est pas encore arrivée au fond qu'dle est déjà chargée d'un poisson, et que pnr conséquent la plus giande promp- titude est de rigueur. Lliabitude et la bonne DE LA MORUE. 29 volonté valent mieux clans ce cas que tous les préceptes ; c'est pourquoi on ne par- lera pas ici des divers usages reçus parmi les pécheurs. Lorsqu'une morue se trouve prise aux lignes de deux pêcheurs, ce qui arrive quel- quefois, elle est jugée appartenir à celui dont l'hameçon est plus près de Tœi], parce qu'on présume que l'hameçon qui est par- venu dans la gorge du poisson établit la négligence de l'autre, et qu'il est bon de l'en punir. Si l'hameçon n'est pas entré trop avant dans le gosier, il est fort aisé de l'ôter avec la main par la bouche; mais, lorsqu'il est fort avant, il devient nécessaire de déchirer la membrane de l'ouïe et de le détacher d'une main , tandis qu'on tire la ligne de l'autre. La langue de la morue s'enlève avec un couteau qni ceine toute la chair intérieure de la mâchoire inférieure. Par cette opé- ration on obtient une masse dont la langue ne fait que la plus petite partie, mais qui ne peut être trop grosse, car c'est un mor- ceau des plus délicats. Ici se terminent les opérations des pê- cheurs et commencent celles qui ont pour 3o PECHE but de conserver la morue. Il est plusieurs manières de procéder à ces dernières, mais elles peuvent toutes se rapporter à deux principales , qui se subdivisent chacune en deux autres. On la sale ou on la sèche. Lorsqu'on la sale on suit ou le mode de préparation des français, ou celui des hol- landais. Lorsqu'on la sèche , on la met à l'air sans la saler , ou on ne Yy met qu'après l'avoir salée. La morue salée s'appelle généralement morue verte. On va successivement décrire les opéra- tions qu'exigent ces quatre manières de pré- parer les morues, et on entrera dans tous les détails nécessaires pour les faire com- prendre, mais en négligeant ceux de ces délails qui n'ont pour objet qu'une main d'œuvre indifférente à son objet ou facile à comprendre. La morue prise , comme on l'a rapporté précédemment, est fichée par la tête à la pointe de l'élangueui , en est enlevée par un mousse et portée sur l'étal, table soli- dement fixée sur le pont , et dont il a déjà été parlé. Aux deux bouts de cette table se trouvent deux des personnes habillées comme les pécheurs et placées comme eux DE LA MORUE. 3i dans un petit tonneau. L'une s'appelle Yététeur et l'autre Yhabilleur. La première saisit d'abord la morue , en place à faux la tête sur le bord de la table , la cerne avec un couteau à deux tranchans, nommé cou- teau à ételir^ dotit la lame a sept ou huit pouces de long , et trois quarts de pouce de large, la sépare du tronc en cassant lépine, et la jette dans un parc qui est à sa gauche. C'est celui que vuide tous les soirs le pê- cheur qui a le moins pris de morues dans la journée. Quand la morue est décolée , Tététeur enlève toutes les entrailles. Il met à part les foies dans le tonneau indiqué plus haut sous le nom àefoissière, la résure dans un autre, enfin le cœur et la rate dans un tioisième; ces derniers pour seivir d'appât. La résure , la rai^e ou la rogue est l'ovaire ou les ovaires de la femelle, qu'on sale à part dans des barils; c'est un excellent ap()ât pour la pèche des sardines. Cette parlie pèse d'une à deux livres , selon la grosseur de la morue. L'ététeur, ayant fini son opération, pousse le corps de la morue à l'hablileur qui le saisit de la main gauche et qui tient de la main droite le couteau à habiller , c'est-à- 52 PECHE dire , un couteau dont la lame a environ huit pouces de longueur sur trois de lar- geur , et est carrée par îe bout; ses fonctions consistent à l'ouvrir depuis la gorge jusqu'à Tanus, appelé improprement nombril par les pêcheurs; à ôter dans cette étendue la grosse arête , à laquelle la vessie aérienne reste attachée, ce qu'on nomme dessoler; à faire couler le poisson dans l'éclairé d'où il tombe dans l'entrepont, et à remettre l'arête à un mousse qui est près de lui, lequel, avec un couteau simple , en détache la vessie aérienne et la met dans un panier,* puis il jette l'os dans la mer. C'est cette vessie qu'on appelle la nauy la nœul y la noe ^ la not ou la noue; elle se saie très-soigneusement, car eï\e est regardée comme un manger aussi et même plus déli- cat que la langue qu'on sale de même, tantôt à part dans des barils, tantôt sous les morues. Nous avons longuement parlé, à l'article de l'esturgeon , de la manière de préparer leur vessie aérienne pour faire de la colle dite de poisson; il n'y a pas de doute que l'on poLirroit tirer un grand parti pour le même objet de celle des morues , d'autant plus que presque toujours on disiribue les noues en présent, et que les besoins des aris tiennent DE LA MORUE. 53 tiennent toujours la colle de poisson à un prix très-élevé. Il a été fait à cet égard des tentatives qui ont eu du succès; cependant on ne fait point de cette sorte de colle sur les bancs de Terre-Neuve, parce que le tems et la place manquent souvent; ce n'est que dans le nord de FEorope qu'on en con- fectionne pour le commerce ; encore est-ce de très-petites quantités. Au reste , il convient de dire qu'on ne peut point faire de colle avec les noues salées , mais qu'on peut les garder plu- sieurs jours dans l'eau sans altération ; ce qui donne du tems lorsqu'on veut s'en occuper. ^ Les anglais habillent leurs morues un peu différemment ; ils les fendent j usqu'à la queue et ôtent l'arête entière. On les appelle dans le -commerce des morues , morues plates , tan- dis que les autres s'appellent morues rondes. Les corps des morues , arrivés dans l'en- trepont, sont ramassés par le saleur qui leur introduit le plus de sel qu'il peut dans le corps, ensuite il les range les unes sur les autres , dans un endroit quelconque , ayant soin que les queues aillent en baissant ; il couvre le premier d'une couche de sel et continue à mettre plusieurs rangs de mo- Poiss. Tome VIL C 34 PECHE raes , suivant que la pêche en fournit. Cette première opération a pour but de les purger de leur eau et de leur sang , et cet effet est ordinairement produit au bout de deux jours. Alors on les sale à demeure, c'est-à-dire, qu'on les change de place et qu'on en forme de nouvelles piles. Ces piles sont ordinairement établies sur des branches de fagots ou sur des perches recouvertes de nattes , destinées à porter la première couche de sel , qui est , foi t épaisse, attendu qu'on y met les langues, les noues et auti es issues , après qu'elles ont également dégorgé leur eau et leur sang dans un premier sel. Les autres couches alternent avec les rangs de morues. Quelques saleurs mettent les plus grosses morues en bas et les plus petites en haut; mais cette précaution, qui est fort embar- rassante 5 ne paroi t pas être d'une grande utilité. Quand au débarquement on a ôté les morues , on crible le sel , et les langues, les noues et les issues jestent sur le crible; on les arrange ensuite dans des barils pour les livrer à la consommation. Cette manière de saler la morue s'appelle saler en grenier. Le soin qu'on apporte à bien remplir DE LA MORUE. 35 les conditions qu'exige la morue pour être marchande et de première qualité, sa per- fection et sa conservation dépendent de circonstances qu'il n'est pas toujours en la puissance de Thomme de changer. Ainsi elle est plus molasse et de mauvaise qua- lité au moment du frai ; elle est moins blanche et se conserve plus difficilement quand on la prépare pendant les chaleurs; elle diminue de saveur lorsque le poisson a long-tems exclusivement ou presque exclusivement vécu de méduses, deberoës, de clios et d'autres animaux gélatineux ou sans consistance. Le choix du sel est aussi un article important. Celui qui est trop récent et celui qui a été fabriqué dans les pays chauds, sont trop acres, noircissent la chair de la morue et lui donnent un goût amer. Celui qui est blanc n'a pas assez de force. Les français et les hollandais préfèrent le sel de Brouage anciennement fait à tous les autres. Dans tous les cas il faut autant que possible n'employer que des sels bien secs, parce qu'ils absorbent plus rapidement l'hu- midité de la morue, et lui conservent par là la blancheur qui en fait un des premiers mérites aux yeux des consommateurs. C 2 56 PECHE Les sels qui avoient été embarques pouf Ja pèche, et qui n'ont pas été employés, sont regardés par Ja plupart des pêcheurs comme impropres à servir au même objet dans une autre saison. Cette opinion peut être fondée, mais il semble que ces sels n'ont pu s'altérer autrement dans la calle où ils étoient renfermes qu'en se chargeant de l'odeur et de l'humidité propres à ce lieu. En ce cas leur exposition à l'air , sous un hangard , et quelques remuemens doivent leur rendre toutes leurs bonnes qualités premières. Quant à celui qu'on tire des piles, comme surabondant, lorsqu'arrivé au port, on les défait pour mettre en magasin les morues qui les forment , il ne pour roi t qu'altérer les poissons pour lesquels on Temploiroit de nouveau , attenda qu'il est surchargé des matières animales dont l'absorption est le but de la salaison. On doit en conséquence l'employer à un autre usage, ou le jeter. Les pêcheurs préfèrent d'employer le sel à gros grains, et ce par des motifs qui nous sont inconnus; il ne possède certainement que les qualités chimiques de celui à petits grains, mais peut-être favorise-t-il autour de chaque morue eii piles une circulatiou DE LA MORUE. 37 d'air qui est avantageuse à leur conser- vation. L'impossibilité de faire surveiller les opé- rations de la salaison de la morue en mer, et la nécessité de donner aux marchands et aux consommateurs une garantie' de leur bonne qualité d'où dépend leur salubrité, ont engagé tous les gouvernemens de l'Eu- rope à faire des réglemens et à nommer des experts jurés pour examiner et déclarer marchande ou non marchande celle qui est amenée dans un port. C'est à la bonté et à la sévère exécution de ces réglemens que les hollandais doivent sur-tout la per- fection de leurs morues, et par suite la préférence dont elles jouissent dans tous les marchés. Nous allons parler ici seulement de ce qui se pratique dans les ports de France. Lorsqu'un bâtiment revient de la pêche de la morue, le capitaine n'en peut déchar- ger la cargaison qu'après avoir fait sa décla- ration , et avoir été autorisé à appeler un juré trieur pour en faire l'examen , trier les pièces selon leur qualité et faire jeter à la mer celles qui sont altérées au point de compromettre la santé de celui qui les mangeroit. Cet officier , qui tantôt est nommé par le C 5 58 P E C H E commissaire de ]a marine, tantôt choisi par la communauté des pêcheurs , se place sur le pont devant une table où on apporte les morues deux par deux. Pour qu'une morue soit réputée mar- chande , il faut qu'elle ait au moins deux pieds de longueur; s'il lui manque seule- ment un pouce on en compte deux pour une. Le juré trieur les mesure donc et jette derrière lui , sur le pont , celles qui n'ont pas cette grandeur. Celles qui l'ont sont mises deux par deux , ce qui s'appelle une poignée. On ne compte qu'après cette opé- ration ; ainsi on ne } orte pas sur les livres un cent de morues, mais un cent de poi- gnées, qui au reste n'est composé que de soixante-six , c'est-à-dire , de cent trente- deux pièces. Dans la plupart des ports de France on établit deux espèces de qualités de morue après cette première , la moyenne et le raguet ou rebut,* dans d'autres on en forme une troisième composée de petites, ou de celles qui sont maigres et plattes. Les usages et les noms varient tant à cet égard qu'il faudroit faire un article séparé pour chaque port , si on vouloit entrer dans tous les détails de ce qui s'y pratique; il est même DE LA MORUE. 5() des lieux où le juré trieur se borne à rejeter les pièces de mauvaise qualité , et le tout se vend péle-méie. S'il se trouve des poissons du même genre , autres que la morue , comme des mej'lus , des gades colins, des lingjies {gadus molva Lin.), on les met dans Jes rebuts qui comprennent en outre toules les morues de première ou de seconde taille , qui ont quelques défauts , comme d'avoir une partie de la chair ou de la peau déchirée , les nageoires emî)ortées, celles qui ont élé mal ouvertes en les habillant, celles qui ont été viciées par des sels de mauvaise qua- lité , rfeiles qui ont été meurtries , etc. On jette à la mer, comme on Ta dit précédem- ment, toutes celles qui sont trop altérées pour être mangées sans inconvénient , et même celles qui sont trop mal préparées et dont l'introduction dans le commerce nui- roit à la réputation du port. La morue verte de première et de seconde qualité peut se conserver les six mois d'h^^ver sans altération , lorsqu'on la dépose dans des magasins frais sans être humides; mais lorsque les chaleurs se font sentir elle commence à se détériorer , et en^ii finit par n'être plus bonne qu à faire des appâts C 4 40 PECHE pour îa pêche à la ligne des autres poissons. Celle qu'on envoie dans les parlies méridio-- nales de l'Europe se conserve encore moins long-tems, et il est rare qu'il en arrive à Saint-Domingue qui ne soit en état complet de décomposition; eu général elle est d'au- tant meilleure qu'elle est plus nouvelle: c'est principalement dans les pays catholi- ques et pendant le carême , qu'il s'en fait la plus grande consommation. Aujourd'hui elle semble être moins recherchée sur les tables délicates qu'elle l'étoit autrefois. La pêche de la morue à la manière hollan- daise se pratique par quelques pécheurs français , par les hollandais , les anglais . les danois, les suédois et les américains. Beau- coup de ses procédés sont les mêmes que ceux qui viennent d'être décrits; ainsi il suffira de faire connoître ceux qui sont différens. Les pêcheurs hollandais jeUent derrière eux le poisson qu'ils ont pi is ,• il est ramassé par d'autres personnes qui lui coupent la tête et lui ôtent îa langue , non pas sur une table, mais en l'attachant à un crochet dis- posé à cet effet à l'arrière du bâtiment; Ensuite , après l'avoir laissé saigner quelque tems, elles lui ouvrent le ventre jusqu'à DE LA MORUE. 4i Tanus, en tirent les enti^illes dont une partie sert d'appât , et l'autre se mange par l'équi- page. Les foies se mettent à part pour en faire de riiuile; ensuite on achève de les fendre jusqu'à la queue; on enlève la grosse arête presque en totalité, et on coupe les nageoires. Ces opérations faites, on les lave dans de l'eau de mer, on les met égouter pendant quelques insîans et on les arrange dans des tonneaux avec du sel, ayant soin de mettre plus de sel dans le ventre* qu'ailleurs, comme étant la partie que la décomposition atteint le plus proniptement. Les morues restent deux jours dans ce premier sel , après quoi on les verse dans des bailles, on les lave dans leur saumure, on les fait égouter comme la première fois, et on les replace dans le baril d'où on les a tirées, mettant alternativement un lit de sel et un lit de morue. Comme il est sur -tout important dans cette sorte de préparation que les morues soient bien pressées les unes contre les autres, on introduit à différentes reprises dans le baril un faux fond sur lequel montent un ou plusieurs hommes , et qui font dessus plu- sieurs sauts. Le baril étant complettement 4^ PECHE rempli, on le ferme et on n'y touche plus jusqu'à la fin de la pêche. Lorsque le navire est de retour au port, . on vuide un cejtain nombre de barils dans de grandes cuves, et on y lave les morues dans leur saumure, une par une, en les frottant contre les parois et avec un petit baiai, sans cependant les écorcher; ensuite on les trempe successivement dans deux eaux fraîches , on les visite pour ôter , avec un couteau , tout le sang qui peut être resté dans la chair, ou toutes les bavures qui en altèrent la belle apparence ,* on les lave encore une quatrième fois, enfin on les met égoûter sur des madriers ou des perches qui forment un théâtre élevé de quelques pieds sous un hangard. Il n'est pas indifférent de placer les mo- rues de telle ou telle manière sur ce théâtre ; aussi plie-t-on quelques morues en deux dans le sens de leur largeur, la chair en dedans, pour les arranger en long sur un de ses bords. Sur ce rang on en place lon- gitudinalement une suite d'autres ouvertes dans toute leur largeur, et la queue en bas, de manière qu'elles sont inclinées à peu près de quarante - cinq dégrés , et qu'elles puissent laisser couler leur eau surabou- DE LA MORUE, 43 dante. Le premier rang a la chair tournée du côté du ciel , mais tous les autres Font tournée du côté du sol pour faciliter encore Técoulement de Teau , et empêcher que la chair ne soit frappée par Tair qui la jauniroit. On pose ainsi un grand nombre de rangs de morue, c'est-à-dire, qu'on y empile toutes celles qu'on a lavées dans la journée. Trois à quatre jours après on change de place ces piles, on met en bas ce qui étoit en haut afin que la compression produise un dessèchement total. Enfin au bout de huit jours on met la morue dans des barils avec du sel blanc , on la saute ou comprime comme la première fois^ et on la conserve dans des magasins jusqu'à ce qu'elle entre dans le commerce. Le poids du sel doit être à celui des poissons , dans ces barils , comme deux est à treize , c'est - à - dire , que sur deux cent soixante livres de morue, il doit y avoir quarante livres de sel. Les pièces qui sont légèrement altérées ou trop petites sont mises au rebut , et les gâtées sont jetées à la mer, comme dans le procédé à la française. Toutes ces opérations se font ordinaire- ment par des femmes ; mais elles sont sur- 44 PECHE veillées par un agent de l'armateur ou un des officiers du bâtiment pêcheur. Ordinairement Fautorité publique met une corde et un plomb aux barils qui con- tiennent la morue marchande, afin de cons- tater que ce qu'ils renferment a les conditions requises. 11 y a à cet égard une grande sévérité dans les ports de Hollande; aussi les marchands ne visitent-ils pas les barils; mais dans les ports de France , d'Angleterre et des autres pays où on est moins sévère ^ ils font ouvrir au moins une partie de ceux qu'on leur vend avant d'en terminer le marché, pour s'assurer de la qualité de la morue. La consommation de la morue sèche est beaucoup plus étendue que celle de la morue verte, quoique sa qualité soit moins estimée^ parce que sa conservation est plus sûre et plus prolongée. Les peuples, alors à demi-sauvages, du nord de l'Europe sont les premiers que leurs besoins et leur position ont déterminés à s'occuper des mo3^ens de conserver les morues, et il n'y a pas de doute que, con- formément aux indications de la Nature, ils ne les aient fait d'abord simplement sécher à l'air ^ sans les avoir salées préak-^ DE LA MORUE. 45 blement; encore aujourd'hui même qu'ils peuvent facilement (irer de France ou d'JEs- pagne des sels propres aux salaisons, ils préfèrent leur ancien mode, sans doute par les motifs qui viennent d'être énoncés. Dire ce que font les islandais à cet égard suffit pour donner une idée de la manière de procéder de tous les peuples du nord, et même des hollandais, des français et des anglais, qui, à leur imitation, en dessèchent sur le banc de Terre-Neuve. Les islandais vont pêcher la morue qu'ils nomment dorscli dans de très-pelits bateaux montés de trois ou de cinq hommes , et quelquefois d'un seul,* ils ne s'éloignent que de quelques lieues de leurs côtes , et j-e- viennent tous les jours apporter le produit de leur pêche et chercher des vivres. Dès qu'un de ces bateaux est arrivé , les hommes jettent le poisson sur le rivage et vont se reposer : ce sont leurs femmes qui font toutes les opérations qu'on va décrire. Ces femmes donc coupent la tête aux morues , leur ouvrent le ventre, leur ôtent les entrailles et toute Fépine du dos ou la grosse arête ; elles mettent de côté les foies pour en faire de l'huile ; les ouïes , le cœur , etc. pour en £aire des appâts; les noues et les têtes pour 46 PECHE faire la soupe à leurs maris , même les arêtes pour entretenir le feu et pour donner à manger à leurs bestiaux. Ce dernier usage paroîtra peut-être un paradoxe à quelques personnes, tant il s'éloigne de ce que nous voyons journellement , mais il n'en est pas moins réel : il est même de fait que cette nourriture augmente la qualité et la quan- tité du lait des vaches qui y sont habituées. Après que toutes ces opérations sont ter- minées, les islandaises lavent leurs poissons dans Teau de mer, et retendent sur des rochers ou sur des pierres , apiès avoir transversalement fiché les extrémités d'un bâton pointu sur les bords du ventre pour le tenir ouvert; là il sèche à Fair. Lors- qu'il souftle un grand vent du nord, il ne faut que trois ou quatre jours pour ter- miner cette opération , mais ordinairement elle demande un mois; pendant ce tems on retourne chaque jour les morues , et on les met en tas, la peau en l'air, toutes les fois que le tems est humide et menace de pluie. Dans d'autres endroits ou suspend les morues à des branches d'arbres, ou à des perches disposées transversalement à deux ou trois pieds de terre et quelquefois plus. DE LA MORUE. ^7 La morue ainsi préparée s'appelle stock- fich, c'est-à-dire, poisson de bâton, soit parce qu'on emploie un bâton pour l'étendre, soit parce qu'il faut la battre avec un bâton pour l'attendrir lorsqu'on veut la faire cuire. Mais passons à la préparation des morues sèches par les français , les anglais , les hol- landais et autres peuples qui fréquentent le banc de Terre-Neuve. C'est à terre qu'il faut préparer la morue qu'on destine à être desséchée; on ne fait donc point la pêche dans le bâtiment qui a fait la traversée, mais dans des bateaux où se mettent trois matelots , qui chaque soir apportent à l'endroit désigné les pro- duits de leur pêche. On peut donc en avoir autant que l'on désire, et embrasser dans ses opérations un espace considérable de mer; aussi est-il plus avantageux de la faire avec de gros vaisseaux et de forts équi- pages, tandis que pour la pêche de la morue verte les petits sont préférables. Ordinaire- ment un navire qu'on suppose pouvoir charger six mille quintaux de morue, est pourvu de vingt bateaux pêcheurs du port de quatre à cinq tonneaux , et deux ou quatre plus forts avec lesquels on va à la pêche des capelaas et autres poissons propres 48 PECHE aux appâts, lesquels sont presque tous tlé- montés et arritiiés avec leurs agrès dans la cale, sur le sel; od les monte lorsqu'on est arrivé à la destination. Comme il est extrêmement important, pour la bonne préparation des morues, d'avoir sur la côte un lieu favorable à leur dessication, et que les disputes qui auroient lieu entre les divers équiptiges seroient fré- quentes, s'il n'y avoife pas de règles établies pour le choisir, on est convenu que le pre- mier capilaine qui arrive prendra le titre de capitaine -amiral de la pêche ^ et jugera tous les différends : il choisit le poste qui lui convient le mieux, et tous ceux qui viennent après lui choisissent également dans l'ordre de leur arrivée. Autrefois tous les navires, de quelque na- tion qu'ils fassent, pouvoient faire des éta- blissemens sur toutes les côtes de l'Amé- rique sepientiiooale voisines du grand banc de Terre-Neuve, et sur les îles qui en dé- pendent ; mais aujourd'hui chaque nation s'est cantonnée par suite de traités; et les français, qui étoient les maîtres de la plus grande partie de ces côtes, sont réduits à l'île deSt.-Pierre, de Miquelon et à quelques îlots sablonneux qui l'entourent. Ce lieu suffit DE LA MORUE. 4^ isuffit bien pour rétablissemeni; des travaux que nécessitent le dessèchement des morues; mais il manque du bois et d'autres articles im port ans. Les côtes couvertes de rochers nu?, de grosses pierres brisées , de galets et même de gravier , sont convenables pour former une sécherie; mais celles dont le sol est de sable fin ou de boue n'y sont p >int du tout propres. Il est nécessaire de plus qu'elles soient exposées aux vents et le moins pos- sible à Faction directe du soleil , qui noircit prodigieusement les morues et opère même leur décomposition. Quand le bâtiment est rendu à la côte où le capitaine se propose de former son éta- blissement, il le place dans un lieu à l'abri des coups de vents, le désai^me entièrement, l'affourche par quatre amarres, et n'y laisse que le nombre d'hommes nécessaires pour le garder. Autrefois, lorsrpe le terrain n'ap- partenoit à personne, on étoit obligé chaque année de construire des enceintes, des écha- fauds, deâ cabanes, de prendre des précau- tions de défense, etc.; mais actuellement on trouve ces objets tout faits par les habilans du pays, de qui on les loue, et ou n'a plus besoin de s'entourer de canons et de soldats. Poiss. Tome VIL D $o T E C H E li^'équipâge d'un vaisseau qui pêche la morue pour éti« séchée, a des fonctions plus variées et sur-tout plus fatigantes que celui qui fait celle de la morue verte. Les hommes qui le composent sont toujours divisés en deux classes ; les Uns travaillent h ïa mer et les autres sur terre. Ceux qui travaillent à la mer sont les pêcheurs , ordinairement au nombre de trois ou de cinq sur chaque bateau; ils emploient les mêmes lignes > les mêmes hameçons et les mêmes appâts que ceux qui pèchent la morue de dessus les navires, mais ils sont plus exposés queux à l'eau et aux brumes, attendu qu'ils n'ont point d'abri ; cependant ils sont également bien vêtus, et pourvus de tabliers et même de gants de cuir. On les approvisionne de vivres, de boissons et d'appâts pour vingt- quatre heures; et de plus f dans les expéditions bien réglées , il y a toujours un bateau qui va de l'un à l'autre pour s'informer s'ils n'ont pas de besoins. Ces pêcheurs mettent le poisson qu'ils ont pris dans leur bateau, dont la cale est dis- posée à cet effet en cases profondes , et ne reviennent à l'établissement que lorsque ces cases sont remplies, ou qu'ils n'ont plus dé vivres ; ou qu'ils ont besoiu de repos, ou DE LA MORUE 5i èafin lorsque le mauvais tems s'oppose au Sticcès Ûè leur pêche et leur fait craindre du dailger, etc. L'échafaud est la principale des construc- tions qui se font à terre : c'est un véi itablo pont de bois^ établi avec des pilotis et des madriers fort rapprochés, qui avance de quelques toises dans la mer. II est plus ou moins large selon la grandeur du bâtiment auquel il appartient, et plus ou moins long selon la localité où il est établi. C'est à sou extrémité antérieure que s'amarrent les ba- teaux qui apportent le poisson de leur pêche; et c'est à son extréniifé postérieure qu'est bâti le hangard destiné A mettre à l'abri des injures de l'air ceux qui le pré- parent. Autour de cet hangard s'établissent les cabanes pour les logemens des travailleurs, et pour l'emmagasinement des pî-ovisions. Plus loin est l'endroit où l'on doit faire sécher la morue. Lorsque cet endroit n'a pas les qualités prescrites plus haut , c'est- à-dire ,, lorsqu'il est sablonneux ou boueux, on est obligé de faire des i>ighaux ou petits murs de pierre sèche , ou d'étabîii* des ran- gées de pieux sur lesquels on place des claies larges de quatre pieds. D 2^ 52 PECHE Les pêcheurs rendus à rextrémîté dé réchafaud ramarreiiL et vont se reposer ou manger ; alors ceux de service sur terre , qu'on appelle garçons de graine, entrent dans la chaloupe, piquent les morues par la tête avec un long bàlon terminé par une pointe de fer, et les jettent sur l'échafaud , où d'autres garçons les mettent sur un traîneau et les conduisent sous le hangard. Là on leur ôte la langue; on leur tranche la tête; on les vuide ; on les fend dans toute leur longueur; on leur ôte la grosse arête, le foie et la résure, et on les met dans un premier sel, positivement comme pour la morue verte. Les tas de morue salée , qu'on appelle pattes, sont de différentes grosseurs, mais en général proportionnés en largeur et en hauteur à la grandeur d'un homme, et en longueur à la plus ou moins grande abon- dance de la pêche. Quand le poisson ainsi disposé a rendu son sang et son eau , et qu'il a bien pris son sel , ce qui arrive plus ou moins prompleuient selon qu'il fait chaud ou froid, qu'il est petit ou gros, on le porte sur des civièics dans un lieu qu'on nomme le lavoir, c'est- à-dire , dans une enceinte de pieux que la DE LA MORUE. 53 mer baigae continuellement , mais qu'elle ne surmonte jamais. Là on le lave à grande eau , soit avec des balais de bouleau , soit avec des tampons de laine, soit à la main, après quoi on le relire, et on le met égouter à Tair, en tas hauts de cinq k six pieds et de la forme des meules de foin , où ils sont placés la chair en bas. Les moî'ues sont ordinairement suffisam- ment égoutées au bout de deux ou trois jours , mais souvent ou l'abondance de la pêche ou le mauvais tems obligent de les laisser dans cette disposition cinq ou six jours et plus, et alors on est dans le cas de craindre qu'elles ne noircissent ou que les mouches n'y déposent leurs œufs. Quand elles sont peu endommagées, on paivient à les rétablir en les mettant dans de la nou- velle saumure; mais lorsqu'elles le sont trop, on les jette à la mer. Le beau tems venu, on procède au des- sèchement. Pour cela on les étend une à une sur la grave ou sur les vignaux , la chair en haut et fort près Tune de l'autre, mais sans qu'elles se touchent. A l'entrée de la nuit on les retourne; c'est le premier .soleil. Le lendemain, vers midi, on tourne ces D 5 54 PECHE morues la chair en haut , et vers le soîr ^ si le tems conlioue à être beau , on les ras- semble trois par trois les unes sur les autres la chair en bas ; c'est le second soleiL Le jour suivant on les étend de nouveau sé- parément la peau en haut jusqu'à niidi^ et la chair en haut depuis midi jusqu'au soir^ époque où on les réunit par javelles ou paquets de huit morues, la peau en haut. Le quatrième jour on repète ce qu'on a fait le troisième ; mais vers le soir on ramasse pour ]a nuit ces morues en paquets plus considérables qu'on nomme moutons^ et ainsi de suite, en continuant d'augmenter chaque soir la grosseur des moutons , jus- qu'au septième jour lorsqu'il fait beau; mais quand il pleut dans l'intervalle , on les laisse en pile et on attend que le soleil reparoisse. Lorsque la morue a ét.é ainsi sept jours entiers exposée à l'air, on la laisse en pile pendant quinze jours consécutifs, ensuite on l'étend de nouveau sur la grave. Cette opération se répète encore un mois aprè^^ et successivement plusieurs fois en retar- dant toujours de dix jours de plus, jusqu'à l'époque de son embarquement; mais on a soin de la couvrir pendant la nuit avec des DE LA MORUE. 55 toiles à voiles , et de retendre une dernière fois une à une, les jours qui précèdent le moment du départ. Si dans ces opérations subséquentes on trouve des morues qui soient plus humides que les autres ou qui s'altèrent , on les met de côté pour les faire sécher séparé- ment ou pour les jeter; car une seule mo* rue peut gâter toute une pile. Les morues sèches se portent au navire dans des civières et par compte. On les range sur des branchages bien secs dans la calle ou dans Tentrepont, comme on les avoit rangées dans les piles et lorsqu'elles sont à une hauteur , telle qu'il ne reste plus Jusqu'au plancher que l'espace néces- saire pour qu'un homme puisse y marcher à quatre, on les couvre d'une voile pour 5 dit - on , les empêcher de s'éventer. Quand le navire est de retour au port d'où il étoit parti , le capitaine fait visiter sa morue par un juré crieur , qui déclare celle qui est marchande, qui met au rebut celle qui a quelque défectuosité, et qui fait jeter celle qui est complettenient viciée. Ensuite on la met dans des magasins ou elle est rangée comme dans le vaisseau, et également couverte d'une toile à voile. II D 4 66 PECHE faut encore, de plus, pour la morue verte J que ces magasins ne soient ni trop secs, ni trop hunjides; trop secs, ils rendent la morue cassante, de manière qu'on ne peut ]a toucher sans la réduire en fragmens , et en diminuer le poids, au grand donmiage de l'armateur ; car on vend rarement au compte cette sorte de morue ; trop hu" mide , elle se noircit et pourrit. On donne dans l'intérieur de la France difïerens noms à la morue. 11 a déjà été dit que la morue salée s'appeloit morue perte , qu'on distinguoit celle pjéparée à la manière de France sous le nom de monie ronde ^ et celle préparée à la manière hol- landaise morue -plate ; que chacune de ces sortes se divisoient encore en raison de leur qualité. La morue sèche porte encore un y>lus grand nombre de noms; celle qui a été préparée sans sel par les norvégiens et autres peuples du nord s'appelle stock- fisch ; on entend par morue blanche, celle qui a reçu beaucoup de sel et qui a été séciiée très-piomptement. La noire est celle qui a un peu de sel et qui a éprouvé une petite altération à sa surface par l'effet d'un dessèchement lent, de l'ardeur du soleil ou d'une abondance de graisse. 11 ne faut pas DE LA MORUE. 67 la confondre avec la morue noire fraîche , qui est une espèce particulière, ^a^^/5 cai- bonarius. Celles qu'on appelle brumée ou charbonnée ne sont que des morues de cette dernière espèce. Quant à la pmnée^ elle n'eu diffère réellement pas; mais, comme elle est plus recherchée et qu'on en fait une espèce, il est bon d'en faire une mention particulière. Lorsqu'on veut faire de la morue pinnée ^ on étend le poisson, quand il est aux trois quarts sec , sur la grave dans un tems de brouillard, et quand il a pris de l'humi- dité, on le met en pile pendant quelques jours ,• alors il s'échauffe , s'attendrit , et prend une couleur obscure ; ensuite on le fait sécher comme les autres ; il passe pour être plus délicat. A Nantes on distingue sept sortes de mo- rues sèches; le poisson gris qui est comme couvert de poivre , c'est celui qui est le plus gras et le plus délicat; cependant il n'est pas estimé à Paris; le pivé , qui est le même que le précédent , devenu rougeâtre dans les magasins; le grand marchand; le moyen marchand \ le grand rebut ^ c'est-à-dire, les grandes morues déchirées ou tachées ; le ]^etit rebut et le poisson altéré. 58 PECHE On a vu précédemment que les pêcheurs âe morue, soit verte, soit sèche, mettoient à part le foie et les ovaires des poissons qu'ils prenoient ; mais , pour ne pas interrompre le fil des opérations , on n'a pas indiqué l'usage qu'on en faisoit ; le moment d'en parler est arrivé. Chaque soir un mousse porte les foies , qui ont été réunis dans la journée , dans im tonneau défoncé qui est fixé sous le gaillard d'avant. Là ils se décomposent, et il s'en sépare une quantité d'huile plus ou moins considérable, mais qui n'est jamais inoindre que la moitié de leur poids. Cette décomposition s'opère plus rapidement en été qu'en hyver. Lorsque le tonneau est à moitié plein, on enlève avec deux vases de cuivre l'huile qui surnage , et on fait en- suite écouler, par des trous partiqués un peu au dessus du fond , le sang et la Î3 mphe qui est au dessous. On peut remplir, dans une campagne heureuse, jusqu'à huit barils de cette huile, qui sert à biûler, à pré- parer des cuirs , et à d'autres usages ana- logues. Elle est meilleure et se vend en conséquence plus cher que l'huile de ba- leine ; en sorte que c'est presque toujours un objet secondaire de quelque impor- DE LA MORUE. 69 tance pour les entrepreneurs de la pêche des morues. Quant à la lésure, qu'on nomme aussi rogne, graine, rave, rabe, rêve, rèbe , et qui, comme on Ta vu plus haut, n'est autre chose que les œufs des morues femelles pris dans leurs ovaires, on la sale particulière- ment dans des tonneaux pour la vendre aux pêcheurs du golfe de Gascogne, et à ceux d'Espagne qui l'emploient pour prolonger le séjour des sardines sur leurs côtes au delà du tems fixé par la Nature, et les attirer en plus grand nombre dans les lieux où ils ont tendu leurs filets. Cette résure procure quelquefois des bénéfices considé- rables; mais sa fabrication est cependant plus négligée que celle de l'huile par les pêcheurs français. On doit faire des vœux pour qu'ils s'y livrent avec ardeur , car non seulement la France gagneroit de plus abondantes pêches de sardines , ne se verroit pas privée des capitaux qui servent à Tacheter en Hollande et en Danemarck , et de l'immense quantité de petits poissons littoraux, espoir des années suivantes, que prennent les pêcheurs de sardines pour remplacer cet appât , lorsqu'ils ne peuvent pas s'en procurer suffisamment, ou qu'elle 6o PECHE est hors de prix, comme cela arrive sou-f venf. Lorsqu'on veut manger de la morue verte, il faut la faire dessaler dans Feau ; et cette eau, lorsqu'elle n'est pas courante, comme c'est l'ordinaire , doit être plusieurs fois changée , car elle contracte une odeur qui se communique au poisson et le rend dé- sagréable au goût. Une morue qui conseive trop de sel est acre , et celle qui en perd trop est fade. Il y a un milieu à garder qui r/est pas toujours facile à reconnoître. La morue séchée sans sel (ou stock-fisch) ne se met dans l'eau , après avoir été battue avec un maillet ou un gros bâton, que pour en faciliter la cuisson; mais celle qui a été séchée à la manière ordinaire demande à y rester presque autant que la verte , attendu qu'elle est plus dure. Pour la faire cuire on la met sur le feu dans de l'eau fraîche : les uns l'entretiennent à petit bouillon pendant un quart d'heure; d'autres la tiennent plusieurs heures sans la faire bouiihr. On sert la morue sur les tables avec di- verses sauces. La sauce des provençaux est composée avec de l'huile^ du poivre ; du sel, et uu DE LA MORUE. 6% peu d'aiL On broyé le tout dans un mortier, et on fait chauffer cette sauce pour la verser peu à peu sur le poisson qu'on tient sur des cendres chaudes. Le plus ordinairement on fait une sauce blanche avec du beurre frais, de la crème, un peu de farine, un filet de vinaigre, et les assaisonnemens ordinaires. Cette sauce étant bien cuite on la verse sur la morue. On peut y ajouter des fines herbes hachées ou une pointe d'ail. Si on veut l'accommoder au gras, on met du bon jus au lieu de beurre et de crème. On la mange aussi en l'incorporant dans des épinards ou de l'oseille hachée, de ia purée de pois, etc. Quelquefois on la fait frire à moitié, et on la sert avec une sauce rousse relevée par des oignons , des anchois , ou autres assaisonnemens. Mais la nianière la plus délicate de la ser- vir, c'est de la hacher avec des fines herbes, de la mie de pain, des œufs, et rassaLs îcon. anlnial. p. p. Blennus Belonii , mellàs depictus. Aldrov. lib. a F4 88 HISTOIRE grands , aussi bons à manger , aussi salubres ; aussi recherchés que ces derniers ; faire naître , comme ces mêmes gades, des légions de pêcheurs, les attirer aux extrémités de l'Océan , les contraindre à braver les tem- pêtes, les glaces, les brumes, et les chan- ger bientôt en navigateurs intrépides , en o ivriers industrieux , en marins habiles et expérimentés : mais le physicien étudiera avec curiosité tous les détails des habitudes des blennies ; il voudra les suivre dans les difFérens climats qu'ils habitent; il désirera de connoître toutes les manières dont ils I l — . . ^ cap. 28 , p. 2o5. — Willughby , p. i5i , tab. H , 3 , fig. 2. — Ray , p. 72, n*' i5. Blennu'i pinniceps. Klein , Miss. pisc. 5, p. 5i , n** i. Scoruioïdes. Rondelet, prem. part. liv. 6, chap. 20. Lièvre marin du vulgaire. Id. ibid. — Jonston , Pisc. p. 75 , lab. 19, fio. 5. (2) Le Heure marin , perce - pierre à mouche. En allemand , meer-papillon , schmetterlingsfisch. En Lan- guedoc , lebre de mare. Blennius radio simplici suprà oculos , pinnâ dorsali solitariâ blennius ocellaris. Lin. Syst. nat. edit. G»sjel. gen. iS^ , sp. 4. Blennius radio simplici suprà oculos , pinnâ dorsali suhbifidâ j anterius uniocellatâ . . . . blennius ocellaris» Brunnich, IclithyoL œassil. pag. 25, n° 55. S o N M N I. DES BLENNIES. 8g viennent à la lumière , se développent , croissent , attaquent leur proie ou l'attendent en embuscade, se dérobent à leurs ennemis par la ruse, ou leur échappent par leur agilité. Nous ne décrirons cependant d'une manière étendue que les formes et les mœurs des espèces remarquables par ces mêmes mœurs ou par ces mêmes formes ; nous n'engagerons à jeter qu'un coup d'œil sur les autres. Où il n'y a que peu de diîFé- leaces à noter, et, ce qui est la même chose, peu de j apports à saisir avec des objets déjà bien observés, il ne faut qu'un petit nombre de considérations pour parvenir à voir clai- rement le sujet de son examen. Le blennie lièvre est une de ces espèces sur lesquelles nous appellerons pendant peu de tems l'attention des naturalistes. Il se trouve dans la Méditerranée (i); sa longueur ordinaire est de deux décimètres (environ sept pouces). Ses écailles sont très-petites, enduites d'une humeur visqueuse ; et c'est de cette liqueur gluante, dont sa surface est arrosée , que vient le nom de blennius en (i) Willughby l'a observé à Venise, Cetti en Sar- daigne, Rondelet en Languedoc, et Br\ini3icli à Mar- seille. 3 o i^ i^ 1 î^ !• t^o HISTOIRE latin, et de blennie ou de hlenne en français; qui lui a été donné, ainsi qu'aux autres poissons de son genre, tous plus ou moins imprégnés d'une substance oléagineuse, le mot blennos en grec signifiant mucosité. Sa couleur générale est verdâtre, avec des bandes transversales et irrégulières d'une nuance de verd plus voisine de celle de Tolive; ce verdâtre est, sur plusieurs indi- vidus , remplacé par du bleu , particulière- ment sur le dos. La première nageoire dor- sale est ou bleue comme le dos, ou olivâtre avec de petites taches blanches et des points blancs ; et indépendamment de ces points et de ces petites gouttes bleues, elle est ornée d'une tache grande, londe, noire, ou d'un bîeu très-foncé , entourée d'un liseré blanc , imitant une prunelle entourée de son iris , représentant vaguement un œW ; et voilà pourquoi le blennie lièvre a été appelé œillé ; et voilà pourquoi aussi il a été noïwnxè poisson papillon ibutterfly fish en anglais). Sa tète est grosse; ses yeux sont saillans; son iris brille de l'éclat de Tor. L'ouverture de sa bouche est grande,- ses mâchoires, toutes les deux également avancées, sont armées d'un seul rang de dents étroites et DES BLENNIES. 91 Irès-rapprochées. Une appendice s'élève au dessus de chaque œil; la forme de ces ap- pendices , qui ressemblent un peu à deux petites oreilles redressées, réunie avec la conformation générale d^ museau , ayant fait trouver par des marins peu difficiles plusieurs rapports entre la tête du lièvre et celle du blennie que nous décrivons, ils ont proclamé ce dernier Heure marin ^ et d'habiles naturalistes qnt cru ne devoir pas rejeter cette expression. La langue est large et courte. Il n'y a qu'une pièce à chaque opercule branchial; l'anus est plus près de la tête que de la nageoire caudale , et la ligne latérale plus voisine du dos que du ventre. On compte sur ce blennie deux nageoires dorsales ; mais ordinairement elles sont si rapprochées l'une de l'autre , que souvent on a cru n'en voir qu'une seule (1) (2). (i) A la première nageoire du dos . . 1 1 rayons- A la seconde i5 A cliacuiie des pectorales 12 A chacune des jugulaires 2 A celle de Fanus 16 A celle de la queue, qui est arrondie 11 (2) Le foie du blennie lièvre est petit et formé de tlcux lobes jaunâtres ; le canal intestinal est fort long, avec diverses courbures. S o n n i ^^ i. g« HISTOIRE Pour ajouter au parallèle entre le poisson dont nous traitons et le vrai lièvre de nos champs, on a dit que sa chair étoit bonne à manger. Elle n'est pas en effet désagréable au goût; mais on y attache peu de prix. Au reste, c'est à cet animal qu'il faut appli- quer ce que Pline rapporte de la vertu que Ton attribuoit de son tems aux cendres des blennies, pour la guérison ou le soulage- ment des maux causés par la présence d'un calcul dans la vessie (i) (a). (i) Chap. déjà cité cîans cet article. (2) On voit des blennies lièvres en quantité sur le» marchés de Venise, mais ordinairement fort maigres; ce sont des poissons peu estimés. Ils se tiennent près des rivages, entre les rochers et les plantes marines. Rondelet prétendoit qu'ils ne vi voient que de bourbe et d^eau ;mais ils trouvent un aliment plus substantiel dans les crustacés et les vers marins dont ils se nour- rissent habituellement. Sonmm. DES BLENNIES. gS LE BLENNIE MOULE (i). LE BLENNIE PHYCIS (2),' PAR LACÉPÈDE. SECONDE ESPÈCE, V^E poisson est un des plus grands blen- nies : il parvient quelquefois jusqu'à Ja lon- gueur de cinq ou six décimèlres ( dix -huit à vingt-deux pouces environ). Une petite (i) Le hlennie moule. En Languedoc , siraplemeut moule, Btennius naribus suhcristatis , cirro labii inférions , dorso bipenni. . . . blennius phycis. Lin. Syst. nal. edit. Gniel. gen. i55 , sp. 7. Sonî^im. (2) Blennius phycis. Dans quelqnes provinces méri- dionales de France, mole. En Espagne , molere. Ea Italie ,phico. Blennius phycis. Lin. édit. de Gmel. Blenne m.ole. Daubenton , Encyclop. méthod. •— Bonaterre , pi. de l'Encycl. méthod. Phycis. Artedi , gen. 84 , syn. m. La moule. Rondelet , prem, part liv. 6 , cbap. 10. 4)4 tf I S T O I R E appendice s'élève au dessus de Touvertum de chaque narine ; et sa mâchoire infé- rieure est garnie d'un barbillon. Ce dernier filament, ses deux nageoires dorsales et son volume , le font ressembler beaucoup à un gade ; mais la forme de ses nageoires jugulaires, qui ne présentent que deux rayons , le place et le retient parmi les vrais blennies (i). Les couleurs du phycis sont sujettes à varier, suivant les saisons. Dans le prin- tems, il a la télé d'un rouge plus ou moins foncé ,' presque toujours son dos est d'un brun phïs ou moins noirâtre; ses nageoires pectorales sont rouges , et un cercle noir entoure son anus (^). — Gesner, Aquat. p. 718. — Willughby, Ichlh. p. 2o5, Tinca marina. Ray , Fisc. p. 76 , et p. 164 > f. 8. Lesser hake. Brit. Zool. 5 , p. i58, n^ 11. Lest hahe. Ibid. p. 160, n® 12. (i) Du devant du corps, dit Rondelet, ce poisson ressemble à une tanche d'eau douce ; du derrière à une sole, à cause que de cette partie il est mine© comme plat, à raison aussi que toute cette partie est entourée de pinnes (nageoires). (liist. des poissons, lib. 6 , cliap. 10. ) S o N N 1 N I. (2) Quinze appendices intestinales sont disposées autour du pylore. DÉS BLENNIES. Ç)5 On trouve ce bîenoie dans la Méditer- ranée (i) (2). (i) A la membrane branchial* A la première dorsale . . A la seconde A chacune des pectorales. A chacune des jugulaires . A celle de l'anus. . . . A celle de la queue, qui est ar: (2) Cette espèce vit près des côtes de roches, fraie au milieu des plantes marines , se nourrit de petits poissons et de vers aquatiques^ et a la chair ferme et délicate. Son n in 1. rondie 7 rayons. 10 61 i5 2 57 20 96 HISTOIRE LE BLENNIE MÉDITERRANÉEN (i) (2) , PAR LACÉPÈDE. TROISIÈME ESPÈCE. C^ETTE espèce a été jusqu'à présent com- prise parmi les gades sous le nom de ma- dlterranéen ou de monoptère : mais elle n'a que deux rayons à chacune de ses nageoires jugulaires, et dès-lors nous avons dû Fins- crire parmi les blennies. Nous l'y avons (i) Blejinius mediterraneus. Gadus mediterraneus. Lin. édit. de Gmel. — Mus. Ad. Fiid. 2 , p. 60. G'ide monoptère. Daubenton , Encycl. méthod. — Boiiaterre , pi. de l'Ericycl. méthod. (2) Nota, que cette dénomination de blennie médi- terranéen manque de précision , puisque la plupart des poissons de ce genre se trouvent également dans la mer Méditerranée. Gadus maxillâ superiore cirris duobus , inferiore unico, . . . gadus mediterraneus. Lin. Syst. nat. edit. Gmcl. gen, i54; sp. 17. SoNNiKi. placée DES BLENNIES. 97 placée daus le second sous - genre , parce qu'elle a des barbillons sur la tête , et que son dos n'est garni que d'une seule nageoire. Elle tire son nom de la mer qu'elle ha- bite. Elle vit dans les mêmes eaux salées que le gade capelan, le gade mustelle et le gade merlus, avec lesquels elle a beaucoup de rapports. Indépendamment des deux filamens situés sur sa mâchoire d'en haut, il y en a un attaché à la mâchoire infé- rieure (1). (i) A la nageoire du dos $4 rayons. A chacune des pectorales . ... i5 A chacune des jugulaires .... 2 A celle de Tanus , 44 Poiss. Tome VII, 98 HISTOIRE LE BLENNIE GATTORUGINE (i)(2)^ PAR LACÉPiDE. QUATRIÈME ESPECE. JLe gaitorugine habite dans l'océan Atlan- tique et dans la Médiferranée ( 5 ). 11 n'a guère plus de deux décimètres de longueur ( sept pouces environ ) : aussi ne se nour- ( 1 ) Blennius gattoruglna. Blennius gattorugîna. Lin. édit. de Gmelin. Blenne gattorugine. Daubenton , Encj^cl. mélliod, — Bonaterre , pi. de l'Encycl. métli. — Mus. Adolpli» Prid. r , p. 68 ; el 2 , p. 6r. Blennius pinnulis duahus ad oculos , pinnâ ani ossiculorum 25. Artedi , gen. 26 , sj'-n. 44* Blennius pinnis superciUorum paluiatis , etc. Brunn* Fisc, massil. p. 27 , n^ Sy. Blennius capite cristato ex radio inermi ^ etc. Gro- novius , Zooph. p. 76 , n^ 264. — Willugliby , Ichth. p. 1 52 , tab. H , 2 , fig. 2. — Ray , Pisc. 72 , n" j 4. Gattorugine. Brit. Zoo\. 5 , p. 168 , 11° 2. (2) Le blennie gattorugine. A Marseille , havarelle. En allemand , seehirsch , dickhals. En suédois , kamjn" Jcassa. Eu arabe, kosc'iar, A Venise, gattorugine. Blennius pinnulis superciliorum nuchœque palma- DES BLENNIES. 99 rit -il que de petits vers marins, de petits crustacés , et de très - jeunes poissons. Sa chair est assez agréable au goût. Ses cou* leurs ne déplaisent point. On voit sur sa partie supérieure des raies brunes , avec des taches, dont les unes sont d'une nuance claire, et les autres d'une teinte foncée. Les nageoires sont jaunâtres. Il n'y en a qu'une sur le dos dont les premiers rayons sont aiguillonnés (4), et les derniers très -longs. La tête est petite ; les yeux sont saillans et très - rapprochés du sommet de la tète; l'iris est rougeâtre. Deux appendices pal- mées paroissent auprès de l'organe de la vue , et deux autres semblables sur la ti's hlennias gattorugine. Lin. Syst. nat. edit. Gniel.gen. 1 55, sp. 5. Blennius vertice superciliisque cillatis. Mus. Adoip. Frid. 1 , p. 68. SoNNiNi. (5) Gronovius a reçu ce poissou du cap de Bonne- Espérance. S ON NI NI. (4) i6 rayons non articulés et 34 articulés à la na- geoire dorsale. A cliacune des pectorales ..... 14 rayons. A cliacune des jugulaires 2 A celle de l'anus 25 A celle de la queue i5 G 2 loo II 1 s T O I R E nuque. Les mâchoires, également avancées l'une et l'autre, sont garnies d'un rang de dents aiguës, déliées , blanches et flexibles. La langue est courte; le palais lisse; l'oper- cule branchial composé d'une seule lame,- l'anus assez voisin de la gorge, et la ligne latérale droite , ainsi que rapprochée du dos. ^7. f? J)e ^''l're iM ii.BAVKl SE 3 . liLET^lStlE mmpirre. ^r^tm/" tf. DES BL EN NI ES. loi LE BLENNIE SOURCILLEUX (i)(i)> PAR L A C É P E D E. CINQUIÈME ESPÈCE. Voyez planche XXTX ,fig, i. JuES mers de Tlnde sont le séjour habi- tuel de ce blenoie. Comme presque tous les poissons des contrées équatoriales , il a m — - ■ ' II» (i) Blennius superciliosus. Idem. Ein. édit. de Gmel. Blenne sourciller. Daabenlon , Encycl. métliocl. — Boiiaterre , pi. de rEiicycl. métbod. Blennius pinnulis ocularihus bretnsaimis palma- tis , etc. Amœn. acad. i , p. 517. — Gronov. Mus. 2 , n° 172 , tab. 5 , Cg. 5-, Zpoph. p. 76, n^ 258. — Blocli, pi. CLXVUl. Blennius varius , etc. Seba , Mus. 5 , tab. 5o , fii^. 5. Indinnischer gottorugina. Seeligm. Veegel. 8_, tab. 72. (2) Le hlennie sourcilleux , perce-pierre de l'Judc, Eu allemand , augen-wimper. Bleniiias uarius capite suhacnto : ossiculis ultimis pinnœ dorsalis mollihus, Seba , Mr.s. tom. III , p= 90 , n^ 5, tab. 5o,]ig. 0, G 5 302 HISTOIRE des couleurs agréables et vives ( i ) : im jaune plus ou moins foncé , plus ou moins voisin du brillant de Tor , ou de l'éclat de l'argent , et relevé par de belles taches rouges , règne sur tout son corps. Il se nourrit de jeunes crabes et de petits ani- maux à coquille; et dès -lors nous ne de- vons pas être surpris , d'après ce que nous avons déjà indiqué plusieurs fois , que ce sourcilleux présente des nuances riches et bien contraslées. Plusieurs causes se réu- nissent pour produire sur ses tégumens ces teintes distinguées : la chaleur du climat qu'il habite, l'abondance de la lumière qui inonde la surface des mers dans lesquelles Blennius ossiculis tribus anteriorihus pinnœ dorsàlis reliqiùis aculealis rnajoribus. Groriov. loco citato. Blennius pinnulis ocularihus brevissimis palmatis , îineâ laterali curvâ. Lin. Amasn. acacl. tom. I , p. 517. Blennius pinnulis superciliorum palmatis , Iineâ laterali curi^â blennius superciliosus. Lin. Syst. nat. eclit. Gmel. gen. iSô^sp. 6. Sonnini. (i) A la nageoire du dos , . . . . 44 rayons. A cliacuiie des pectorales. ... 14 A cliacune des jugulaires. ... 2 A celle de l'anus 28 A celle de la queue 12 DES BLENNIES. ia3 il vit y et la nature de ralinient qu'il pré- fère , et qui nous a paru être un des prin- cipes de la brillante coloration des poissons. Mais quoique ce blennie, exposé aux rayons du soleil y puisse paroître quelquefois par- semé , pour ainsi dire , de rubis , de dia- mans et de topazes , il est encore moins remarquable par sa- parure que par ses habitudes. Ses petits sortent de l'œuf dans le ventre de la mère, et viennent au jour tout formés. Il n'est pas le seul de son genre dont les œufs éclosent ainsi dans l'intérieur de la femelle. Ce phénomène a été particulièrement observé dans le blen- nie que les naturalistes ont nommé pendant long - tems le viuipare. Nous reviendrons sur ce fait, en traitant, dans un moment, de ce dernier poisson. Considérons néan- moins déjà que le sourcilleux, que sa ma- nière de venir à la lumière lie , par une habitude peu commune parmi les poissons, avec l'anguille , avec les silures , et peut- être avec le gade lote , a , comme tous ces osseux , le corps très - aîongé , recouvert d'écaillés très - menues , et enduite d'une mucosité très-abondante. Au reste, sa tête est étroite; ses yeux- G 4 104 HISTOIRE soot sailîans, ronds, placés sur les côtés, ef surmontés chacun d'une appendice palmée et divisée en trois, qui lui a fait donner le nom qu'il porte. L'ouverture de la bouche est grande; la langue courte; le palais lisse; la mâchoire d'en haut aussi avancée que l'inférieure, et hérissée d'un rang extérieur de grosses dents, et de plusieurs rangées de dents intérieures plus petites et très -poin- tues ; l'opercule branchial composé d'une seule lame, ainsi que dans presque tous les bleunies ; la ligne latérale courbe ; l'anus large comme celui d'un grand nombre de poissons qui se nourrissent d'animaux à tét ou à coquille, et d'ailleurs plus voisin de la gorge que de la nageoire caudale. Tous les rayons de la nageoire du dos sont des aiguillons , exceplé les cinq ou six der- niers. DES BLENNIES. io5 LE BLENNJE CORNU (i)(2), LE BLENNIE TENTACULE (5) (4), LE BLENNIE SUJÉFiEN (5) (6), ET LE BLENNIE FASCÉ (7)(8), PAR LACÉPÈDE. 6^^5 7^, S"" ET 9^ ESPECES. JLje cornu présente une appendice longue, effilée, non palmée, placée au dessus de (i) Bleniiius cornutus. Idem. Lin. édit. de Gnielin. Blenne cornu. Daobenton , Ericycîop. méiliod. — Bonaterre, pi. de l'Encyc. mélli. — Mus. Ad. Fiid. 2, p. 61. — Amaenit. acad. i , p. 5i6. (2) Blennius pinnis ocularibus suhulatis , pinnâ ani ossiculorwTif viginti sex. Lin. Amasnit. academ. tom. I, p. 5î6. Blennius radio simplici suprà ocuîos , pinnâ dorsali soUtariâ blennius cornutus. Lin. Syst. nal. edit. Gmel. gen. i55 , sp. 3. Son Ni ni. (5) Blennius tentaculatus, Blennius tentacularis. Lin. édit. de Gmel. Blennius radio suprà oculos simplici , pinnâ dorsali io6 HISTOIRE chaque œil ; une multitude de tubercules à peine visibles , et disséminés sur le de- vant ainsi que sur les côtés de la tête; une dent plus longue que les autres de chaque côté de la mâchoire inférieure ; une peau visqueuse, parsemée de points ou de petites taches roussâtres : il vit dans les mers de rinde , et a été décrit , pour la première fois, par l'immortel Linnœus (9). Integra , anticè uniocidatâ. Bruniiicli , Fisc, massil. p. ?6 , 11° 36. Blenne nébuleuse, Bonat. pi. de l'Encycl. méth. (4) A Marseille , moM/e/^É?. Sonjnini. (5) Blennius sujefianus. Blennius simiis. Lin. édit. de Gmel. — Sujcf , Act. Petropol. 1779 ; 2 , p» 198, tab. 6 , fig. 2 , 4* (6) Blennius cirro supra oculos minimo pinnâ dor~ sali poster iùs caudali annexa , lineâ latt^rali curwâ. . . blennius dmus. Ijin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. i55 , sp. 16. Son N IN 1. (7) Blennius fasciatus. Idem. Lin. édit. de Gmel. — Bloch. pi. clxii , fig. i, Blenne perce-pierre. Bonalerre , pi. de l'Enc. méth. (8) Le blenniefascé , perce-pierre rayé. En allemand, handirte schleimfisch. Blennius pinnulis simplicihus duahus inter oculos , pinnâ ani radiis novemdecim hlennius fasciatus. Lin. Syst. nra. edit. Gnicî. g^w. i55, sp. 14. S o N 2î I N I. DES BLENNIES. 107 Le tentacule , que Ton pèche dans la Mé- diterranée , ressemble beaucoup au cornu ; il est alongé, visqueux, orné d'une appen- dice non palmée au dessus de chaque œil, colorée par points ou par petites taches très-nombreuses. Mais indépendamment que ces points sont d^une couleur très - brune , on voit sur la nageoire dorsale une grande tache ronde qui imite un œil , ou , pour mieux dire, une prunelle entourée de son iris. De plus, le dessous de la tête montre trois ou quatre bandes transversales et blanches; l'iris est argenté avec des points rouges ; des bandes blanches et brunes s'étendent sur la nageoire de l'anus ; les dents sont très -peu inégales; et enfin, en passant sous silence d'autres dissemblances moins faciles à saisir avec précision , le tentacule paroît différer du cornu par sa taille , ne parvenant guère qu'à une lon- gueur moindre d'un décimètre ( environ (9) A la nageoire dorsale du blennie cornu 34 rayonsi A chacune des pectorales . . . . ï5 A chacune des jugulaires .... 2 A celle de l'anus 26 A celle de la ^ueae 12 io8 HISTOIRE trois pouces et demi). Au reste, peut-être, malgré ce que nous venons d'exposer , et l'autorité de plusieurs grands naturalistes , ne faudroit - il regarder le tentacule que comme une variété du cornu, produite par la différence des eaux de la Méditerranée à celles des mers de l'Inde. Quoi qu'il en soit , c'est Brunnich qui a fait connoîlre le tentacule , en décrivant les poissons des environs de Marseille (j) (2). Le sujéfien a une appendice non palmée au dessus de chaque œil, comme le cornu et le tentacule ; mais cette appendice est très -petite. Nous lui avons donné le nom de sujéfien , parce que le naturaliste Sujef en a publié la description. Il parvient à la longueur de plus d'un décimètre ( environ trois pouces et demi). Son corps est menu; l'ouverture de sa bouche placée au dessous (i) A la nageoire du dos du tentacule 34 rayons. A chacune des peel orales ... 14 A cliacune des jugulaires ... 2 A celle de l'anus iS A celle de la queue 11 fs) Ichthyol. massil. loco citaio. L'on voit rarement ce poisson dans les marchés de Marseille. SoNNI^ï. DES BLE N NI ES. 109 du iiinseaa; chacune de ses mâchoires gar- nie d'une rangée de dents très - courtes , égales et très - serrées ,* son opercule bran- chial composé de deux pièces; sa nageoire dorsale précédée d'une petite élévation ou loupe graisseuse ,, et réunie à celle de la queue, qui est arrondie (1). Les mers de l'Inde , qui sont l'habita- lion ordinaire du cornu, nourrissent aussi le fascé (2). Ce dernier bîennie est enduit d'une mucosité très -gluante. Sa partie su- périeure est d'un bleu tirant sur le brun, sa partie inférieure jaunâtre : quatre ou cinq bandes brunes et transversales relè- vent ce fond; les intervalles, qui séparent ces fasces, sont rayés de brunâtre; d'autres bandes ou des taches brunes paroissent sur plusieurs nageoires; celle de la queue, qui (i) A la nageoire dorsale du blennie içujéfien - ... 27 raj^oiis. A chacune des pectorales. ... i5 A chacune des jugulaires. ... 2 A celle de l'anus 17 A celle de la queue i5 (2) Bloch Va. reçu du Japon. {Hist. nat. des poissons, 17* genre , article à\x perce-pierre rayé.) Soj^nim, no HISTOIRE d'ailleurs est arrondie, montre une couleur grise (i). Deux appendices non palmées s'élèvent entre les yeux ; la tête , brune par dessus et jaunâtre par dessous , est assez petite ; l'ouverture branchiale très - grande ; celle de l'anus un peu rapprochée de la gorge ;j et la ligne latérale peu éloignée du dos. (i) A la nageoire du dos du fascé . . 29 rayons. A chacune des pecLorales i5 A chacune des jugulaires 2 A celle de l'anus 19 A celle de la cjueue, qui est arrondie . 1 1 DES BLENNIES. m LE BLENNIE COQUILLADE (i)(2), PAR LACÉPÉDE. DIXIÈME ESPECE. vJn pêche ce poisson clans l'océan d'Eu- rope , ainsi que dans la Méditerranée. 11 n'a pas ordinairement deux décimètres de (i) Blennius coquillad. Bleiine coquilladà. Daubentoii , Encycl. mélliod. — Bonateiie, pi. de l'Encycl. raélhod. Blennius galerita. Lin. édît. de Gmel. Blennius cristâ capitis trannversâ y cutaceâ, Arledi, gen. 27 , syn. 44. Coquillade. Rondelet , prem.part. liv. 6, chap. 21. Alauda cristata. Idem. Galerita. Id. ibid. — Aldrov. lib. r , cap. 25, p. ii/-, — Jonston , tab. 17 , fig. 5- — Cliailet. p. 157. Galerita. Ra}»-, p. 73. Alauda cristata , sivc galerita. Gesner, p. 17, 2a (Germ. ) , fol. 4 , a. — Willaghby , Ichth. p. 154. Adonis. Belon , Aqnat. 2ig. Crested hlennj. Brit. Zool. 5 , p. 167. — Strom. sondm. 322. Blennus galerita. Ascagne , pi. xix. Brosme toupée. Id. ibid. (2) Eu Languedoc, coquillade ^ & cause de sa crête 112 HISTOIRE longueur ( sept pouces environ ). Sur sa tête paroît une appendice cutanée , trans- versale , un peu mobile , et auquel on a donné le nom de crête. Il habite parmi les rochers des rivages. Il échappe facilement à la main de ceux qui veulent le retenir, parce que son corps est délié et très - mu- queux (i). Sa partie supérieure est brune et mouchetée ; sa partie inféiieure d'un verd foncé et noirâtre. On a comparé à une émeraude la couleur et l'éclat de sa vésicule du fiel (2). Sa chair est molle (3). 11 vit assez long-tems hors de l'eau, parce qui a quelque ressemblauce avec la huppe de l'alouette coquiliade. £Iennius cvistâ capitis transverf^â cutaceâ hlennius galerita. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. i55, sp. I. S o N N I N I. .1 . - (i) Mais l'on ne tient aucun compte de ce poisson, à raison de sa petitesse. So^;^ï^•I. (2) Le cœur est anguleux, et le foie d'un blanc rougeâtre -, les intestins sont larges et jaunes. S G N N I N I. (5) A la nageoire du dos 60 rayons. A chacune des pectorales .... 10 A chacune des jugulaires . ... 2 A celle de l'anus 56 A celle de. la queue ,».... 16 que DES BLENNIES. ii5 que, dit Rondelet, Fouverture de ses bran- chies est fort petite; ce qui s'accorde avec les idées que nous avons exposées, dans notre premier Discours, sur les causes de la mortalité des poissons au milieu de Tair de l'atmosphère . D'ailleurs on peut se sou- venir que nous avons placé, parmi ceux de ces animaux qui vivent avec plus de faci- lité hors de l'eau, les osseux et les cartila- gineux qui sont pénétrés d'une plus grande quantité de matières huileuses, propres à donner aux membranes la souplesse con- venable. Poiss. Tome VII, H 114 HISTOIRE LE BLENNIE SAUTEUR (i), PAR LACÉPÉDE. ONZIÈME ESPÈCE. JNous avons trouvé une description très- détaillée et très - bien faite de ce bJennie dans les manuscrits de Comnierson , que Bulfon nous a confiés dans le tems , en nous invitant à continuel* son immortel ouvrage. Ou n'a encore rien publié relati- vement à ce poisson , que le savant Com- merson avoit cru devoir inscrire dans un genre particulier, et nommer Yaltique sau-- teur. Mais il nous parut impossible de ne pas le comprendre parmi les blennies, dont il a tous les caractèjes généraux , et avec lesquels l'habile vo^ageui- qui la observé le premier, a trouvé lui-même qu'il offroit les r i ' ■' " ' ' (l) Blennius saliens, uiUicus saltntorius , pinnâ spuriâ in capitis vertlce ; seu pinnulâ longifudinali ponè ociitos cartilagineâ ; seu alticus desulior , occipite criatalo , ore circulari deorsum patulo, Commersoii , Manuscrits déjà cités. DES BLENNIES. ii5 ;plus grands rapports. Nous osons même penser que, si Coaimei-son avoit été à por- tée de comparer autant d'espèces de bien- nies que nous , les caractères génériques qu'il auroit adoptés pour ces osseux auroient été tels, qu'il auroit renfermé son sauteur dans leur groupe. Nous avons donc rem- placé la dénomination Baltique sauteur par celle de blennie sauteur^ et réuni, dans le cadre que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs, ce que présentent de plus re- marquable les formes et les habitudes de ce poisson. Ce blennie a été découvert auprès des rivages et particulièrement des récifs de la Nouvelle - Bretagne , dans la mer du Sud. Il a été observé en juillet 1768, lors du célèbre voyage de notre confrère Bougaiii- ville. Commerson l'y a vu se montrer par centaines. Jl est très-petit , puisque sa lon- gueur totale n'est ordinairement que de soixante - six millimètres ( deux pouces et demi environ ) , sa plus grande largeur de de cinq millimètres ( deux lignes à peu près ) , et sa plus grande hauteur de huit ( un peu plus de trois lignes ). Il s'élance avec agilité, glisse avec vitesse, H â ii6 HISTOIRE ou, pour mieux dire, et pour me servir de Texpressioa de Comnierson , voie sur la surface des eaux salées ; il préfère les ro- chers les plus exposés à êlre battus par les vagues agitées; et là, bondissant, sautant, resautant, allant, revenant avec rapidité, il se dérobe en un clin d'oeil à Tennemi qui se croyoit près de le saisir , et qui ne peut le prendre que très-difficilement. 11 a reçu un instrument très - propre à lui donner cette grande mobilité. Ses na^ geoires pectorales ont une surface très-éten- due , relativement à son volume ; elles rer présentent une sorte de disque lorsqu'elles sont déployées; et leur longueur, de douze millimètres ( cinq lignes environ ), fait que, lorsqu'elles sont couchées le long du corps, elles atteignent à très - peu près jusqu'à l'anus. Ce rapport de forme avec des pé- gases , des scorpènes , des trigles , des exo- cets , , et d'autres poissons volans , devoit lui en donner aussi un d'habitude avec ces mêmes animaux , et le douer de la faculté de s'élancer avec plus ou moins de force. La couleur du blennie sauteur est d'un brun rayé de noir, qui se change souvent DES BL EN NIE S. 117 en bleu clair rayé ou non rayé, après la mort du poisson. On a pu juger aisément, d'après les di- mensions que nous avons rapportées , de la forme très - alongée du sauteur ; mais de plus , il est assez comprimé par les côtés pour ressembler un peu à une lame. La mâchoire supérieure étant plus longue que Tinférieure, l'ouverture de la bouche se trouve placée au dessous du museau. Les yeux sont situés très -près du som- met de la tête, gros, ronds, saillans, bril- lans par leur iris, qui a la couleur et l'éclat de lor; et auprès de ces organes, on voit sur l'occiput une crête ou une appendice ferme , cartilagineuse , non composée de rayons, parsemée de points, longue de quatre millimètres ou environ ( deux lignes à peu près ) , arrondie dans son contour et élevée non pas transversalement, comme celle de la coquillade, mais longitudinalement. Deux lames composent chaque opercule branchial. La peau du sauteur est enduite d'une mucosité très - onctueuse. Commerson dit qu'on n'aperçoit pas d'au- tre ligne latérale que celle qui indique l'in- H 3 ii8 HISTOIRE tervalle longitudinal qui règne de chaque côté entre les muscles dorsaux et les mus- cles latéraux (j). (i) 5 rayons au moins à la membrane des branchies, 55 articulés à la nageoire du dos. iS à chacune des pectorales. 2 mous et filiformes à chacune des jugulaires. 26 à celle de l'anus. 10 à celle de la queue, qui est lancéolée. DES BLENNIES. 119 LE BLENNIE PINARU (i)(2), PAR LACÉPÊDE. DOUZIEME ESPÈCE JLiE pinaru ressemble beaucoup au blennie sauteur. Il habite , comme ce dernier poisson , dans les mers voisines de la ligne. Une appen- dice longitudinale s'élève entre ses yeux , de même qu'entre ceux du sauteur; mais cette sorte de crête est composée de petits fila- mens de couleur noire. De plus, le sauteur, ainsi que le plus grand nombre de blennies, n'a que deux rayons à chacune de ses na- (i) Blennius pinaru. Blennius cristatus. Lin. édit. de Graelin. Blenne pinaru. Daubenton , Encycl. métbod. — Bonaterre , pi. de l'Eiicycl. raéthod. — Gronov. Mus. 1 , n^ 75. Pinaru. Ray , Pisc. p. 75. (2) Blennius cristâ cetaceâ longitudinali inter ocu- les. . . . blennius cristatus. Lin. Syst. nat. edit. Gmel, gen, i55 , sp. 2. — Artedi , Gen. pisc. additam. n^ 6» SONNINI. H4 120 HISTOIRE geoires jugulaires; et le pinaru a ses nageoîres jugulaires soutenues par trois rayons (i). La ligne latérale de ce dernier osseux est d'ailleurs courbie vers la tête, et droite dans le reste de sa longueur. On le trouve dans les deux Indes (2). (i) A la membrane branchiale . • . 5 rayons, A la nageoire du dos 26 A chacune des pectorales 14 A chacune des jugulaires 5 A celle de l'anus 16 A celle de la queue , qui est arrondie 1 1 (2) Mais ce n'est que dans les mers méridionales qu'il se trouve aux Indes occidentales. Sonkini. DES BLENNIES. 121 LE BLENNIE GADOIDE (i)(2), LE BLENNIE BELETTE (3) (4), ET LE BLENNIE TRIDACTYLE (5); PAR LACÉPEDE. l3^, 14® ET l5^ ESPÈCES, V^ES trois poissons appartiennent au troi- sième sous-genre des blennies : ils ont deux (i) Blennius gadpïdes. — Brunn. Pisc. massil. p. 24 , n° 54. Gadus alhidus. Lin. édit. de Gmel. Gade à deux doigts. Boiiaterre , pi, de l'Enc. métli. (2) A Marseille , moustele. Gadus cirro menti, pinnis ventralibus didactylia elongatis gadus albidus. Lin. Syst. nat. edit» Gmel. gen. i55, sp. 19. Gadus dlpterygius , cirro menti , pinnis ventralibus didactylis elongatis, . . . gadus blennoïdes. Brunnich , Iclithyol. massil. p. 24 , n° 34« — Artcdi , Gen. pisc, "^en. 22. additament. n^ 22. Sonnini. (5) Blennius mustela. Blennius mustelaris. Lin. édit. de Gmel. lilennius pinnâ dorsali anteriore triradiatâ. Mus» Ad. Frid. i , p. 69» 123 HISTOIRE nageoires sur le dos ; et on ne voit pas de barbillons ni d'appendices sur la partie su- périeure de leur tête. Le gadoïde a été découvert par Brunnicli. Ce naturaliste l'a considéré comme tenant le milieu entie les gades et les blennies; et c'est pour désigner cette position dans l'en- semble des êtres vivans , que je lui ai donné le nom de gadoïde. Il a été compris parmi les gades par plusieurs célèbres naturalistes: mais la nécessité de former les différens genres danimaux conformément au plus grand nombre de rapports qu'il nous est possible d'entrevoir, et de les indiquer par des traits précis et faciles à distinguer, nous a forcés d'exiger pour les deux familles des blennies et des gades , des caractères d'après Blennius pinnâ dorsi antëriore triracliatâ , poste- tiore 40. Ibid. Blenne belette. Daubenton , Eticyc. méth. — Bona- terre , pL de rEncycl. métbod. (4) Blennius pinnâ dorsali antëriore triradiatâ. . . . blennius mustelaris. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. i55, sp. 10. — Artedi , Gen. pisc. gen. 27. , 11^ 12, additament. S o n î< 1 ni. (5) Blennius tridactylus. Trifurcated. Pennant , Zool. brit. tom.III ,p. 196. Gade trident. Bonaterre , pi. de l'Encyc. méth. DÈS BLENNIES. i25 lesquels nous avons dû placer le gadoïde parmi les bien nies. Ce poisson habite dans la Méditerranée. Il est mou, étroit, légèrement comprimé. Sa longueur, analogue à celle de la plupart des blennies , ne s'étend guère au - delà de deux décimètres (sept pouces). Sa mâchoire inférieure est plus courte que la supérieure , marquée de chaque côté de sept ou huit points ou petits enfoncemens, et garnie, au dessous de son bout antérieur , d'un fila- ment souvent très-long. On voit deux aiguillons sur la nuque,* la ligne latérale est droite. L'animal est blanchâtre , avec la tête rougeâtre. Des teintes noires régnent sur le haut de la première nageoire dorsale , sur les bords et plusieurs autres portions de la seconde nageoire du dos, sur une partie de celle de l'anus , et sur celle de la queue (i). (i) A la membrane branchiale du blennie gadoïde 7 rayons; A la première nageoire dorsale ... 10 A la seconde 55 A chacnne des pectorales 11 A chacune des jugulaires 2 A celle de l'anus 55 A celle de la queue . 16 Î24 HISTOIRE ïi est aisé de séparer de cette espèce de blennie celle à laquelle nous conservons le ïiom de belette. En effet , ce dernier poisson n a point de filament au dessous du museau , et on ne compte que trois rayons à sa pre- mière nageoire dorsale (2). 11 a été décou- vert dans rinde. Le tridactyle a été considéré jusqu'à pré* sent comme un gade ; il a sur-tout beaucoup de ressemblance avec le gade musteîle et le cimbre. Il a, de même que ces derniers animaux, la première nageoire dorsale ca- chée presque en entier dans une sorte de sillon longitudinal 5 et composée de rayons qui tous, excepté un, sont extrêmement courts et difficiles à distinguer les uns des autres. Mais chacune de ses nageoires jugu- laires n'est soutenue que par trois rayons; et cela seul auroit dû nous engager à le (i) A la première nageoire dorsale du bîemiie belette 3 rayons. A la seconde 4^ A chacune des pectorales 17 A chacune des jugulaires 2 A celle de Fanus 29 A celle de la queue l5 DES BLENNÏES. î25 rapporter aux blennics plutôt qu'aux gades. Les nageoires jugulaires, ou thoracines, ayant été comparées, aussi bien que les abdominales , aux pieds de derrière des quadrupèdes , les rayons de ces organes de mouvement ont été assimilés à des doigts; et c'est ce qui a déterminé à donner, au blennie que nous examinons, le nom spé- cifique de tridactyle , ou à trois doigts. D'ailleurs, dans cet osseux, les trois rayons de chaque nageoire jugulaire ne sont pas réunis par une membrane à leur extrémité , et cette séparation vers un de leurs bouts les fait paroi tre encore plus analogues aux doigts des quadrupèdes. La tète du tridactyle est un peu aplatie. Ses mâchoires sont garnies de dents recour- bées : celle d'en bas présente un long barbillon au dessous de son extrémité an- térieure. On voit au dessus de chaque nageoire pectorale une rangée longitudinale de tu- bercules , qui sont, en quelque sorte, le commencement de la ligne latérale. Cette dernière ligne se fléchit très - près de soii origine , forme un angle obtus , descend obliquement , et s© coude de nouveau jDour 126 HISTOIRE tendre directement vers la nageoire de la queue (i). La couleur de la partie supérieure de ranimai est d'un brun foncé; les plis des lèvres , et les bords de ]a membrane bran- chiale, sont d'un blanc très-éclatant. Ce blennie habite dans les mers qui en- tourent la Grande-Bretagne ; le savant au- teur de la Zoologie britannique Ta fait connoître aux naturalistes. (i) A la membrane des branchies du blennie trid^ictyle 5 rayons. Un rayon très-alongé et plusieurs autres rayons très-courts à la première nageoire dorsale. A la seconde 4^ rayon», A chacune des pectorales i4 A chacune des jugulaires 5 A celle de l'anus 20 A celle de la queue i6 DES BLENNIES. jsy LE P H O L I S (i), LE BLENNIE PHOLIS (2), PAR L A C É P É D E. SEIZIÈME ESPÈCE. Voyez la planche XXIX, fig. 2. JLjes bîennies dont il nous reste à traiter forment le quatrième sous -genre de la fa- mille que nous considérons : ils n^ont ni barbillons ni appendices sur la tète, et leur dos ne présente qu^une seule nageoire. (i) Lepholis. En allemand, seegrundel ^ meerlerche ^ apitzkopf. En anglais , bulcard ^ mulgranoc bulcard ^ smoth-skan , smooth blenny. A Hambourg , houlerot. En Languedoc, perce -pierre^ Blennius lineâ laterali curvâ suhhifidâ , . . hlennius pholis. Lin. Syst. nat. cdit. Gmel. oen. \^'S , sp. 8. S o N N I N I. (2) Blennius pholis. 5ur plusieurs côtes méridio- nales de Franco, baueu.se. Auprès de Livourne, galeetto. An près des rivages de Cornouailles en x-Vn- gleterre , uiulgranoo , bulcard Blennius pholis. Lin. édil. de Gmelin. Blenne bavmse, Daub»ntoa,Encyclop. métUod. — 128 HISTOIRE Le premier de ces poissons dont nous allons parler, est le pliolis. Cet osseux a l'ouverture de la bouche grande, les lèvres épaisses, la mâchoire supérieure plus avancée que Finférieure, et garnie, ainsi que cette dernière, de dents aiguës, fortes et ser- rées ( 1 ). Les ouvertures des narines sont placées au bout d'un petit tube frangé. La Bonaterre, planches de l'Enc3^clop. mélliod. — Mus. AcI.Fiid. 2, p. 62. Blenniiis maxillâ superiore longiore , capite summo acuminato. Artedi , gen. 27 , syn. 45 et 116. PhoUs. Arist. lib. 9, cap. 37. — » Aîdrovand. lib. i, cap. 25 , p. 1 14 et 1 16. — Gesner , p. 18 et 714 '? et ( germ. ) fol. 4 > « , et 5 , «. — Jonston , lib. i , tit. 2 , cap. 2, a. I , tab. 17, n*^ 4-, et tab. 18, %. 2. — Charl. Onom. 157. — Willugliby, IchthyoL p. i53 et i35, lab. H, 6 , %. 2 et 4. — Ray, p. 78, n"* 17 et 74. Perce-pierre, Rondelet, première pariie, lib. 6> cbapitre 22. JEmpetrum. Idem , ibidem. Alauda non cristata. Idem , ibid. Baveuse. Id. première partie , lib. 6 , cliap. 23. JPJiolis» Idem, ibid. — Gronov. Mus. 2 , n° 176^ Zooph. 76, w" 279. — Blocb , pi. 71 , fîg. 2. Smooth hîenny. Brit. zool. 3 , p. 169, n° 3. (i) L'on pourroit , dit Rondelet , nommer à bon droit ce poisson singe de mer ; car il a une tête de singe , petite et ronde. SoiiisiNi. langue DES BLENNIES. 129 langue est lisse, le palais rade, l'œil grand, Firis rougeàtre, la ligne latérale courbe, et Tamis plus proche de la gorge que de la nageoire caudale (1) (3). La couleur du pholis est olivâtre, avec de petites taches , dont les unes sont blanches et les autres d'une teinte foncée. Ce blennie vit dans TOcéan et dans la Méditerranée. 11 s'y tient auprès des rivages, souvent vers les embouchures des fleuves; il s'y y)lait au milieu des alguesj il y nago avec agilité; il dérobe aisément à ses enne- mis soii corps enduit d'une humeur ou bave très-abondante et très-visqueuse, qui lui a fait donner un de ses noms; et quoiqu'il 7 rayons. 28 10 (i) A la membrane des branchies. A la nageoire du dos. . A cliacune des pectorales, A chacune des jugulaires A celle de l'anus. . . . A celle de la queue . . (2) Tous les rayons des nageoires sont extraordi- nairement épais et forts. La ligne latérale forme uu« courbure derrière les nageoires pectorales , et l'anus &e trouve plus près de la tête que de la queue. Le foie est gros, jaune et partagé en deux lobes inégaux; l'estomac est oblong ; le canal intestinal court et formant deux sinuosités -, la rate rougeàtre» S O N N 1 1^ I. Foiss. Tom;e VIL 1 i5o HISTOIRE n'ait que deux décimètres (environ sept pouces ) de longueur , il se débat avec cou- rage contre ceux qui l'attaquent, les mord avec obstination, et défend de toutes ses forces une vie qu'il ne perd d'ailleurs que difficilement. 11 n'aime pas seulement à se cacher au dessous des plantes marines , mais encore dans la vase; il s'y enfonce comme dans un asyle, ou s'y place comme dans une em- buscade. Il se retire aussi très-souvent dans des trous de rocher, y pénètre fort avant, et de là vient le nom de perce-pierre qu'on a donné à presque tous les blennies, mais qu'on lui a particulièrement appliqué. Il se nourrit de très -jeunes poissons, de très- petits crabes, ou d'oeufs de leurs espèces; il recherche aussi les animaux à coquille et principalement les bivalves, sur lesquels la faim et sa grande hardiesse le portent quel- quefois à se jeter sans précaution à l'instant où il voit leurs battans entr'ouverts : mais il peut devenir la victime de sa témérité , être saisi entre les deux battans refermés avec force sur lui; et c'est ainsi que fut pris, comme dans un piège, un petit poisson que nous croyons devoir rapporter à l'espèce du blennie pholis, qui fut trouvé dans une DES BLENNIES. i3i huître au moment où Von en. écarta les deux valves, qui clevoit y être renfermé depuis long-tems , puisque Fhuître avoit été apportée à un très-grand nombre de lieues de la mer, et que découvrit ainsi, il y a plus de vingt ans, dans une sorte d'habita- tion très -extraordinaire, mon compatriote et mon ancien ami Saint-Amans, professeur d'histoire naturelle dans l'école centrale du département de Lot et Garonne, connu depuis long-tems du pubhc par plusieurs ouvrages très - intéressans , ainsi que par d'utiles et courageux voyages dans les hautes Pyrénées (i) (2). (i) Voyez le Journal de physique, du mois d'oc- tobre 1778. (2) On prend le pholis au filet et à l'hameçon; sa chair est de mauvaise qualité; on s'en sert comme d'appât pour pêcher les autres poissons. Aristote dit que la bave que jette le pholis se répand autour de lui et lui forme comme un lit. (Histoire des animaux, liv. 9, chap. Sy.) Ray et Pennant assurent qu^au moyen des nageoires molles de son ventre, il peut monter le long des pierres, même à surface unie. Ce poisson a été décrit et figuré deux fois par Rondelet ( Hist. des poissons), d'abord sous le nom de perce - pierre , chap. 22 ; ensuite sous celui de bcn'eux f chap. 20. Sonnini. 1 3 252 HISTOIRE LE BLENNIE BOSQUIEN (i), P A Jl L A C É P È D E. DIX-SEPTIÈME ESPÈCE. llosc, Fan de nos plus savans et plus zélés naturalisles, qui vient de passer plusieurs années dans les Etats-Unis d'Amérique , où il a exercé les fonctions de consul de la république française , a découvert dans la Caroline ce blennie , auquel j'ai cru devoir donner une dénomination spécifique qui rappelât le nom de cet habile naturaliste. Bosc a bien voulu me comm-miquer la description et le dessin qu'il avoit faits de ce blennie : Tune m'a servi à faire cet article; j'ai fait graver l'autre avec soin ; et je m'em- presse d'autant plus de témoigner ici ma reconnoissance à mon ancien confrère pour (i) Blennius hosquianus. Blennius morsitans. Bosc, manuscrits. Blennius morsitans , capite cristâ nullâ , corpore alepidotOj viridifusco , alboque variegato ,pinnâ anale radiis apice recuruis. Habitat in ÇaroUna. JSote ,communiquée par L. Bosc. DES BLENNIES. i35 celte bienveillante communication , que , peu de tems avant son retour en Europe, ii m'a fait remettre tous les dessins et toutes les descriptions dont il s'étoit occupé dans rAmcrique septentrionale relativement aux quadrupèdes ovipares, aux serpens et aux poissons, en m'invdtant à les publier dans l'Histoire naturelle dont cet article fait partie. J'aurai une grande satisfaction à pla- cer dans mon ouvrage les résultats des ob- servations d'un naturaliste aussi éclairé et aussi exact que Bosc. Le blennie (|u'il a décrit ressemble beau- coup au pholis dont nous venons de parler; mais il en diffère par plusieurs traits de sa conformation , et notamment par la pro- portion de ses mâchoires, dont l'inférieure est la plus longue, pendant que la supérieure du pholis est la plus avancée. D'ailleurs l'anus du pholis est plus près de la gorge que de la nageoire caudale, et celui du bosquien est à une distance à peu près égale de ces deux portions du corps de l'animal (i). (i) A la nageoire du dos 3o ï ayons. A chacune des pectorales. ... 12 A chacune des jugulaires 2 A celle de l'anus 18 A celle de la (jueue. •••«.. 12 1 3 i54 HISTOIRE La tête du bosquien est en quelque sorte triangulaire; le front blanchâtre et un peu aplati; Tœil petit; Tiiis jaune; chaque mâ- choire garnie de dents menues, très-nom- breuses et très -recourbées; la membrane branchiale étendue et peu cachée par Toper- cule; le corps comprimé, dénué en appa- rence d'écaillés, gluant, d'une couleur verte foncée, variée de blanc, et relevée par des bandes brunes, cependant peu marquées. Les nageoires sont d'une teinte obscure, et tachetées de brun. Les onze premiers rayons de celle du dos sont plus courts et plus énioussés que les autres. Ceux qui sou- tiennent la nageoire de l'anus se recourbent en arrière à leur extrémité : cette nageoire de l'anus et la dorsale touchent celle de la queue , qui est arrondie. Le bosquien a près d'un décimètre (trois pouces et demi environ) de longueur totale; sa hauteur est de vingt-sept millimèlres (un pouce ) , et sa largeur de neuf ( quatie lignes environ). Cette espèce, suivant Bosc, est très-com- mune dans la baie de Charlestown. Lors- qu'on veut la saisir, elle se défend en mor- dant son ennemi, comme la murène anguille, avec laquelle elle a beaucoup de ressem- DES BLENNIES. i35 blance; et c'est cette manière de chercher à sauver sa vie , que Bosc a indiquée par le nom dislinctif de morsitans qu'il lui a donné dans sa description latine, et que j'ai dû, malgré sa modestie , changer en une déno- mination dictée par l'estime pour l'obser- vateur de ce blennie. Ï4 i56 HISTOIRE LE BLENNIE VIVIPARE (i), LE BLENNIE OVOVIVIPARE (ii), PAR LàCÉPÈi>E. DIX-HUITIÈME ESPÈCE. Voyez la planche XXX , fig. 5. JLIe tous les poissons dont les petits éclosent clans le ventre de la femelle , viennent tout formés à la lumière, et ont fait donner k leur mère le nom de piuipare , leblennie « i l ■ ■ ' (i) Le blennie piuipare. En allemanci , aalmuttery fZnlqiiab ,aalput. En danois , aale-quabbe , aale-hona, aale-moder, aal~frau. En suédois , tanglahe , alkusa. En norvégien, brun-og, mork-pletet , tang-brosme ^ steen-brosme. En hollandais, jDÎ/ai^ws-f/^/V. En anglais, guffer f celpont. A Ha'?-3rwick, magàal , quabaaL En Fi ise , magge. Encheliopus corpore llturis variegato , pi?inâ dorsi ad caudam siniiatâ. Gronovius, locis infrà citatis. jBlennius ore tentaculis duobua, . . . blennius vivi- parus. Lin. S3'st. nat. edit. Gmel. gen. i55,sp. ii. Blennius i/uberbis ^ pinnâ atîali caadalique unitis DES BLENNIES. i37 que nous allons décrire est l'espèce dans laquelle ce phénomène remarquable a pu être observé avec plus de soin et connu avec plus d'exactitude. Voilà pourquoi on lui a donné le nom distinclif de vwipare ^ que nous n'avons pas cru cependant devoir aurantiis . , , blennius viviparus. Mull. Zoolog. dan. tom. Il , p. 22 , fig. lab. 67. Blennius pinnâ dorsali , caudali analique unitis , naribus tuhulosis * , . blennius uiuiparus. Lin. Fauii, «uec. edit. Relzii, n** 4^. Sonnini. (2) Blennius ovoviviparus. Blennius vivipar us. Lin. édition de Gmelin. Blenne vivipare. Daubenton , Encyclop. méthod. ■— Bonaterre , planches de l'Encyclopédie métliodiqne. « — Faun. suec. 317. — Miill. Prodrom. zool. danic. p. 45 , n« 358 ; et Zool. dan. tora. L VIL — Mus. Ad, Frid. I , p. 69. Tanglake. Act. Stockh. 1748, p. 52, tab. 2. -— Gronov. Mus. i , p. 65, n'' i45 ; Zooph. p, 77, n^ 265. • — Act. Upsal. 1742, p. 87. — BIocli , pi. lxxii. Blennius capite dorsoque fusco flavescente lituris nigris y pinné anijlavâ, Artedi, syn. 45. Tertia mustelarum species viuipara et marina. Schonev. p. 49 , 5o. Mustela marina tiuipàrina. Idem , tab. 4 ? ^g* 2. — Jonst. Fisc. p. I , lab. 46 , fig. 8. Mustela vivipqra Schoneveldii, Willugliby , IcJh. p. 122. — Ray, p. 69. f^iviparous blenny. Brit. Zoolog. 5 , p. 172, n^ 5 ? t«ib. 10. i38 HISTOIRE lui conserver sans modification, de peur d'induire plusieurs de nos lecteurs en erreur, et que nous avons remplacé par celui d'o^o- vivipare^ afin d'indiquer que s'il n'éclot pas hors du ventre de la mère, s'il en sort tout formé, et déjà doué de presque tous ses attributs, il vient néanmoins d'un œuf, comme tous les poissons, et n'est pas véri- tablement vivipare, dans le sens où Ton emploie ce mot lorsqu'on parle de fhomme, des quadrupèdes à mamelles et des cétacés. Voilà pourquoi aussi nous allons entrer dans quelques détails relativement à la manière de venir au jour, du blennie dont nous écrivons l'histoire , non seulement pour bien exposer tout ce qui peut concerner cet animal curieux, mais encore pour jeter uu nouveau jour sur les différens modes de re- production de la classe entière des poissons. Mais auparavant montrons les traits dis- tinctifs et les formes principales de ce blennie (i). (i) A la membrane des branchies. . 7 rayons, A chacune des nageoires pectorales. 20 A chacune des jugulaires .... 2 A celle du dos , de la queue et de l'anus , considérées comme ne formant qu'une seule jiageoire . 148 DES BLENNIES. i59 L'ouverture de sa bouche est petite, ainsi que sa tête; les mâchoires, dont la supé- rieure est plus avancée que rinférieiue, sont garnies de petites dents, et recouvertes par des lèvres épaisses; la langue est courto et lisse comme le paîais; deux os petits et rudes sont placés auprès du gosier; les ori- fices des narines paroissent chacun au bout d'un petit tube non frangé; le ventre est court; l'ouverture de l'anus très-grande; la ligne latérale droite (i); la nageoire de Fanus composée de plus de soixante rayons, et réunie à celle de la queue; et souvent cette dernière se confond aussi avec celle du dos. Les écailles qui revêtent l'ovovivipare sont très-petites , ovales , blanches ou jau- nâtres, et bordées de noir; du jaune règne sur la gorge et sur la nageoire de l'anus; la nageoire du dos est jaunâtre, avec dix ou douze taches noires (2). (i) Elle est à peine visible, et elle s'étend sur le niilieii du corps. Sonnini. (2) Les parties intérieures du blennie vivipare diffèrent sensiblement de celles des autres poissons. Il a l'estomac, ainsi que la vésicule du fiel, minces et transparens ; îe canal intestinal placé en travers; les deux lobes du foie peu alongés j la rate aussi longue î4o HISTOIRE La chair de ce bîennie est peu agréable au goût : aussi est-il très-peu recherclié par les pécheurs, quoiqu^il parvienne jusqu'à la longueur de cinq décimètres (un pied et demi environ). Il est en effet extrêmement imprégné de matières visqueuses; son corps est glissant comme celui des murènes; et ces subsiances oléagineuses, dont il est pé- nétré à l'intérieur ainsi qu'à l'extérieur, sont si abondantes qu'il montre, beaucoup plus qu'un grand nombre d'autres osseux , cette qualité pkosphorique que l'on a re- marquée dans les différentes portions des poivssons morts et déjà altérés (]). 8es arêtes luisent dans l'obscurité, tant qu'elles ne sont pas entièrement desséchées; et par une suiie de cette même liqueur huileuse et phosphorescenfe , lorsqu'on fait cuire son squelette, il devient verdâtre (2). que la capacité du veiilre -, le fiel clair; les rein.^ dégagés et d'un pouce de -longueur. Bloch a compté cent vertèbres à l'épine du dos ; mais il n'a ajierçu ni côtes, ni vésicule aérienne. Sonnint. (i) Discours sur la nature des poissons. (2) On pêclîc le blcnnie vivipare à riiarncçon et au filet. «Sa chair, dit Blocli , est grasse , hlancbe et. safis beaucoup d'arêtes. Comme on n'en fait pas grand cas , il n'y a cjue les gens du peuple " — — — — — — — ■ — — LE BLENNIE POINTILLÉ (i) , PAR LACÉPÉDE. VINGTIÈME ESPECE. J_jA description de ce bien nie n'a encore été publiée par aucun auteur. Nous avons vu , dans la collecirion du muséum naiional d'histoire naturelle , un individu de cette espèce. La léte est assez grande, et toute parse- mée, par dessus et par les côtés, de petites impressions, de pores ou de points qui s'étendent jusques sur les opercules , et nous ont suggéré Je nom spécifique de ce blennie. L'ouverture de la bouche est étroite ,• les lèvres sont épaisses ; les dents aiguës et serrées ; les yeux ronds et très- gros; les écailles très-facilement visibles; les nageoires pectorales ovales et très-grancjes ; les iu.i,ulaires composées chacune de deux rayons mous , ou fijamens , presque aussi îorii^s que les pectorales. La ligue latérale (i) BlenniuH punciulatus. DES BLENNIES. i55 se courbe au dessus de ces mêmes pecto- rales y descend comme pour les environ- ner, et tend ensuite directement vers la queue. La nageoire du dos, qui conimence à la nuque, et va toucher la nageoire cau- dale, est basse; les rayons en sont garnis de petits filamens , et tous à peu près de la même longueur , excepté les huit der- niers, dont six sont plus longs et deux plus courts que les autres. La nageoire de Fanus est séparée de la caudale , qui est arron- die (i). Un grand nombre de petites taches irrégulières et nuageuses sont répandues sur le pointillé. (i) A la nageoire du dos 4? rayons. A chacune des pectorales 17 A chacune des jugulaires .... 2 A celle de l'anus op A celle de la queue, i3 i5a histoire LE G ARA MIT (i), LE ^U M PÊNE (2). LE BLENNIE GARAMIT (5), LE BLENNIE LUMPÈNE (4), ET LE BLENNIE TORSK (5), PAU LACÉPÉDE. 21^, 22^ ET 23^ ESPÈCES. JLiE garamit a été placé parmi les gacles : mais il a élé regardé par Forskœl, qui Ta (i) Garamit ou garmuth , nom arabe que ce poisson porte à Alexandrie ; cette dernière dénomi- nation garmuth ou karmuth est appliquée par les liabitans du Caire et de la haute Egypte à une espèce de silure. Par les grecs modernes , kalaria et JcaUahouda, Gadus an blenniusl an potius novus nomine sala- riœ : dorso monopterygio , cirrhis nullis. Forskœl y Faun. ^oypliaco-Arabica, pa3.22, n'^ 5. S o M Î>J 1 M 1. DES BL EN NIE S. i55 découvert, comme devant tenir le milieu enfre les gades et les blennies; et les ca- ractères qu'il présente nous ont forcés à le comprendre parmi ces derniers poissons. (2) Lumpene. En danois , tang-brosme. En groen- landais, tajamah. Blennius corpore areolis dorsalibus fuscis hlennius lumpenus. Linn. Syst. natui\ edit, Gmel. gen. 155 , sp. 12. Blennius corpore teretiusculo Jlavicante , areolis dorsalibus fuscis. . , blennius lumpenus. Oth. Fabric. Faun. Groenland, p. i5i , n^ 109. Soknim. (5) Blennius garantit. Gadus salarias. Forsk. Faun. arab. Gadus garamit. Id. ibid. Gade garantit. Bonaterre , planches de l'Encyclop. méthodique. (4) Blennius lumpenus. — Idem. Lin. édition de Gmelin. V^ariéié du blenne vivipare. Daubenton , Encyclop. méthodique. Blenne lumpene. Bonat. pi. de l'Encycl. méthod. — Mnller , Prodrom. Zool. dan. p- 9 Blennius cirris siib gula pinniforniibus quasi bifi- dis, etc. Artcdi ;, syn. 4^- Tanghrosme. Strom. sondm. i j p- 5i5 , n^ 4* "~" Ot. Fabric. Faiin. Grocnl. p. i5i , n*^ 109. (5) Blenriius torsh. Strom. sondjn. 1 , p. 272. — Pcnnant , Zoo!, brit. 5, p. 205, n^ 89. Gade torsh. Bonat. pi. de l'Encyi 1. mcLh. i56 HISTOIRE Ses dents sont inégales; on en voit dé pla- cées vers le bout du museau , qui sont beaucoup plus longues que les autres , et qui, par leur forme, ont quelque ressem- blance avec les crochets des quadrupèdes carnassiers. 11 présente diverses teintes dis- posées en taches nuageuses ; la nageoire dorsale règne depuis la nuque jusqu'à la nageoire caudale. La ligne latérale est à peine visible , et assez voisine du dos. Ce blennie est long de trois ou quatre déci- mètres ( dix pouces et demi ou quatorze pouces environ ). Il se trouve dans les eaux de la mer Rouge (i) (2). C'est dans celles de l'océan d'Europe qu'habite le lumpène. Il préfère les fonds d'argile ou de sable , s'y cache parmi les fucus des rivages, et y dépose ses œufs vers ^" " ■ 1 1 ■ ■ ' ■ ■ ■ ■ - ■ - ■ ■ ■ ' '■ " - (i) A la membrane branchiale du garamit. . 6 ra5''ons. A la nageoire dorsale 56 A cîiacune des pectorales .... 14 A chacune des jugulaires .... 2 A celle de l'anus 26 A celle de la queue i5 (2) Forskœl dit que ce poisson se trouve dans la mer d'Alexandrie et dans celle de l'Archipel du Le- vant. ( Voyez l'ouvrage cité , p. 25. ) Sonmki. DES BLÉNNIES. iS; le commencement de 1 été. Ses écailles sont petites , rondes , fortement attachées. Sa couleur est jaunâtre sur la tête, blanchâtre avec des taches brunes sur le dos et les côtés 5 jaune et souvent tachetée sur la queue, blanche sur le ventre. Ses nageoires jugulaires , par leur forme et par leur position , ressemblent à des barbillons; elles comprennent chacune trois rayons ou fiîa- niens, dont le dernier est le plus alongé (i). Le torsk préfère les mers qui arrosent le Groenland, ou celles qui bordent l'Europe septentrionale. Il présente un barbillon, et ce filament est au dessous de l'extrémité antérieure de la mâchoire d'en bas. Ses nageoires jugulaires sont charnues, et divi- sées en quatre appendices. Le ventre est gros et blanc ; la tête brune ; les côtés de Taninjal sont jaunâtres ,• les nageoires du dos , de la queue et de l'anns , liserées de blanc. Ce blennie parvient à la longueur de six ou sept décimètres ( vingt-un pouces (i) A la nageoire dorsale du luinpène. 65 rayons. A chacune des pectorales .... i5 A chacune des jugulaires. ... 3 A celle de l'anus ^i A celle de la queue i% i58 HISTOIRE à vingt -quatre pouces et demi environ), et à la largeur d'environ un décimètre et demi ( six pouces à peu près ) (i) (2). (i) A la membrane branchiale du torsk. 5 rayons. A la nageoire du dos 3i A chacune des pectorales 8 A celle de l'anus 21 (2) Ce blennie vit avec le gunnel , avec lequel il a plusieurs rapports, près des côtes du Groenland j mais il y est plus rare et il se plaît dans les fonds de sable on d'argile. Dans les tems calmes on le voit en repos sur le fond , comme l'anguille, avec l'apparence d'un serpent ; mais lorsque la mer est agitée , il se cache dans les plantes marines. Sonnini. DES OLIGOPODES. jSg QUARANTE - NEUVIÈME GENRE. PAR LACÉPEDE. LES OLIGOPODES. Une seule nageoire dorsale; cette nageoire du dos commençant au dessus de la tête, et s'étendant jusqu'à la nageoire caudale, ou à peu près; un seul rayon à chaque nageoire jugulaire. ESPECE. L'oLTGOPODE YBiAi¥ÈnB ; ollgopodus veli^ férus. — La nageoire du dos très-élevée ; celle de la queue fourchue. i6a H 1 S T O I R E L'OLIGOPODE VÉLIFÈRE (i) , PAR L A C E P È D E. Voyez plancJie XXX , figure i. 1-jA position des nageoires inférieures ne permet pas de séparer les oligopodes des jugulaires, avec lesquels ils ont d'ailleurs iiii grand nombre de rappoits. Nous avons donc été obligés de les ék igner des cory- phènes , qui sont de vrais poissons tliora- cins, dans le genre desquels on les a placés jusqu'à présent, et auxquels ils ressemblent en effet beaucoup , nicris dont ils diffèrent cependant par plusieurs traits remarquables. On peut les considérer comme formant une des nuances les plus faciles à distinguer, parmi toutes celles qui lient les jugulaires aux thoracins, et particulièrement les blen- nies aux coryphènes; mais on nen est pas (l) Olygopodua vellferus, Coryphœna velifera. L n. cdit. Ac Gmcl. — Pallas, Spicil. zool. 8 , p. 19 , lab. 5 , fig. i. Coryphène éventail. Daiibenton , Encyclop. métbod. — Bouaterre , planches de rjEacycl. méthod. moins c A 7. ///<^>)'>, J)cJ\'V.'Je/ 1. 0LIG()1>01)E lyc'f'fcre i^.p.ossr. Jiit/a/iâ J". DES OLIGOPODES. i6v moins forcé de les inscrire à la suite des blennies 5 sur les tables méthodiques par le moyen desquelles on cherche à piésenter quelques linéaniens de Tordre naturelle des êtres animés. Parmi ces oligopodes , que nous avons ainsi nommés pour désigner la petitesse de leurs nageoires ihoracines, et qui, par ce caractère seul, se rapprocheroient beau- coup des blennies , on ne connoît encore que Fespèce à laquelle nous croyons de- voir conserver le nom spécifique de péli-i fère (i). C'est au grand naturaliste Pallas que Ton en doit la première description. On lui a voit apporté de la mer des Indes l'individu sur lequel cette première description a été faite. La forme générale du vélifère est singulière et frappante. Son corps, très-alongé, très- bas et comprimé , est en quelque sorte distingué difficilement au milieu de deux » ■ Il I (i) A la membrane des branchies. . 7 rayons. A celle du dos 55 A chacune des pectorales .... 14 A chacune des jugulaires .... 1 A celle de l'anus 5i A celle de la queue 22 Foiss. Tome VIL X. i62 HISTOIRE immenses nageoires, placées l'une sur son dos et l'autre au dessous de sa partie infé- rieure, et qui, déployant une très- grande surface , méritent d'autant plus le nom (ïéç^entail ou de voile ^ qu'elles s'étendent, la première depuis le front, et la seconde depuis les ouvertures branchiales jusqu'à la nageoire de la queue, et que d'ailleurs elles s'élèvent ou s'abaissent de manière que la ligne, que l'on peut tirer du point le plus haut de la nageoire dorsale au point le plus has de la nageoire de l'anus , surpasse la longueur totale du poisson. Chacune de ces deux surfaces latérales ressemble ainsi à une sorte de losange irrégulièie, et curviligne dans la plus grande partie de son contour, ïut c'est à cause de ce^s deux voiles supé- rieure et inférieui e, que l'on a mal à propos comparées à des rames ou à des ailes , que plusieurs naturalistes ont voulu attribuer à l'oligopode vélifère la faculté de s'élancer et de se soutenir pendant quelques momens hors de l'eau, comme plusieurs pégases , scorpènes, trigles et exocets, auxquels on a donné le nom de poissons polans. Mais, si l'on rappelle les principes que nous avons exposés concernant la natation et le vol des poissons, on vejra que les nageoires du dos DES OLIGOPODES. i63 et de l'anus sont placées de manière à ne pouvoir ajouter très-sensiblement à la vitesse du poisson qui nage , où à la force de celui qui vole, qu'autant que l'animal nageroit sur un de ses côtés, comme les pleuronectes, ou voleroit renversé sur sa droite ou sur sa gauche ; supposition que Ton ne peut pas admettre dans un osseux conformé comme le vélifèie. Les grandes nageoires dorsale et anale de cet oligopode lui servent donc pi^in- cipaîement , au moins le plus souvent, à tourner avec plus de facilité , à fendre l'eau avec moins d'obstacles, particulièrement, en montant ainsi qu'en descendant , à se balancer avec plus d'aisance, et à se servir de quelques courans latéraux avec plus d'avantager;: et de plus il peut, en étendant vers le l).i3 sa nageoire de Fan us , et en pliant celle du dos , faire descendre sou centre de gravité au dessous de son centre de figure, se lester, pour ainsi dire, par cette manœuvre, et accroître sa stabilité. Au reste , le grand déploiement de ces deux nageoires de l'anus et du dos ajoute à la parure que le vélifère peut présenter ; il place en effet au dessus et au dessous de ses côtés, qui sont d'un gris argenté, une surface très -étendue, toute parsemée de L 2 i64 HISTOIRE taches blanches ou blanchâtres , que la cou- leur brune du fond fait très-bien ressortir. La tète est couverte de petites écailles ; la mâchoire inférieure relevée, et garnie de deux rangées de dents ; on n^en compte qu'un rang à la mâchoire supérieure. Les deux premiers rayons de la nageoire du dos sont très -courts 5 à trois faces, et osseux. Le premier de la nageoire de Fanus est aussi très - court et osseux ; le second est également osseux, mais il est assez long. On voit de chaque côté du corps et de la queue plusieurs rangées longitudinales d'écaillés grandes, minces, légèrement striées , échan- crées à leur sommet , et relevées à leur base par une sorte de petite pointe qui se loge dans féchancrure de Fecaille supérieure. Le corps proprement dit est très -court; l'anus est très -près de la gorge; et voilà pourquoi la nageoire anale peut montrer la très-grande longueur que nous venons de remai'quer. D E s K U R T E s. i65 m ^ Il . . . ..Il II II m 11 .. ■ ■ . ^. 1 m i CINQUANTIÈME GENRE- PAR LACÉPEDE. LES KURTES. / XJE Corps très - comprimé , et caréné par dessus ainsi que par dessous; le dos élevé, ESPECE. Le kurte BiiOCHiEN; hurtus blochianu^, — Deux rayons à la membrane des bran- chies. L 3 i6ô HISTOIRE LE BOSSU (i). LE KURTE BLOCHIEN (i), PAR LA C É P È D E, C/E poisson lie les Jugulaires avec le& tho- racins par la grande compression latérale de son corps , qui ressemble beaucoup à celui des zées et des chétodons. Cette con- formalion lai donne aussi une grande ana- logie avec les stromatées; et c'est pour ces différentes raisons que nous l'avons placé à la fin de la colonne des jugulaires , comme ïious avons mis les stromatées à la queue de celle des apodes. Le savant ichthyologiste Bloch nous a fait connoître cet animal , qu'il a inscrit dans un génie particulier, et ^ (i) Le bossu. En allemand , hocJirilcken. S O N N 1 jN 1. (2) Kartiis hlochianus. Bloch , pi. clxix. Kurtiis indiens. Lin. édit. de Gmelin. Le bossu. Bonaterre , planches de l'Encycl. méth^. DES K U R T E S. 167 auquel nous avons cru devoir donner le nom de ce célèbre naturaliste. Le biochien a le corps très^-étroil et très- haut; et de plus une élévation considérable qui paroît sur le dos, et qui ressemble à une bosse , lui a fait attribuer par le zoolo- giste de Bernn la dénomination générique de kurtuSy qui signifie bossu. Sa tète est grande; son museau obtus; la mâchoire inférieure un peu recourbée vers le haut, plus avancée que la supérieure, et garnie, ainsi que cette dernière , de plusieurs rangées de très- petites dents; la langue courte et cartilagineuse ; le palais lisse ; Fœil gros; l'ouverture branchiale étendue; Toper- cule mem.branfeux ; Tan us assez proche de la gorge; la ligne latérale droite, et la na- geoire de la queue fourchue (1). Il vit dans la mer des Indes; il s'y nourrit (i) 2 rayons à la membrane des branchies. 1 rayon non articulé, et i6 rayons articulés à la nageoire du dos. i5 rayons à cliacnne des pectorales. 1 rayon non articulé, et 5 rayons articulés à clia- cune des jugulaires. 2 rayons non articulés , et 5o rayons articulés à celle de l'anus. i8 raj'-ons à celle de la ^ueue. Ii4 168 HISTOIRE de crabes, ainsi que d'animaux à coquille; et dès-lors il est peu suj prenant qu'il brille de couleurs très-éclalantes. Sa parure est magnifique. Ses écailles res- semblent à des lames d'argent ; l'iris est en partie blanc et en partie bleu; des taches dorées ornent le dos; quatre taches noires sont placées auprès de la nageoire dorsale ; les pectorales et les jugulaires réfléchissent la couleur de For, et sont bordées de rouge; les autres nageoires offrent une teinte d'un bleu céleste , que relève un liseré d'un jaune blanchâtre (i). (i) L'individu de cette espèce, que Blocli a exa- miné, avoit dix pouces de long, y compris la nageoire de la queue , et un peu plus de quatre pouces de large. Sonkini. DES LEPIDOPES. 169 SECONDE SOUS-CLASSE. POISSONS OSSEUX, PAR LAGÉPÈDE. Les parties solides de l'intérieur du corps y osseuses. PREMIÈRE DIVISION. Poissons qui ont un opercule et une mem- brane des branchies, DIX-NEUVIÈME ORDRE DE LA CLASSE ENTIERE DES POISSONS, ou TROISIEME ORDRE DE LA PREMIÈRE DIVISION DES OSSEUX. Poissons thoracins , ou qui ont des nageoires inférieures placées sous la poitrine et au dessous des pectorales. 170 HISTOIRE CINQUANTE - UNIÈME GENRE. PAR LACÉPÈDE. LES LÉPIDOPEvS. JLiE corps très-alongé et comprimé en forme de lame; un seul rayon aux nageoires thoracines et à celle de Tau us. ESPÈCE. ^Le liÉPiDOPE gouanien; lepidopus gouanianus. — La mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure. DES LEPIDOFES. 171 LE LÉPÎDOPE GOUANIEN (1), PAR LACÉ PÈDE. Oette espèce a été décrite pour la pre- mière fois par mon savant confrère le professeur Gouan , de Montpellier , qui l'a séparée, avec beaucoup de raison, de tous les genres de poissons adoptés jusqu'à pré- sent. Le nom distinctif que j'ai cru devoir lui donner témoigne le service que Gouaa a rendu aux naturalistes en faisant connoître ce curieux animal. Cet osseux vit dans la Méditerranée. Il a de très -grands rapports avec plusieurs apodes, particulièrement avec les leptures et les tri chiures. Mais c'est le seul poisson dans lequel on n'ait observé qu'un seul rayon à la nageoire de l'anus, ni à chacune des nageoires inférieures que nous nommons thoracines pour toutes les espèces de l'ordre que nous examinons, parce qu'elles sont (i) Lepidopus gouanianus, Gouan , Histoire des poissons , p. i85. Lépidope jarretière. Bonaterre , planch, de rjEncycI. lnélhodic[ue. 172 HISTOIRE situées sur le thorax. Ces nageoires anale et tlioracines du gouanien ont crailleurs une forme remarquable : elles ressemblenl à une écaille alongée, arrondie dans un bout, et pointue dans l'autre; et c'est de là que vient le nom générique de îépidope (lepldopus), pieds ou nageqires inférieures en forme d'écaillés , ou écailleux. La télé du gouanien est plus grosse que le corps , et comprimée la té rai em en 1: ; le museau pointu; la nuque terminée par i^oe arête; chaque mâchoire garnie de plusieurs rangs de dents nombreuses et inégales; Fœit voilé par une membrane , comme dans plu- sieurs apodes et jugulaires; l'opeicule d'une seule pièce ; l'ouverture branchiale grande et en croissant (i) ; Fanus situé vers le mi- lieu de la longueur totale; la ligne latérale peu apparente; la nageoire du dos très-basse et très -longue^ mais séparée de celle de la qoeue, qui est lancéolée; chaque écaille presque imperceptible ; la couleur générale d'un blanc argenté. (i) A la membrane des branchies . . 7 rayons. A la na^geoire du dos 55 A cliacmie des nageoires inférieures ou tlioracines i A celle de l'anus i DES HIATULES. 175 CINQUANTE-DEUXIÈME GENRE. PAR LACÉPÉDE. LES HIATULES: IT OINT de nageoire de Tanus. ESPÈCE. La hi ATUL.E GARDÉNiENNE ; Tiiatula gar- deniana, — Des dents crochues aux mâ- choires, et des dents arrondies au palais. 174 HISTOIRE Lzi HIATULE GARDÉNIENNE (i)(2), PAR LACÉPÈDE. CJn a compris jusqu'à présent dans le genre des labres le pmsson décrit dans cet arti( le : mais les principes réguliers de classification, auxquels nous croyons devoir nous confor- mer , s'opposent à ce que nous laissions , parmi des osseux qui ont une nageoire de Ta nus plus ou moins étendue, une espèce qui en est entièrement dénuée. Nous avons donc placé la gardé nieu ne dans un genre particulier; et comme, dans chaque ordre, nous commençons toujours par traiter des poissons qui ont le plus petit nombre de (i) Hiatula gardeniana, . JLahrus hiatula. Lm. edit, de Gmelin. f^ahre hiatule. Daubenton , Encydop. métljod. — Bonaterre , planclies de l'Encyclop. métliod. (2) Lahrus pinnx anali nullâ . . , lahrus hiatula, Liin. Syst. nat. edit. Gniel. gen. 166 , sp. 12. Lahrus caudâ intégra , piiinâ anali nullâ. . . lahrus hiatula. Lin. Gen. pisc. gen. 27 ^ n" 4^ , additam. S o a li \ n i. DES HIATULES. 1^5 nageoires, nous avons cru devoir écrire le nom des hiatules presque en tête de la co- lonne des thoracins : elles auroient même formé le premier genre de cette colonne ^ si les lépidopes n'a voient pas une nageoire de Tanus extrêmement petite, réduite à un seul rayon, pour ne pas dire à une seule écaille,- si de plus ils ne présentoient pas . des nageoires thoracines également d'un seul rayon , et si d'ailleurs ils ne se rappro- choient pas de très -près, par leur corps très-alongé et par leurs formes Irès-déliées, de la plupart des osseux apodes ou jugu- laires. Le nom distinctif de gardénienne indique que c'est au docteur Garden qu'est due la découverte de cette espèce, qu'il a vue dans la Caroline. On soupçonnera aisément qu'elle doit offrir beaucoup de traits communs avec les labres , parmi lesquels Linnaeus et d'autres célèbres naturalistes l'ont comptée. Elle a en effet, comme plusieurs de ces labres, les lèvres extensibles, et les rayons simples de la nageoire dorsale garnis, du côté de la queue, d'un filament alongé. Les dents qui hérissent les mâchoires sont crochues; celles qui revêtent le palais sont arrondies , de manière à représenter une 176 HISTOIRE portion de sphère. La nageoire du dos est noire dans sa partie postérieure,- l'opercule pointillé sur ses bords ,* la couleur générale de ranimai variée par six ou sept bandes transversales et noires ; la ligne latérale droite; la nageoire de la queue rectiligne (1). »! I 11 ■ (l) 5 rayons à la membrane des brancbies. 17 rayons simples ou aiguillons, et ii rayons articulés à la nageoire du dos. 16 rayons à chacune des nageoires pectorales. I rayon simple et 5 rayons articulés à chacune des thoracines. 21 rayons à la nageoire de la queue. CINQUANTE DES C E P O L E S. 177 CINQUANTE-TROISIEME GENRE!, PAR LACÉPÉDE. LES CÉPOLES. Une nageoire de l'anns; plus d'un rayon à chaque nageoire thoi-acine; le corps et la queue très-alongés et comprimés en forme de lame ; le ventre à peu près de la longueur de la tête, les écailles très-* petites. PREMIER SOUS-GENRE. Point de rayons simples ou aiguillon^ aux nageoires. PREMIERE ESPÈCE» Le cépole t^nia ; cepola tœnia. -— Le museau très - arrondi ; la nageoire de la queue pointue, SECONDE ESPÈCE. Le cèpole serpentiforme ; cepola ser^ pentiformis, — Le museau pointu. Fçiss, Tome VIL M 478 HISTOIRE SECOND SOUS-GENRE. Des rayons simples ou aiguillons aux nageoires. TROISIÈME ESPECE. Le cépole trachyptère; cepola ira- chyptera, — Les nageoiies rudes ; la ligne latérale formée par une série d'écaillés plus grandes que les autres. ^y. 7./-I: i.Li: m JL\N . 2 M. JUU'IIIU) ;{ .1,1', j()/() , D E s C E P O L E s. 179 LE RUBAN (1), LE CEPOLE T^NIA (2), PAR LACÉPÊDE. PREMIERE ESPÈCE. Voyez planché XXXI, fig, i. Jr R E s Q u E tous les noms donnés à ce pois- son désignent la forme remarquable qu'il présente : ces mots ruban ^ bandelette , flamme y lame ^ épée^ montrent en quelque (i) Le ruban , h ruban tœnia. En allemand, band-- fisch. A Gênés , cavagiro , treggia. Cepola pinnâ caudœ attenuatâ , capite obfusls- simo cepola tœnia. "Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. i56, sp, I. SoNMNi. (2) Cepola tœnia. Dans plusieurs provinces méri- dionales de France , spase ou épée ^ flamme ^ cavagiro, freggla , pitta, Cepola tœnia. Lin. édit. de Gmelin. Cepola ténia. Daubenton , Encyclop. méthod. — Bloch , pi. CLxx. Tainia. Aristot. lib. 2, cap. i3. — Oppian ,lib. i , p. 5. — Athen. lib. 7 ; p. 325. Ma i8o HISTOIRE sorte à Tinstant son corps très-aloiigé, très- aplati par les côtés, très-souple, très-mobile, se roulant avec facilité autour d'un cylindre, Flamho. Rondelet, première partie ,îiv. 1 1, ch. l6. Seconde espèce de tœnia. lA. ibid. cliap. 17. Tœnia. Oesner, p. 958 , et (germ.) fol. 56, a) Icon. anim. p. 4o4' Tœnia Rondeletii , et tœnia altéra Hondeletii. Aldr. lib. 3 , cap. 5o , p. 569 et 570. — Jonst. p. 25 , tab. 6 , fig. 1 et 2. — Cliarlet Onom. p. 12.G. Tœnia prima Rondeletii. Ray, p. 59. Tœnia ichthyopolis romanis cepole dicta. Willagb* IcLlhyol. p. 1 16. Tœnia altéra Rondeletii. Id. ibid. p. 118. Ruban de mer. Valmoiit de Bomare , Diclionnair» d'histoire naturelle. Flambeau. Id. ibid. Enchelyopus totus pallidè rubens in imo ventre albcscens f etc. Klein, Miss. pisc. 14» p. 5?, n^ 10. 'Nota. Nous croyons devoir prévenir nos lecteurs que lorsque nous citons, dans les différens articles de cette Histoire, les ouvrages dans lesquels le«s auteurs qui nous ont précédés ont traité des mêmes poissons que nous, et les dessins qu'ils nous ont donnés de ces animaux , nous n'entendons garantir en rien l'exactilude de leurs descriptions , ni celle des figures qu'ils o)it publiées; notre but est seulement d'indiquer que leurs planches ou leurs observations se rapportent à telle ou telle des espèces dont nous nous sommes occupés. DES C E P O L E S. 181 frappant Teaa avec vivacité, s'agilant avec vitesse, s^écliappaiit comme l'éclair, faisant briller avec la rapidité de la flamme les teintes rouges qu'anime l'éclat aigenlin d'ua grand nombre de ses écailles, dispaioissant et repaioissant au milieu des eaux comme un feu léger, ou cédmt à tous les mouve- rnens des flots, de la même manière que les flammes ou banderoles qui voltigent sur les sommets des mâts les plus élevés, obéissent à tous les courans de ratmosphére. Les on- dulations, par lesquelles ce cépole exécute et manifeste ses divers mouvemens , sont d'autant plus sensibles, qu'il parvient à une longueur très-considérable, relativement à sa hauteur, et sur-tout à sa largeur : il n'est large que d'un très-petit nombre de lignes, et il a souvent plus d'un mètre (environ trois pieds) de longueur. Le rouge dont ii resplendit colore toutes ses nageoires. Cetfe teinte se marie d'ailleurs à l'argent dont il est, pour ainsi dire, revêtu, tantôt par des nuances insensiblement fondues les unes dans les autres , tantôt par des taches très- vives ; et remarquons que la nourriture ordinaire de ce poisson si richement décoré consiste en crabes et en animaux à coquille. Sa tête est un peu large; son museau M 5 iS2 HISTOIRE arrondi ; sa mâchoire supérieure garnie d'une rangée et sa mâchoire inférieure de deux rangées de dents aiguës et peu serrées les unes contre les autres; la langue petite, large et rude; l'espace qui sépare les yeux très -étroit ; l'ouverture branchiale assez grande ; l'opercule composé d'une seule lauie, et la place qui est entre cet opercule et le museau percée de plusieurs pores j la ligne latérale droite ; la nageoire dorsale trèvS-longue, de même que celle de l'anus; et la caudale pointue (i) (2). Le corps du teenia est si comprimé et par conséquent si étroit, ses tégumens sont si minces, et toutes ses parties si pénétrées d'une substance oléagineuse et visqueuse, que lorsqu'on le regarde contre le jour, il (1) A la membrane des branchies . 6 rayons. A la nageoire du dos 66 A chacune des pectorales. . . . i5 A chacune des thoracines ... 6 A celle de l'anus 60 A celle de la queue lo (2) La cavité du ventre est tapissée d'une peau blanche et brillante ; l'estomac est petit ; le canal intestinal a deux courbures ; le foie est mince et étroit. Bloch a compté soixante-quatorze vertèbres i l'épine du dos. S 1^ N 1 W 1. DES C E P O L E S. i83 paroît très - transparent , et qu'on aperçoit très-facilement une grande portion de son intérieur. Cette conformation et cette abon- dance d'une matière huileuse n'annoncent pas une saveur très-agréable dans les muscles de ce cépole; et en effet on le recherche peu. Il habite dans la Méditerranée, et y préfère, dit-on, le voisinage des côtes va- seuses (i). (i) On se sert du ruban pour appât dans différentes pêches j on le prend à la ligne amorcée avec un ver ou un morceau de crabe. S o n w i n i. M 4 m HISTOIRE LE CÉPOLE SERPENT (t)- LE CEPOLE SERPENTIFORME (i), PAR. L A C É P É D É. SECONDE ESPÈCE. JLiE taenia a le museau arrondi ; le serpen- tifornie Fa pointu. La nageoire caudale du tgenia est pointue ; il paroît que celle du serpentiforme est fourchue. On a donc eu raison de ne pas les rapporter à la même espèce. On a comparé le second de ces cépoles à un serpent; on l'a appelé serpent de mer, serpent rouge, serpent rougeâtre ; et (i) Le cépole serpent. A Marseille , roiid^ Cepola pinnâ caudœ atteniuitâ ; maxillis acutis . . • cepola rubescens. Lin. Syst. iiat. eclil. Ginel. gcn. i56^ 6p. 2. — Ailedi , Gen. pisc. nov. gen. n^ 2. Nota y que Gmelin doute que ce soit une espèce dislinclede la précédente. Sonjni^si. (2) Cepola serpentiforniis. Cepola rubescens. Lin. édit. de Gmelin. Vépvle serpent de mer. Daubenton , Encyc. métli. — DES C E P O L E S. i85 voilà pourquoi nous lui avons ciouné le noiii distinctif de serpenti forme. Sa couleur est d'un rouge plus ou moins pale, avec des bandes transversales, nombreuses, étroites, irrégulières , et un peu tortueuses. L'iris est comme argenté,- les dents sont aiguës; la nageoire du dos et celle de l'anus très- longues et assez basses (i). Le serpenliforme vit dans la Méditerranée , de même que le t93nia. Bonaterre , pi. de l'Encj'^cl. méthod. — Mus. Adoîpli. Frid. 2 , p. 65. Ophidium macrophthalmuni. System, nat. X, i , p. 259. — Brunn. Pi.sc. inassil. p. 28 , 11^ 59. Tœnia serpens ruhescens dicta. Artedi , syn. n5. Serpens inarinus ruhescens, Gesner ( Germ. ) , fol. 47 , h. Autre serpent rouge. Rondelet , première partie , liv. 14 > cbap. 8. Murus alter , sive serpens puhescens Rondeletii. Aidrov. lib. 5 , cap. 28 , p. .367. Tœniœ potiùs spscies censenda. Willugliby , Iclilh. pag. 118. (i) A la nageoire dorsale 69 rayons. A chacune des pectorales . ... i5 A chacune des llioracines. ... 6 A celle de l'anus 62 A celle de la queue la î86 HISTOIRE LE CÉPOLE RAPE (i), LE CÉPOLE TRACHYPTÉRE (i), PAR LACÉPÈDE. TROISIEME ESPÈCE. I^'est dans le golfe Adriatique, et par conséquent dans le grand bassin de la Mé- diterranée, que Ton a vu le trachyptère. II préfère donc les mêmes eaux que les deux autres cépoles dont nous venons de parler. Ses nageoires présentent des aiguillons ou rayons simples, et sont rudes au toucher. Sa ligne latérale est droite, et tracée, pour ainsi dire , par une rangée d'écailies que Ton peut distinguer facilement des autres. (i) Le cépole râpe , le râpe , le sabre , la faux. Cepola capite decliui , maxillâ utràque fornicatâ , pinnis aculeatis serrât is scahris . . . cepola trachyptera. Lin. Sysl. nat. edit. Gmel. geii. i56, sp. 5. — Artedi Gcn. pisc. nov. gen. n" 5, species adhiic duhiœ. S o NN I K I. (2) Cepola trachyptera. Idem, Lio. étlit. de Gradin. DES TJENIOIDES. 187 CINQUANTE-QUATRIÈME GENRE* PAR LACÉPÈDE. LES T^NIOIDES. Une nageoire de Tauus ; les nageoires pec- torales eu forme de disque , et composées d'un grand nombre de rayons; le corps et la queue très-aïongés et comprimés en forme de lame ; le ventre à peu près de la longueur de la tête; les écailles très- petites; les yeux à peine visibles; point de nageoire caudale. ESPÈCE. Le t^nioïde hermannien; tœnioïdes Hermannii. — Trois ou quatre barbillons auprès de l'ouverture de la bouche. 28.^ HISTOIRE LE TiENIOIDE HERMANNIEN (i), PAR^ LACÉPEDE. V_>E poisson, que nous avons dû inscrire dans un genre particulier, n'a encore été décrit dans aucun ouvrage d'iiistoire natii- relie. Nous lui donnons un nom générique qui désigne sa forme très - alongée , sem- blable à celle d'un ruban ou d'une bande- role , et très-voisine de celle des cépoles qui ont été appelés tœnia. Nous le distinguons par l'épithète ô^hermannien , pour donner au savant Herniann de Strasbourg une nou- velle preuve de Festinie des naturalistes ^ et de leur reconnoissance envers un pro- fesseur habile qui concourt chaque jour au progrès des sciences et particulièrement de richthyologie. Ce tcenioïde^ dont les habitudes àolyent ressembler beaucoup à celles des cépoles, puisqu'il se rapproche de ces osseux par le (i) Tœnioïdes Hermannii, DES T^NIOIDES. 189 plus graiid nombre de points de sa confor- mation, et qui doit sur-tout partager leur agilité, leur vitesse, leurs ondulations, leurs évolutions rapides , en diffère cependant par plusieurs traits remarquables. Premièrement, ses yeux sont si petits; qu'on ne peut les distinguer qu'avec beau- coup de peine , et qu'après les avoir cher- chés souvent pendant long-tems , on ne les aperçoit que comme deux petits points noirs; ce qui lui donne un rapport assez important avec les cécilies. Secondement, il n'a point de nageoire caudale ,* et sa queue se termine , comme celle des trichiures, par une pointe très- déliée, près de l'extrémité de laquelle on voit encore s'étendre la longue et très-basse nageoire dorsale , qui part très-près de la tête, et tire son origine de la partie du dos correspondante à l'anus. Troisièmement, la nageoire anale est très- courte. Nous devons ajouter que la tête de l'her- niannien est comme taillée à facettes, dont la figure que nous avons tait graver monti e la forme, les dimensions et la place. La peau de l'animal, dénuée d'écaiiles facilement visibles, 190 HISTOIRE laisse recomioître la position des principaux muscles latéraux ; on voit des points noirs sur les pectorales, ainsi que sur la nageoire de l'anus, et des raies blanchâtres sur la tête,- les barbillons, situés auprès de Fou- verture de la bouche, sont très -courts et un peu inégaux en longueur. DES GOBIES. 191 CINQUANTE - CINQUIÈME GENRE, PAR LACÉPÈDE. LES GOBIES. J_jES deux nageoires thoracines réunies Tune à raotre; deux nageoiies dorsales. PREMIER SOUS-GENRE. D^s nageoires pectorales attachées im- médiatement au corps de l'animal. PREMIÈRE ESPÈCE. Le gobie pectinibostre; gob'ius pecti- nirostris, — Vingt -six rayons à Ja seconde nageoire du dos ; douze aux thoracines ; presque (outes les dents de la mâchoire infé- rieure placées hoiisoatalernent. SECONDE espèce. Le gobte boddaert; gobius boddaert.^^ Vingf-cinq rayons à ia seconde nageoire du dos; trentequa*reaux thoracines; les j ayons de la première nageoire du dos nianienteux; le troisième de oette nageoire dori>ale très- long. iga HISTOIRE TROISIÈME ESPECE.^ Le gobie lancéolé; gobius lanceolatus. ' — Dix- huit rayons à la seconde nageoire du dos; onze aux thoracines; la queue très- longue et terminée par une nageoire dont la forme ressemble à celle d'un fer de lance. QUATRIEME ESPECE. Le GOBIE APH Y E, • ^c»^fw5 apAja. —-Dix- sept rayons à la seconde nageoire du dos \ douze aux thoracines; les yeux très -rap- prochés Tun de l'autre ; des bandes brunes sur les nageoires du dos et de l'anus. CINQUIÈME ESPÈCE. Le gobie paganel ; gobius paganellus: — Dix -sept ra3^ons à la seconde nageoire du dos; douze aux ihoracines; la première dorsale bordée de jaune; la seconde et l'anale pourprées à leur base. SIXIÈME ESPÈCE. Le GOBIE ENSANGLANTÉ; goBius cruen-- tatus. — Seize rayons à la seconde nageoire du dos; douze aux ihoracines; les rayons des nageoires du dos plus élevés que la mem- brane; la bouche, la goige, les opercules et les nageoires tachetés de rouge. s E P T I È ]\I E D E s G O B I E s. 193 SEPTIEME ESPÈCE. Le gobte i tit. 3 , cap. I , a 17. Apua gobites y gobionaria, Charlet. p. i45. Gobionaria. Gaz. Aristot. — Ray , p. 76. Aphie. Valmont de Bomare , Dict. d'hist. nat. Loche de mer. Id. ibid. Foiss, Tome VIL O %ïo MIS T* G I R É de mer, parce qu'il a de grands rappoiis avec te oobite appelé loche de ripière , et dont nous no!is eni retiendrons dans la sinte de cet ouvrage (i) (2). (i) A la première nageoire du dos . G rayons. A la seconde 17 , A ciiacnne des pectorales. ... 18 Aux llioraoines 12 A celle de l'anus 14 A cclîc de la queue i5 (2) « Les aphyes , djit Rondelet , ressemblent aux petits poissons d'eau douce que les français appellent locheSy toutesfois elles sont différentes : car nos loclies ^e mer ont , comme les goujons , le corps rond , et non aplati , les loc]\es d'eau douce aplati et longuet n. {Hist. des- poissons, liv. 7 , cliap. 2 , p. 1 7G. ) - S O IS' N 1 N 1 . DES G O B I E S. ^11 LE P A G A N E L (i). LE G O B I E P A G A N E L (2) , LE GOBIE ENSANGLANTÉ (5) (4) , ET LE GOBIE NOIR -BRUN {5){q, PAR LA CEPE DE. 5^ , 6® ET 7® ESPÈCES. J_JE gobie paganel a été aussi nommé gou- jon ou gobie de mer, parce qu'il vit au milieu des rochers de la Méditerranée. Il (i) Le paganel, de pagajiello , nom que ce poisson porte à Venise. En grec moderne , gohios . En Pro- vence , gohio. Gohius pinnâ caudali dorsalique secundâ basi pur^ purascerite , priori lineâ luteâ terminali . , . , gobius paganellus. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. iSp, sp. 2. Gobius corpore fusco nebuloso , pinnâ dorsali anticâ apice luteâ , ano cirrato. . . gobius paganellus. Bruna. Ichth. inassii. p. 29, n^ 4o* Sonnini. (2) Gobius paganellus , kôthous , kôthounas , kaylinai. Dans plusicnrs contrées de FJtalie ,paganello, Gobius paganellus. Lin. édit. de Gnielin. o 2 2iâ HISTOIRE parvient quelquefois à ]a longueur de vingt- cinq centimètres (neuf pouces environ). Son corps est peu comprimé. Sa couleur géné- rale est d'un blanc plus ou moins mêlé de Gobius lineâ luteâ transversâ ^ ctc, Artedi , gen. 29 , syn. 46. Boulerot , ou gouion de mer. Rondelet , première partie, liv. 6, chap. 16, édition de Lyon , i558. Gobius albus. Belon. — Gesner , p. 593. ' Gobius marinus maximus Jlauescens. Id. ( Germ. ) fol. 6, b, PaganelluSy id qîX ^ gobius major et subflauus. Idem, pag. 597. Gobius marïnus Rondeletil. Aldrovand. lib. i ^ cap. ro , p. 96. Paganellus , seu gobius major ex Gesnero» Idem , ibid. p. 9^. Gobius secundus j paganellus Kenetorum, Willuglib. p. 20-. — Ray , p. 75. Gobius paganellus, Hasselquist , It. 526. Gobie goujon de mer. Ddubenton , Encycl. métb. — Bonaterre , pi. de l'Encycl. méthod. Paganello. Valmont de Bomare, Dictionnaire d'his- toire naturelle. (5) Gobius cruentatus. Idem. Lin. édit. de Gmelin. — Brunn. Fisc, massil, p. 5o , n" 42. Gobie pustuleux. Bonaterre, pi. de l'Encyc. méth. (4) Gobius orerubro-pustulato ,pinnarum dorsalium^ radiis ultra membranam eminentibus gobius cruentatus. Lin. Syst, nat. edit. Gmel. gen. 169, sp. io% S o î4 y 1 M. DES GOBIES. 2i3 jaune, ce qui Ta fait appeler goujon blanc y- et au milieu des nuances duquel on dis- tingue aussi quelquefois des teintes vertes; et voilà pourquoi le nom grec de chloros :^ verdj d'un verd jaune , lui a été donné par plusieurs auteurs anciens. Il a de plus des petites taches noires : sa première nageoire dorsale est d'ailleurs bordée d'un Jaune vif; la seconde et celle de l'anus sont pourprées à leur base. La nageoire de sa queue est presque rectiligne. Il a de petites dents, la; bouche grande, Testomac assez volumineux^ le pylore garni d'appendices; et selon Aris-, tote, il se nourrit d'algues ou de débris de. ces plantes marines. Sa chair est maigre et un peu friable. C'est près des rivages qu'il va déposer ses œufs , comme dans l'en droit où il trouve l'eau la plus tiède , suivant l'expression de Rondelet , raliment le plus abondant , et l'abri le plus sûr contre les (5) Gobilps nigrO'fiL8Cus. Gobius bicolor. Lin; édit. de Gmel. — • Bru un. Fisc, massil. p. 3o , n*^ 4^* Gobie , goujon petit deuil, Bonaterre , planches de l'Encycl. métliod. (6) Gobius fuscus , pinnia omnibus nigris, . . gobius bicolor, liin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. iSg, sp. g, So NN IN !• O 3 qiA HISTOIRE graads ppissQiiSw; Ces œiife spnt plats et fa- ciles à écraser (a), {2). .; ^..j) ^j^ :. . ','ùjyv:>:v.'^ r-b a (,0 A jla, pre mi è re nageoir e ^u^.fjo^^^.^,^ ^, .i:ayo iis. 4 A la seconde ,, \ , 17 , A cljncune des pectorales ... 17 ^*;^Aux 'nioi^iciViés:' !. ^^i' 1 ^-^'V^^.^^vi'"^ «ioè A; ccUc; did la queaieli :ib 'tli; \ "i*=^ôi' > Ji(^) fif .f e^tàt j^^is^èn est uii jdfi ceuî: qtje: p prenois If-fîps fré(].uep^iTi,ent à la ligcie sur Je:s!.>H>chers soli- taires de quelques îles de l'ÀrchipeU sreç. Voici la clescriptïon minutieuse ,d un in^jvidu long de deux pouces dijt' lignes/ leïîé' qlfë||y'Ia ièUbiiye clans les jôuniaux clé mes vôj'àge^. *^ *' -ii'ii''>-l '-'•'■ ii • J^imensions^.'Jjôngaeiir (\tî ]à'1:éVé'y8\i§ii'J- Là pré-i- ' ipière nageoire, du 4os a 6 liifnés 'de .hauteur et 3 de largeur à sa . |)ase ; la seconde,,}^ ^} Vg. d^ rjtaiil c u;^ et 9j de largeur j la nageoire cle; ItL oueue^ 6, Jj^tfle; ;lori-^ gucur sur lés côtes; l'anale, 5 li^'. de liauleur, et y de. largeur; les' nageoires du ventre ,'6. lig. de liaule'urVe^t 2^ |- 'de largeur J^^iïfiiï ^celles deà 'cH^e^ , Ss'^^li^. cle ^a:u^ teur, et 3 de-largeur; La hautenr-dTi-croT|Ts"e5T de'5 îig.^ et la largeur du ventre de 5. I^-^^Mo^-n^o'^u behU d< s mâcHoires;aux yeujsièUcîe^ -j'Iiltii^là/iS^ifjt^htièVb^^ geoire du dos, de lo lignes; aux Hligel>h>e?f'venirales , (lej8^; à l'anus de i5; distance de 4a p^cTi^ïière nageoire du dos à la seconde , 3 lignes ; de celle^^èi'-âià' nagebir'e^ dkï là queuoy 5;|^1ig*>V €t'"d^"i'finalA »• cclfed^'Ia queiài? , 6 li-^UfSi ''-'i .iii/ .'ji'.i^ ..ièî., .;■, ; ..Icy . .['J .> :>-'-:^ Aucun auieur n'4 donné une description plus cxacle du paganel éi^e W^illagliby ( Ilist. pisc. lib. 4 .cap. lo; DES G OBI ES. 2i5 ranée, comme le pagauel, auquel il res- semble beaucoup : mais. Ie3 rayons de ses deux nageoires dorsales sont plus élevés que les membr.anes. D'ailleurs. sa bouche,, ses opercules, sa gorge, et! plusieurs de ses nageoire^ présentent des tacheis duc rouge couleur de sang , qui le foot paroilre pus^ luleux. Sa couleur générale lest. d'un hlano pâle 5 avec des bandes traiisver^sia les* biTines,' on trouve q^elqvies bandelettes noires sût la nageoire de 1^ queue, qui ;est arrondiil^ les thoracines soni bleuâtres. Ce poisson-a été très^bien décrit par le naturaliste j3rU)ii- nich (i).. . . . :- ^ p, 207, avec une bonne figure , lab: 12", h'*'4) ;'^e ne la répéterai point.* 1\ me suffira seulement de remar- quer, 1^ que la nageoife de la" que'iié'esl' îegere"ment évidée dans son milieu , les rayons du centre ayant une ligne de moins en longueur que les latéraux j 2° que les rayons des deux nageoires du dos et de l'anale dépassent la membrane qui les unit de la moitié de leur longueur. Sonnini. (i) A la membrane branchiale . . 5 raji^ons. A la première nageoire du dos . 6 A la seconde 16 A chacune des pectorales .... 19 Aux Ihoracines 12 A celle de l'anus i5 A celle de )a queue i5 O 4 2t6 histoire Le nom du noir -brun indique ses cou- leurs distinctives. Il n'offre que deux teintes principales; il est brun, et toutes ses na- geoires sont noiies. Ses formes ressemblent beaucoup à celles de fensanglauté, et par conséquent à celles du paganel. Il habite les mêmes mers que ces deux gobies,- et c'est au savant cité dans la phrase précé- dente que fon en doit la connoissance. Il n'a guère qu'un décimètre (trois pouces et demi environ) de longueur (i). ■Il ' ' ■ ' ■ I ■ (i) A la première nageoire du dos . 6 rayons, A Ja seconde i6 A chacune des pectorales .... 19 Aux thoraciues , 12 A celle de l'anus i5 A celle de la queuo 17 D E s G O B I E s. 217 LE BOULEROT (1). LE GOBIE BOULEROT (2); PAR LACÉPÉDE. HUITIEME ESPÈCE. Voyez la planche XXXI , fig, 2. JLi E boulerot a été nommé gobie ou goujon noir, parce que sur son dos de couleur cendrée ou blanchâtre s'étendent des bandes transversales très -brunes, et que d'ailleurs » ■ ■ ■ ■ .11 m i^i) Le boulerot y nom de ce poisson en Languedoc. En grec, tragos et gobios mêlas. En grec moderne , kouviou. En latin ,^oèîMs niger. En allemand, hukling, schwarzer-gob , meer-gob. En danois , hutting^ schmeeV' hutting. En hollandais , gouecken, A Rome , zolero et missori. Gobius è nigricante varius , pinnâ dorsi secundâ ossiculormn quatuordecim. Lin. Mus. Ad. Fr. i,p. 74» Gobius pinnâ dorsali secundâ radiis quatuorde- cim gobius niger. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. 159 , sp. 1. SoNKiNi. (2) Gobius boulerot , boulereau, Dans plusieurs con-î 2i8 H I S TOI R E " il est parsemé de taches dont quelques-unes trées de ritalie,,^o.j g^S^^ y zolerp. En Angleterre, sea-guâgeoii ,' rock-fish. — Tragos. Gohie houlereau, Diubenloti , Encycl. méthod. — « Bonaterre , pî. de l'Encycl. métliod. -Qobius nfg?r. Lin. èditi de Gmelin. — Mus. Ado^p, Prid. I , p. 74 ; et 2 , p. 64. — Miill. Prodrom. zoolog. danic. p. 44 » ^° 564* < Gobius è nigricante varias , etc. Artedi , gen. 28 y syn. 46, ) ,; q ^ Kôbios. Aristot. lib. 2 , cap. 17 ; lib. 6 , cap. i3; lib. 8, cap. 2>y i5 ,ii9^ et. lib. ^y c^pvV, 57. — yElian, lib. 2, cap. 5o. — Aiben. lib. 7, c. 59. — Oppian, lib. .1 , p..7,-, et;lib. 2",,p. 46. ^i^- i: J; Gohio.'PXm. lib^ 9, cap., 57. 7— Çolumell. lib. 8, cap. 17., — j.uyenaj. Satyr. 1 1 , 4» Gobio inàrinus. Salvian. fol. 214 > b. Gôbr'v fnarinas niger. Belon , Aquat; p. 255. — Gesner j p.- 395y 095 , 4% ? ^^ (Germ.) fol. 6 , è. _ BoyLler.ot n.oir^ Rondelet, première pjirtie , lib.. 6 , ctiap.,Ti7,. — ALl^TOvand.Jib. j, cap. 20 , p, 97. ■ — ■J^yillughbyj,,p.,2,'0^., ' Gobius maritius niger. Kay, p. 76. Gobius y v^Xgohio niger. SchowGY.^.'^^. Gobius j gobio , et cobio marinas. Cîiarlet. i55. u!^pocryptescantoriensis, Q.sbeek , It. i5i'« -^ Blocli , pi. x2f:x;Yui , (îg. r,,^ , 5. ., ' J ^E.leafri£i^apite_pla^iqpJct^éfo,.ifi^ çpgualibus ,eU. Gronov. Mus. îi , P..17 , n'^iTo ^Zoopli.p. 82 , n^ 280., Gobio branchiarum operci^l,i%ft veuirfijjlai^icaniibus. Gobius. Scha. , Mus. 5 , tab. 29. DE s G O B I ES. 219 sont blanches ou jaunes, mais dont le plus grand nombre est ordinairenient d'un noir plus ou moins foncé. On voit des teinteS; jaunâtres sur la partie inférieure et sur ses opercules. Sa longueur est communément de deux décimètres (sept pouces environ); Ses deux mâchoires, auséi avancées l'une que l'autre , sont armées chacune de deux rangs de petites dénis; sa langue est un peu mobile; ses écailles sont dures. Ses nageoires thoracines (1), colorées et réunies de ma-^ jQière à présenter à certains 3"eux une res- semblance vague avec une 'èofïe de b'àrbé noire , lui ont fait donner le nom dé bnuc ^ en grec tragos. jy evnère IVtv^^ rP^^^oît, irine petite appendice analogue. à, ^CQi le que nous avuns rem Jirqtiéo ou que nows remaïquerohs dans un grand nombre d'espèces- de gobies. Sa nageoire caudale esft arrondie j et quel- quefois cet instrument de natation qt toutes les au ires nageon es sont bleus (;2,). ,' ^.-, ^ •.: . . n '.; rt. .... ^....\ \.-nr.'. : ^"^ (i) A la première nageoire du dps ,j 6 rayons, r A la seconde , 14 A chacune des pectorales ^ ,,, . •>. .,i8î < : ' , A chacune des thoracines. ,^,^^>,, .,,-, ijO '^ A celle de l'anus ........ 12 A celle de La-queue . .- . -.;•;. ,\A:,.:i ' c (2) Suivant les obscrv^lions du docteur- Bloch ,1 220 HISTOIRE Le boulerot se trouve non seulement dans — ■ Testomac du boulerot est court et oMoiig ; le canal intestinal a deux sinuosités; le foie est grand, en forme de cœur et divisé en deux lobes; la rate est épaisse , longue et pointue en haut et en bas ; la vési- cule aérienne , qui est placée le long du dos , est large vers l'estomac et étroite en bas; la laite et l'ovaire sont doubles et placés des deux côtés de la vésicule a*air ; les reins sont longs et situés sur le derrière vers l'épine du dos, (Hist. nat. des poissons, gen. 25 , article du boulereau ou bouillerot. ) Voici la description que j'ai faite en Grèce d'un boulerot, à l'instant où je le tirai de l'eau. C'étoit un mâle; il avoit sept pouces de longueur totale, et un pouce deux lignes de hauteur, prise en ligne droite de la base de la première nageoire du dos à celle du ventre. I^s autres dimensions sont : longueur de la tête, ai lignes; hauteur de la première nageoire du dos, 9 \ lignes, et la largeur à sa base , i pouce ; hauteur de la seconde nageoire du dos , 9 ^ lignes , et sa lar- geur , 19 lignes ; longueur de la nageoire de la queue , 1 pouce ; hauteur de Panale, 7 lignes , et sa largeur , 1 pouce ; hauteur de la nageoire du ventre à sa partie postérieure, 11 lignes, et en devant, 3 ^ lignes; lon- gueur des nageoires des ouïes, 14 lignes, et leur lar- geur à la base , 8 lignes. Distance du bout des mâ- choires à la première nageoire du dos , 2 pouces I ligne ; à celle du ventre , i pouce lO lignes ; à l'anus, 5 I lignes ; aux yeux , 6 lignes. Distance de la pre- mière nageoire du. dos à la seconde , 4 lignes j de U D E s G O B I E s. 22ià rocéan Atlantique boréal , mais encore dans seconde nageoire du dos à celle de la queue , 8 lignes j enfin de celle-ci à l'anale , i pouce. La têle est large, aplatie en dessus et renflée sur le« côtés j les mâchoires sont larges et arrondies à leur bout ; rinférieure est un peu moins longue que la supérieure ; elles sont intérieurement armées d'un rang de petites dents aiguës, légèrement recourbées en arrière , bien séparées les unes des autres , plus longues sur le devant que sur les côtés des mâchoires et en haut qu'en bas; derrière cejrang de dents, il y en a une infinité de plus petites et de très-fines qui occupent toute la largeur de la mâchoire; l'on en voit encore d'autres fort aiguës dans l'intérieur de la gorge. Ce n'est donc pas seulement une double rangée de dents qui garnit les mâchoires du boulerot , ainsi que Willughby , d'autres natui;alistes , et Lacé- pède lui-même l'ont prétendu. Les lèvres sont trés-épaisses; la bouche est grande, ^relativement à la grosseur du corps , et la langue est iarge , épaisse , assez grande et arrondie à son bout. Les yeux, petits et placés à l'extrémité supérieure des côtés de la tête , regardent en haut. Depuis les yeux jusqu'à l'ouverture des ouïes, l'on remarqu© «ne rainure profonde et large , et depuis l'origine dd la première nageoire du dos jusques vers le bout d« la mâchoire supérieure , une ligne droite enfoncée. A leur insertion avec la tête , le dos et le ventre sont larges , mais ils diminuent sensiblement jusqu'à la queue. Le corps est arrondi , alongé et couvert d© petites écailles tiSîs-serrées , qui ne l'empêchent pa^ i23 H I S T O I RE' plusieurs mers de FAsie (i). Vers le tems du d'être mou et glissant; l'anus est placé au milieu clé la longueur du corps. Les rayons des nageoires sont àtissi Irès-mous et flexibles; celle de la queue ?st longue et arrondie. J'ai trouvé quinze rayons à la seconde nageoire 6u dos /treize à l'anale , d'ix-liuit aux nageoires des ouïes, dix à celle du ventre et quatorze à celle de la qUeue. Dans la première nageoire du dos , le secontî rayon est le plus long, et le dernier le plus court; celui-ci' est plus éloigné du pénultième que les autres ne le sont entre eux, et également éloigné de l'extrémité de la membrane qui les unit. Les rayons de la seconde nageoire du dos ont une longueur à peu près égale et la moine que celle du second rayon de la première nageoire. A la nageoire anale , le premier rayon est le plus court; les autres ont une longueur presque uniforme. Les nageoires des ouïes sont larges, arron- dies à leur extrémité et formées par une membrane épaisse et glissante. La nageoire du ventre est circu- laire , et quand on l'éîend elle prend la forme de la coquille connue sous le nom de Icpas ou patelle ^ dont la circonférence antérieure seroil beaucoup moins élevée que la postérieure; quand elle est dans l'état de repos et collée sur le ventre , elle représente assez bien un p'.îg7i<^ on coquille de Saint-Jacques. Je n'ai point aperçu de ligne latérale. Sur la tête un arc jaune et large, dont la convexité regarde le bout des mâchoires , passe derrière les yeux. Le dessus de la tète, ainsi que la moitié anté- rieure du dos et des côtés du corps, sont d'un noiiâlre D E S GO B I E S. 223 frai, il se rapproche des rivages et clés em- bouchures des fleuves. Il vit aussi dans lèÛ nuancé de gris; les cotes rîc la tête sont variés de gris, de brun et de jaunâtre; la lèvre supérieure, noirâtre sur ses côtés , a de petits points. jaunes sur le fond gris de son milieu ; l'inférieure est enlièrement grise et pointillée de fauve clair. Le reste des côtés du corps est brun jaunâtre avec des ombres d'un olivâtre foncé, lesquelles forment des bandes trans- versales ; le dessous de la tête est blanchâtre et poin- tillé de jaune clair ; le ventre, est blanc. Les yeux sont bruns avec quelques taches rouges et d'autrea dorées. Les nageoires du dos sont comme marbrées de gris, de biun , de rougeâtre , de jaune et de violet légei ; mais toutes ces couleurs ont fort peu de vivacité. La moitié de la nageoire de la queue est grise et variée de rouge vif et d'un peu de brun ; le reste est jaunâtre avec des raies transversales à festons de violet foible. Les nageoires anale et ventrale sont grises ; la première rayée transversalement, les autres variées de jaune pâle ; celles des ouïes sont d'un jaune plus foncé à leur extrémité que vers leur base, et poinlillées de blanc. S ONN IM. (i) J'ai vu ces poissons fort communs dans la mer de l'Archipel du Levant ; j'en prenois fréquemment à la ligne entre les rochers des îles ; j'ai trouvé leurs intestins remplis pour l'ordinaire de débris de très- petits poissons , d'insectes aquatiques et de vase. Le boulerut fraie aux mois de mai et de juin; il dépose ses œufs sur les pierres. Sonisini. 224 HISTOIRE étangs vaseux qui reçoivent l'eau salée de la mer; et lorsqu'on l'y pêche , il n'est pas rare de le trouver, dans le filet, couvert d'une boue noire qui n'a pas peu contribué à lui faire appliquer le nom de goujon noir. Sa chair n'est pas désagréable au goût : ce- pendant Juvénal et Martial nous apprennent que sous les premiers empereurs de Rome j et dans le tems du plus grand luxe de cettà capitale du monde , il ne paroissoit guère sur la table du rictiê et de l'homme somp- tueux (i). ■ (i) On compare avec assez de justesse le goût de la chair du Iwuleiot à celui de la perche, S ON M NI. LE D E s G O B I E s. 225 LE GOBIE BOSC (i) ;^ PAR L A C É P È D E. NEUVIÈME ESPÈCE. JVloN confrère Bosc a bien voulu me com- muniquer la description de ce poisson, qu'il a vu dans la baie de Çharlestown de TAmé- rique septentrionale. Ce gobie a la tête plus large que le corps ; les deux mâchoires également avancées; les dents très-petites; les yeux proéminens; les orifices des narines saillans; Fopercule bran- chial terminé en angle, et les quatre pre- miers rayons de la première nageoire dor- sale prolongés chacun par un filament délié. Il paroit sans écailles. Sa couleur géné- rale est grise et pointillée de brun. Sept bandes transversales irrégulières , et d'une nuance plus pâle que le gris dont nous venons de parler, régnent sur les côtés ^ (i) Gohius hosc. Gobius alepidoptus , corpore nudo . griseo , fasciis septem palliais, Bosc, manuscrit déjà cité. Poiss. Tome VIL P 326 HISTOIRE et s'étendent sur les nageoires du dos , quî d'ailleurs sont brunes, comme les autres nageoires (i). On ne distingue pas de ligne latérale. Le gobie bosc ne paroît parvenir qu'à de très-petites dimensions : l'individu décrit par mon savant confrère avoit cinquante-quatre millimètres (environ deux pouces) de long, et treize millimètres (un peu plus de six lignes) de large. On ne mange point de ce gobie. «i^ii- ' ' '' (i) A la première nageoire dorsale. . 7 rayons. A la seconde 14 A chacune des pectorales 18 Aux thoracines 8 A celle de l'anus 10 A celle de la queue, qui est lancéolée i8 D E s G O B I E s. 227 LE GOUJON ARABE (1). LE J O Z O (2). LE GOBIE ARABIQUE (3), ET LE GOBIE JOZO (4), PAR LACÉPÈDE. 10® ET 11® ESPECES. PL XXXI , fig, 3. X:*oRSK(EL a découvert Farabique dans la contrée de FAsie indiquée par cette épi- {i) Le goujon arabe. En arabe , koschar eddjin , nom que porte également, sur les côtes de l'Yemen, le blenne gattorugine. Gobius cute mollissimâ , equamulis adnatis , pinnis dors'i primis radiis quinque ^ poster ior'ibus eminentibus, filiformibus gobius anguillarifi. Forskœl , Faun. ^gypt. Arabie, p. 25, n° 5. — Artedi , Gen. pisc. gen. 22 , n" \^, additament. Gobius pinnœ dorsalis primœ radiis quinque poste- rioribus filo rubro terminatis membranâ duplo Ion," giore. . . gobius arahicus. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. i59 , sp. ii, Sonî^iî^i. P 3 â28 HISTOIRE tlîèle. Les cinq premiers ra3/^ons de la pre- mière nageoire du dos de ce gobie sont deux fois plus longs que ia membrane de (2) Jozo , nom sous lequel ce poisson est connu à Rome. Quelquefois en français , goujon blanc. Gobiiis ossiculis pinnœ dorsalis primœ prœaltis seti- forinihus gohius albescens. Gronov. lacis infrà cita ils. Gobius radiis dorsalibus eminentibus setaceis . , * , gobius jozo. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. 169, sp. 5. S o N N I N I. (3y Gobius arabicus. Idem. Lin. édit. de Gmelin. — Forsk. Faun. Arab, p. 25 , n° 5. Gobie , goujon arabe. Bonaterre, pi. de l'Enc. mélb, (4) Gobius jozo , gobius albescens ^ gobius flavescens, Gobius jozo. Lin. édit. de Gmelin. Gobie goujon blanc. Daubenton , Encycl. métli. •— .Bonaterre , pi. de l'Encyc. métîi. - — Mus. Ad. Frid. 2, p. 65. — Miill. Prodrom. zool. Danic. p. 44 j 1^** 565. Gobius .... ossiculis pinnœ dorsalis suprà membra- nam assurgentibus. Artedi , gen. 29, syn. 47» Kohios leykos. Arist. lib. 9, cap. 57. Kobios leyhoteros, Atlien. lib. 7 , p. ^og. Boulerot blanc. Rondelet , première partie , liv. 6, chap. 18. ( La figure est extrêmement défectueuse.) Goujon blanc. Id. ibid. Gobius albus. Gesner, Aquat. p. 396^ et ( Germ. ) fol. G,b. Gobius albus Rondeletii. Aldrov.lib. i, cap. 20, p. 97. Gobius tertiiis , jozo Roniœ , Sulyiani ^ forte gobius DES GOBIES. 2i() cette nageoire D'est haute. Il n'est que de la longueur du petit doigt de la main; mais sa parure est très-agréable. L'extrémité des rayons dont nous venons de parler est rouge : la couleur générale de l'animal est d'un brun verdàtre, relevé et diversifié par un grand nombre de points bleus et de taches violettes , dont plusieurs se réunis- sent les unes aux autres , et qui paroissent principalement sur toutes les nageoires. On devine aisément Teffet doux et gracieux que produit ce mélange de rouge, de verd, de bleu et de violet , d'autant mieux fon- dus les uns dans les autres , que plusieurs reflets en multiplient les nuances (i). La albus Rcndeletii. Willnghby, Ichthyol. p. 207 , N 12 , n*^ 4. — Ray, p. 76 , n<^ 2. Jozo. Salvian. fol. 2 i5 , «. ad Iconem. Gobius albescens. Gronov. Mus. 2 , p. 25 , n^ 176 , Zooph. p. 81 , n"^ 275. — Blocîi , pi. cvii , fîg. 5. Gobio radiis in anteriore dorsi pinna , suprà mem- hranas conuectentes altïîis assurgentibus. Klein , Miss, pisc. 5 , p. 27 , n^ 3. (1) A la première nageoire dorsale. 6 rayons.. A la seconde 14 A cliacune des pectorales . ... j6 Aux thoracines 12 A celle de l'anus i3 A celle de la queue 17 p 3 2Zo HISTOIRE peau de Farabique est molle, et recouvei*te de petites écailles fortement attachées. La nageoire de sa queue est pointue. Nous plaçons dans cet article ce que nous avons à dire du jozo , parce qu'il a beau- coup de rapports avec le gobie dont nous venons de parler. Presque tous les rayons de sa première nageoire dorsale sont plus élevés que la membrane. Sa tête est com- primée, ses deux mâchoires sont également avancées; sa ligne latérale s'étend, sans s'élever ni s'abaisser, à une distance à peu près égale de son dos et de son ventre. Cette ligne est d'ailleurs noirâtre. L'animal est en général blanc ou blanchâtre , avec du brun dans sa partie supérieure; ses na- geoires thoracines sont bleues ( i ). On le trouve non seulement dans la Méditerranée, mais dans l'océan Atlantique boréal (2) : il y vit auprès des rivages de l'Europe , y dépose ses œufs dcuis les endroits dont le fond est sablonneux,* et quoique sa longueur ordinaire ne soit que de deux décimètres (1) La ligne latérale est noirâtre; la prunelle de l'œil noire, et l'iiis blanc. iSo^j^îiNi. (2) Il n'est pas rare dans la mer Baltique. So NW 1 1^ 1. D E s G O B I E s. 25i ( sept pouces environ ) ,* il se nourrit , dit- on , de crabes et de poissons , à Ja vérité très - jeunes et très - petits. Sa chair , peu agréable au goût , ne l'expose pas à être très - recherché par les pécheurs ; mais il est fréquemment la proie de grands pois- sons, et notamment de plusieurs gades (i). (i) A la première nageoire dorsale. 6 rayons. A la seconde . 14 A chacune des pectorales^ ... 16 Aux thoracines 12 A celle, de l'anus 14 A celle de la queue > i6 22^2 HISTOIRE LE GOBIE BLEU (i), PAR LACÉPÊDE. DOUZIÈME ESPÈCE, V> E T T E espèce est encore inconnue des naturalistes : elle a été décrite par Com- ïiierson. Sa couleur est remarquable : elle est d'un bleu très -beau , un peu plus clair sur la partie inférieure de l'animal que sur la supérieure; cet azur règne sur towtes ]es parties du poisson , excepté sur la nageoire de la queue, qui est rouge, avec une bor- dure noire; et comme ce gobie a tout au plus un décimètre ou à peu près de lon- gueur ( trois pouces et demi environ ), on croij'oit, lorsqu'il nage au milieu d'une eau calme , limpide , et très - éclairée par les rayons du soleil , voir flotter un canon de saphir terminé par une escarboucle. 11 habite dans la mer qui baigne l'Afrique (i) Goblus cœruleus, Gohio cœruleus ; caudâ ruhrâ , nigro circumscripiâ. Cooimerson , Manuscrits Jéjà cités. D E s G O B I E s. 253 orientale , à l'emboacliure des fleuves de Yile de la Réunion, où la petitesse de ses dimensions , que nous venons d'indiquer , fait que les nègres même dédaignent de s'en nourrir, et ne s'en servent que comme d'appât pour prendre de plus grands pois- sons. Le bleu a le museau obtus; la mâchoire inférieure garnie de dents aiguës et moins menues que celles de la supéiieure ; les yeux ronds, saillans, et plus éloignés l'un de l'autre que sur beaucoup d'autres go- bies ; la première nageoire du dos triangu- laire, et composée de rayons qui se pro- longent par des filamens au dessus de la membrane ; la seconde nageoire dorsale ter- minée par un rayon deux fois plus long que les autres ; Fanus à une distance presque égale de la gorge et de la nageoire caudale, qui est arrondie (i), et les écailles petites et rudes. (i) A la membrane des branchies . . 4 rayons. A la première dorsale 6 A la seconde 12 A chacune des pectorales. ... 20 Aux thoracines 13 A celle de l'anus 12 A celle de la queue j4 254 HISTOIRE LE GOBIE PLUMIER (i)(2), PAR LACÉPEDE. TREIZIÈME ESPECE. J_jE docteur Bloch a décrit ce gobie d'après des peintures sur yélin dues aux soins du voyageur Plumier. Le muséum d'histoire naturelle possède de^ peintures analogues, dues également au zèle éclairé de ce der- nier naturaliste. Nous avons trouvé parmi ces peintures du muséum Timage du poisson nommé , avec raison , gobie plumier. Cet animal, qui habite dans les Antilles, est aîongé, mais charnu, très-fécond, d'une ( I ) Gohius plumier, Gobius Pluinieri. Lin. édit. de Gmelin. — Bloch/ pi. CI.XXV111 , fig. 3. Gobie céphale. Bonaterre , pi. de l'Enc. méth. (2) Le père Plumier donne à ce poisson le nom de sucet , vraisemblablement sous la fausse opinion que l'animal peut s'attacher à différentes substances avec ses nageoires ventrales. Gobius maxillà superiore prominente gobius Pluniieri, Lin. Syst. nat. edit. Gmcî. gen. 169 , sp. 21. S O N N I N I. D E s G O B I E s. 235 saveur agréable, et susceptible de recevoir promptement la cuissou convenable. Les écailles dont il est revêtu sont petites, et peintes de très - riches couleurs. Sa partie supérieure brille d'un jaune foncé ou de Téclat de For; ses côtés sont d'un jaune clair ; sa parlie inférieure est blanche ; et toutes les nageoires ( i ) sont d'un beau jaune , relevé très - souvent par une bor- dure noire sur celles de la queue et de la poilrine. Quelques autres nuances font quelquefois ressortir sur diverses parties du corps les teintes que nous venons d'in- diquer. La tête est grande ; le bord de lèvres charnu ; l'ouverture branchiale étendue ; l'opercule composé d'une seule lame ; la mâchoire supérieui e beaucoup plus avan- cée que l'inférieure ; la ligne latérale droite ; la nageoire caudale arrondie , et l'anus situé vers le milieu de la longueur du corps. (i) A la première nageoire du dos . 6 rayon». A la seconde I2 A cîiacurîe des pectorales . ... 12 A cliacniie des ihoracines. . . • 6 A celle de l'anus 10 A celle de la queue i4 256 HISTOIRE LE GOBIE ÉLÉOTRE (i)(2), E T LE GOBIE NÉBULEUX (3)(4), PAR LACÉPÉDE. 14^ E T l5® ESPECES. Xj E S eaux de la Chine nourrissent Téléo- tie, dont la couleur générale est blanchâtre; (i) Gohiiis eleotris. Idem. Lin. édit. de Gmelin, Gobie éléolre, Daubenlon , Enoyc. méth. — 13ona- terre , p!. de l'Encyc*. mélh. — Lagerstr. Chin. 28. Gohiiis chlnensis. Osbeck , It. 260. TracJiinus . . . pinnis uentralibus coadunatis, Amasn. acad. I , p. 5i I. Gohius alhcscens , pinnis utrisqua dorsalihus aliiiu-* dine œqualibus. Gronov. Zooph. 276. (2) Gobius pinnâ anall radiis novem. . . . gobius eleotris.JJn. Syst. riat. edit. Gmel. gen. 119, sp. 3. — Ar.'(di , Gen. pisc. gen. 25, u® 6. addit. Sonmni. (3) Gobius nebulosus. ïdem. Lin. édit. de Gmelin. — Forskoel , Faun. Arab. p. 24 » n*^ 6. Gobie nébuleux, Bonaterre, pi. de l'Encyc. méUi. (4 ' En arabe , hout eddjinn. Gobius squamis asperis , fasco-nebulosis : pinnœ D E s G O B I E s. 237 la seconde nageoire du dos aussi élevée que la première, et celle de la queue arrondie. Le corps est couvert d'écaillés larges , ar- rondies et lisses ; et l'on voit une tache violette sur le dos, auprès des opercules (1). Le nébuleux a été découvert en Arabie par le danois Foiskœl (2). A peine sa lon- gueur égale-t-elle un décimètre ( environ trois pouces et demi ). Ses écailles sont grandes, rudes, et en losanges. La nageoire de la queue est arrondie; et voici la dis- dor salis primœ radio secundo filo Ion go nigro gobius nehulosus, Forskœl , Faun. j^Egypt. Arab, p. 24, n° 6. î :^ Gobius pinnœ dorsalis primœ radio secundo fdo membranâ duplo longiore nigro terminaCo , , . . gobius nebulosus. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. 169 , sp. 12. — Aitedi , Gen. pisc. gen. 25 , n° i4- additament. S o N N IN 1. (i) A la membrane des branchies de l'éléotre 5 rayons. A la première nageoire du dos . 6 A la seconde il A chacune des pectorales .... 20 Aux ihoracines 12 A celle de l'anus jo A celle de la queue ...... i5 (2) C'e.«l à Dsjidda , sur les bords de la mer Rouge , que Forskœl a observé cette espèce. S o n n 1 h 1. 238 HISTOIRE tribution des couleurs dont ce gobie est peint (i). Sa partie inférieure est d'un blanc sans tache ; la supérieure est blanchâtre , avec des taches brunes , irrégulières et comme nuageuses , que Ton voit aussi sur la base des nageoires pectorales , lesquelles sont d'ailleurs d'un verd de mer , et sur les dorsales , ainsi que sur la nageoire de la queue. Cette dernière , les dorsales et l'anale sont transparentes ; l'anale est , de plus , bordée de noir , les thoracines présentent une teinte brunâtre ; et un filament noir et très-long termine le second layon de la première nageoire du dos (2). (i) A la membrane branchiale du nébuleux 7 rayons. A la première nageoire du dos . 6 A la seconde 11 A chacune des pectorales. ... 18 Aux thoracines 12 A celle de l'anus ....... 1 1 A celle de la queue i4 (2) La prunelle de l'oeil est bleuâtre , et l'iris de couleur blanchâtre. S o n n 1 n i. D E s G O B 1 E s. £09 LE GOBIE AWAOU (i)(2), PAR LACÉPÈDE. SEIZIÈME ESPÈCE. C^'est dans les ruisseaux d'eau douce qui arrosent la fameuse île de Taïti , au milieu du grand océan Equinoxial (3), que Ton a découvert ce gobie. Mon confrère Thabile ichthyologisle Broussonnet Fa vu dans la collection du célèbre Banks, et en a publie une belle figure et une très -bonne des- cription. Cet awaou a le corps comprimé et alongéj des écailles ciliées ou frangées; (i) Gobiiis awaou. Broussonnet, Ichthyol. dec. i , n*' 2 , tab. 2. Gohius ocelLaris. Lin. édit. de Gmelin. Gobie awaou. Bonaterre , pi. de l'Encyc. métb. (2) Par les insulaires de Taïti, awaou j selon le docteur Solander. Gobius maxillâ superiore longiore ^ pinnâ dorsali prima ocellatâ sexradiatâ gobius ocellaris. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen, lôg , sp. 22. — Artedi , Gen. pisc. gen. 23 , n^ 11. additament. Sonnini. (5) Nous employons avec empressement les .^déno- minations de rcxcellente et nouvelle nomenclature hydrographique , présentée le 22 floréal an 7 , à l'Ins- titut de France , par mon savant et respectable confrère Fleurieu. 240 HISTOIRE la tête petite et un peu creusée en gout- tière par dessus ; la mâchoire (JCen haut plus avancée que l'inférieure , et hérisée de dents inégales ; la mâchoire d'en bas garnie de dents plus petites; plusieurs au- tres dents menues, aiguës et pressées dans le fond de la gueule au dessus et au dessous du gosier; la ligne latérale droite, et l'anus situé vers le milieu de la longueur de l'ani- ïnal, et suivi d'une appendice conique. Nous n'avons plus qu'à faire connoitre les cou- leurs de ce gobie. Son ventre est d'un yerd de mer ; des teintes obscures et nuageuses, noires et oli- vâtres vsont répandues sur son dos ; une nuance verdâtre distingue les nageoires de la queue et de l'anus; des bandes de la même couleur et d'autres bandes brunes se montrent quelquefois sur leurs rayons et sur ceux de la seconde nageoire du dos (i), (i) A la membrane des brancîiies . 5 rayons. A la première nageoire du dos . 6 A la seconde du dos ii A chacune des pectorales .... l6 A chacune des thoracines .... 6 A celle de l'anus I r A celle de la queue , qui est très- arrondie . . , . ^2 les DES GOBIES. 241 les pectorales et les thoracines sont noi- râti'es; et au milieu de toutes ces teintes sombres on remarque aisément une tache noire 5 assez grande, œiilée, et placée près du bord postérieur de la première dor- sale (1). (1) On trouve l'awaou dans les ruisseaux d'eau douce de l'île de Taïti. Sonnini. Poiss, Tome VIL 242 HISTOIRE LE GOBIE NOIR (i), PAR LACÉPÈDE. DIX-SEPTIEME ESPECE. Kj E gobie , dont nous avons vu la descrip- tion dans les manuscrits de Commerson , que Buifon nous a remis il y a plus de douze ans, est à peu près de la taille d'un grand nombre de poissons de sou genre. Sa longueur n'égale pas deux décimètres ( sept pouces environ), et sa largeur est de trois ou quatre centimètres (treize à dix -huit lignes environ ). Il présente sur toutes les parties de son corps une couleur noire, que quelques reflets bleuâtres ou verdâtres ne font paroître que plus foncée, et qui ne s'éclaircit un peu et ne tend vers une teinte blanchâtre, ou plutôt livide, que sur une poition de son ventre. Les écailles qui le revêtent sont très-petites, mais relevées par une arête longitudinale ; sa tête paroît (i) Gobius niger. Gobio totus nigp.r , radiis pinnœ do rsi prions sex , posteriore remotlssimo , villo notahili ad anum. Ma- nuscrits de Commerson, déjà cités. D E s G O B I E s. 245 comme gonflée des deux côtés. Sa mâchoire supérieure, susceptible de mouvemeus d'ex- tensioii et de contraction, dépasse et em- brasse l'inférieure ; on les croiroit toutes les deux garnies de petits grains plutôt que do véritables dents. La langue est courte, et attachée dans presque tout son contour. L'intervalle qui sépare les yeux l'un de l'autre est à peine égal au diamètre de l'un de ces organes. Cummerson a remarqué avec attention deux tubercules piacés à la base de la membrane branchiale , et qu'on ne pouvoit voir qu'en soulevant l'opercule. Il a vu aussi au delà de l'ouvertuie de lanus, laquelle est à une distance presque égale de la gorge et de la nageoire de la queue, une appendice semblable à celle que nous avons indiquée en décrivant plusieurs autres gobies, et qu'il a comparée à un bar- billon ou petit filament (1). (i) A la membrane des branchies . 4 rayons. A la première nageoire du dos. . 6 A la seconde 1 1 A chacune des pectorales . ... i5 Aux thoracines lo A celle de l'anus n A celle delà queue, qui est un peu arrondie 1 5 Q a 244 HISTOIRE Le gobie noir habite dans la portion du grand Océan , nommée , par notre confrère Fleurieu, grand golfe des Indes (i). Il s'y tient à l'embouchure des petites rivières qui se déchargent dans la mer : il préfère celles dont le fond est vaseux. Sa chair est d'une saveur très - agréable , et d'ailleurs d'une qualité si saine, qu'on ne balance pas à la donner pour nourriture aux conva- lescens et aux malades que Ton ne réduit pas à une diète rigoureuse. (i) Nouvelle nomenclature liydrographiijue ; déjà citée. D E s G O B I E s. 245 LA TÊTE DE LIÈVRE (1). LE GOBIE LAGOCEPHALE (2), LE GOBIE MENU (5)(4), ET LE GOBIE CYPRINOIDE (5) (6), PAR L A C É P È D E. 18®, lif ET 20® ESPÈCES. Xje lagocéphale, ou tête de lièvre ^ tire son nom de la forme de sa tête et de ses lèvres. (i) Gohius pinnâ ventrali suhrotundâ , ocetahuli^ formi ; e duobus pedunculis , octoque radiis valdè ramosïs compositâ. Kœlreuter , nov. Comment. Petropol. Gobiiis maxillâ superiore hemhpliericâ lins^uâ lineâque laterali nullà gohius lagocephalus, liin. Syst. nat. edit. Gmel. gen.iSp , sp. 17. — Ailecli, Gen. pisc. gen. 23 , n" 9. additament. Sonnini. (2) Gohius lagocephalus. Pallas , Spicil. zool. 8 , p. 14 , tab. 2 , fig. G et 7. -— Kœlreuter , nov. Conim. Petrop. 9 , p. 4:.8 , fi^^. 5 ef 4. Gohius lagocephalus. Lin. édit. de Gmeliii. Gohie tête de lièçre. Bonaterrc , pi. de l'Enc. mélh. Q 3 346 HISTOIRE Cette partie de son corf)s est courte, épaisse, et dénuée de pelites écailles. On voit à la mâchoire inférieure quelques dents cro- chues plus grandes que les autres. La mâ- choire supérieure est demi-circulaire , épaisse et recouverte par une lèvre double, très- avancée, très-charnue, et fendue en deux comme celle du lièvre : la lèvre d'en bas présente une échancrure semblable. Le pa- lais est hérissé de dents menues et très-ser- rées ,* les yeux , très - rapprochés l'un de (5) Gohiiis minutus. Pallas , Spicil. zoolog. 8 , p. 4* Gohius minutas. Lin. édit. de Gmelin. (4) (jro^iua alhicans ferrugineo - inaculatus , radils dorsalihiis et caudalihus ferrugineo obsolète striatis. . . gobius minutus. Lin. Syst. nat. cdit. Grnel. gen. iSg, sp. i3. — Artcdi , Gen. pisc. gen. 23 , n" 7. addilament. S Q N N 1 N 1 . (5) Gohius cypi'inoïdes. Idem. Lin. édit, de Gmelin. — Palîas, Spicil. zool. 8, p. 17, lab. I , fig. 5. Gohie cyprinoïde. Bonaterre , pi. de l'Encyc. métli. (6) Gobius squamis magnis subciliatis vestitus , pinnâ caudœ rotundatâ : radiis membranâ fusco - tes^ sellatâ nexis.,., gobius cyprinoïdes» Lin. Syst. nat. édit. Gmel. gen. i59,sp. i8. — Aiiedi, Gen. pisc. gen. 25 , n" 8. addilament. So^^'lNl. D E s G O B I E s. â47 l'autre, sont recouverts par une continua- tion de répiclerme. On voit une appendice alougée et ariondie au delà de l'anus , qui est aussi loin de la gorge que de la nageoire de la queue; cette dernière est arrondie : l'on ne distingue pas de ligne latérale ; et la couleur générale de ce gobie , lequel est ordi- nairement de la longueur d'un doigt, est composée de gris, de brun et de noir (i). Le menu, qui ressemble beaucoup à Taphye, a la tête un peu déprimée; sa, langue est grande; ses deux nageoires dor- sales sont un peu éloignées l'une de l'autrei sa nageoire caudale est rectiligne ; et ses teintes , aussi peu brillantes que celles du lagocéphale , consistent dans une couleur générale blanchâtre, dans des taches couleur de fer disséminées sur sa partie supérieure , (i) A la membrane des brancliies du lagocéphale 3 rayons. A la première nageoire du dos . 6 A la seconde ii A chacune des pectorales . ... i5 A chacune des Ihoracines. ... 4 A celle de l'anus lO A celle de la queue "12 Q4 5248 HISTOIRE et dans de petites raies de la même nuance J ou à peu près , répandues sur les nageoires de la queue et du dos (i). On trouve dans les eaux de l'île d'Am- boine le cyprinoïde, que Ton a ainsi nommé à cause du rapport extérieur que ses écailles grandes et un peu frangées lui donnent avec les cyprins, quoiqu'il ressemble peut-être beaucoup plus aux spares. Le professeur Pallas en a publié le premier une très-bonne description. La partie supérieure de ce cy- prinoïde est grise, et l'inférieure blanchâtre. Ses dimensions sont à peu près semblables à celles du menu. Il a la tête un peu plus large que le corps , et recouverte d'une peau traversée par plusieurs lignes très-dé- liées qui forment une sorte de réseau; on voit entre les deux yeux une crête noirâtre, triangulaire et longitudinale, que l'on pren- droit pour une première nageoire dorsale très -basse,* au delà de l'anus on aperçoit aisément une appendice alongée, arrondie (i) A la première nageoire du. dos du menu 6 rayons. A la seconde ii A celle de l'auus ....... ii D E s G O B I E s. 249 par le bout, et que Fanimal peut coucher à volonté dans uue fossette (1). (i) A la première nageoire du dos . 6 raj^ons. A la seconde 10 A chacune des pectorales .... 18 Aux tboracines 12 A celle de l'anus , i rayon simple et 9 articulés- A celle de la queue , qui est arrondie 1 5 rayons. 25o HISTOIRE LE GOBIE SCHLOSSER (i)(2), PAR LACEPÊDE. VINGT-UNIÈME ESPECE, O'est au célèbre Palîas que Ton doit îa description de cette espèce , dont un indi- vidu lui a voit été envoyé par le savant Schlosser, avec des notes relatives aux habi- tudes de ce poisson ; et le nom de ce gobie rappelle les services rendus aux sciences naturelles par l'ami de Fillustre Pallas. Ce poisson est ordinairement long de deux (i) Gohius Schlosseri. Cahos. Pallas , Spicil. zoolog. 8 , p. 3 ^ tab. i , fîg. i , 2,5,4. Gohius harharus. Lin. Gohius Schlosseri. Lin. édit. de Gmelîn. Gohie schlosser. Daubenton , EiicycL méthod. — - Bonaterre , pi. de l'Encycl. mélliod. (2) Gohius pinnis pectoralihusflahello insistentihus , pinnâ dorsali priore radiis duodecim , posteriore tre~ decim. . . . gohius harharus. Lin. Syst. nat. edil. Gmeî. gen. iSp, sp. 7. — Artedi, gen. 25 , n^ 22. additam. species adhuc duhiœ. Son» 1 Ni. D E s G O B 1 E s. 25i ou trois décimètres (sept à onze pouces). Sa tête est couverte d'uu grand nombre d'écaîlles, alongée, et cependant plus large que le corps. Les lèvres sont épaisses, char- nues, et hérissées à l'intérieur de petites aspérités : la supérieure est double. Les dents sont grandes, inégales, recourbées, aiguës, et distribuées irrégulièrement. Les yeux présentent une position remar- quable : ils sont très -rapprochés l'un de l'autre, situes au dessus du sommet de la tète, et contenus dans des orbites très-rele- vées, mais disposées de telle sorte que les cornées sont tournées , l'une veï*s la droite et l'autre vers la gauche. Les écailles qui revêtent le corps et la queue sont assez grandes, rondes et un peu molles. On ne distingue pas facilement les lignes latéiales. La couleur générale de l'animal est d'un brun noirâtre sur le dos, et d'une teinte plus claire sur le ventre (i)» (i) A la membrane des branchies . 3 rayons. A la première nageoire du dos . 8 A la seconde • i5 A chacune des pectorales. . . . i6 Aux Ihoracines 12 A celle de l'anus 12 A celle de U queue 19 s52 HISTOIRE * Les nageoires pectorales du schlosser sont, comme l'indiquent les caractères da second sous-genre, attachées à des prolon- gations charnues, que l'on a comparées à des bras, et qui servent à Fanimal, non seulement à remuer ces nageoires par le moyen d'un levier plus long, à les agiter dès-lors avec plus de force et de vitesse, à nager avec plus de rapidité au milieu des eaux fangeuses qu'il habite, mais encore à se traîner un peu sur la vase des rivages , contre laquelle il appuie successivement ses deux extrémités antérieures, en présentant très en petit, et cependant avec quelque ressemblance, les mouvemens auxquels les phor|ues et les lamantins ont recours pour parcourir lentement les côtes maritimes. C'est par le moyen de ces sortes de bras que le schlosser, pouvant ou se glisser sur des rivages fangeux , ou s'enfoncer dans l'eau bourbeuse , échappe avec plus de faci- lité à ses ennemis, et poursuit avec plus d'avantage les foibles habitans des eaux, et particulièrement les cancres, dont il aiine à faire sa proie. Cette espèce doit être féconde et agréable au goût, auprès des côtes de la Chine, où on la pêche, ainsi que dans d'autres contrées DES G O B I E S. 253 orientales, puisqu'elle sert à la nourriture des chinois qui habitent à une dis fan ce plus ou moins grande des rivages; et voilà pour- quoi elle a été nommée par les hollandais des grandes Indes /?oi.s<.<îOA"2 chinois {chineesche çisch). 254 H I S T O 1 R. E CINQUANTE - SIXIÈME GENRE. PAU L A C É P È D E. LES GOBIOIDES. JLj e s deux nageoires thoracines réunies Tune à l'autre; une seule nageoire dor- sale; la tête petite; les opercules attachés dans une grande partie de leur contour. PREMIERE ESPÈCE. Le gobioïde anguilliforme ; gohioïdes anguilliformis. — Cinquaule-deux rayons à la nageoire du dos ; toutes les nageoires rouges. seconde espèce. Le gobioïde s m y r n é e n ; g'o3/ozr/é'5 smyrnensis, — Quarante -trois rayons à la nageoire du dos; le bord des mâchoires composé d'une lame osseuse et dénuée de dents. TROISIÈME ESPÈCE. Le gobioïde broussonnet ; gohioïdes BroLissonnetii, — Vingt -trois rayons à la DES GOBIOIDES. 255 nageoire du dos; le corps et la queue très- alongés et comprimés; des dents aux mâ- choires; les nageoires du dos et de l'anus très - rapprochées de la caudale, qui est pointue. , QUATRIÈME ESPECE, Le gobioïde queue noire; gobioïdes meîanurus, — La queue noire. 256 HISTOIRE LE GOBIOIDE ANGUILLIFORME (i) (2) , PAR L A C É P È D E. PREMIÈRE ESPÈCE. Vj'est dans les contrées orientales, et notaiinnent dans rarchipel de Tlnde, à la Chine , ou dans les îles du grand Océan équatorial, que Ton trouve le plus grand nombre de gobies. Les mêmes parties du globe sont aussi celles dans lesquelles on a. observé le plus grand nombre de gobioïdes. li'anguilliforme a été vu paiticulièremeut dans les eaux de la Chine. Comme tous les autres gobioïdes, il res- semble beaucoup aux poissons auxquels nous donnons exclusivement le nom de (1) Gohioïdes angailliformis. Gobius aiiguillaris. Lin. édit, de Gmelin. Goujon anguillard. Daubenton , Encycl. méthod. ,— Bonaterre , pi. de l'Encycl. méthod. (2) Gobius pinnâ dorsali tinicâ , caudâ rubrâ 'gobius anguillaris. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. 169, ep. 8. — Artedi , Gen. pisc. gen. 23 ; n^ 25. additam. iipecies dubiœ^ 3 1^ If 1 îf 1. gobie ; DES GOBIOIDES. sSy gobie ; et voilà pourquoi nous avons cru devoir distinguer par la dénominalion de gobioïde , qui signifie en forme de gobie , le genre dont il fait partie, et qui a été con- fondu pendant long-tems dans celui des gobies proprement dits. Il diffère néanmoins de ces derniers, de même que tous les osseux de son genre, en ce qu'il n'a qu'une seule nageoire dorsale, pendant que les gobies eu présentent deux. Il a d'ailleurs, ainsi que son nom l'indique , de grands rapports avec la murène anguille par la longueur de la nageoire du dos et de celle de l'anus , qui s'étendent presque jusqu'à celle de la queue, par la petitesse des nageoires pectorales, qui de plus sont arrondies, et sur-tout par la viscosité de sa peau, qui, étant imprégnée d'une matière huileuse très-abondante, est à demi -transparente. La mâchoire inférieure de l'anguilliforme est garnie de petites dents, comme la supé- rieure , et toutes ses nageoires sont d'une couleur rouge assez \Tve (i). (i) A la nageoire dorsale 52 rayons. A chacune des pectorales . ... 12 Aux thoracines 10 A celle de l'anus 45 A celle de la queue 12 Poiss, Tome VIL E. 258 HISTOIRE LE GOBIOIDE SMYRNÉEN (i), PAR LACÉPÉDE. SECONDE ESPÈCE. V-i E poisson a la tête grosse et parsemée de pores très- sensibles ; dès- lors sa peau doit être ari'osée d'une humeur visqueuse assez abondanie. Une lame osseuse , placée le long de chaque mâchoire, tient lieu de véritables dents : on n'a du moins observé aucune dent proprement dite dans la bouche de ce gobioïde. Les nageoires pectorales sont très-larges , et les portions de celle du dos sont d'autant plus élevées qu'elles sont plus voisines de celle de la queue (2). (1) Gohius smyrnensis. Nov. Comment. Petropol. 9, tab. 9, fig. 5. Goujon smyméen.Jiow^icYve, , pi. de l'Enc. méth, (2) A la membraiie des brancliies . 7 rayons. A la nageoire du dos 4^ A cliacune des pectorales .... 55 A celle de l'anus 29 A celle de la q^ueue 12 DES GOBIOIDES. 269 ■Il ■ I . I t .. . ,1 » .1 I , . I - ■ . Il II . I « < ■ LE GOBIOIDE BROUSSONNET (i) , PAR LACÉPÈDE. TROISIEME ESPÈCE, INous dédions cette espèce de gobioïde à notre savant confrère Broussonnet ,* et nous cherchons ainsi à lai exprimer notre recon- noissance pour les services qu'il a rendus à l'histoire naturelle , et pour ceux qu'il rend chaque jour à cette belle science dans l'A- frique septentrionale, et particulièrement dans les états de Maroc , qu il parcourt avec un zèle bien digne d'éloges. Ce gobioïde , qui n'est pas encore connu des naturahstes , a les mâchoires garnies de très -petites dents. Ses nageoires thoracines sont assez longues, et réunies de manière à former une sorte d'entonnoir profond,* les pectorales sont petites et arrondies; la dor- sale et celle de l'anus s'étendent jusqu'à ceile de la queue, qui a la forme d'un fer de iance : elles sont assez hautes, et cepen- ' «1 I I _^_aaiHr» (i) Gobioïdes Brousaonnetii» R 2 sGo HISTOIRE dant rextréniité des rayons qui les com- posent dépasse la membrane qu'ils sou- tiennent (i). Le corps est extrêmement alongé, très- bas, très - comprimé ; et la peau qui le recouvre est assez transparente pour laisser distinguer le nombre et la position des prin- cipaux muscles. Un individu de cette belle espèce faisoit partie de la collection que la Hollande a donnée à la nation française. (ï) A la nageoire du dos 23 rayons. A chacune des nageoires tlioracin es 7 A chacune des pectorales. ... 17 A celle de l'anus 17 A celle de la queue 16 DES GOBIOIDES. 261 LE GOBIOIDE QUEUE NOIRE (1) (2), PAR LACÉPÊDE. QUATRIEME ESPECE. v>''est à Broussonnet que nous devons la connoissance de ce gobioïde, qu'il a décrit sous le nom de gobie à queue noire , dont la queue est en effet d'une couleur noire pins ou moins foncée, mais que nous séparons des gobies proprement dits , parce qu'il n'a qu'une nageoire sur le dos. (1) Gohioïdus melanurus. Broussonnet, Ichlh. dcc. i« Gobius melanuros. Lin. édit. de Gmelin. (2) Gobius pinnâ dorsali unicâ , caudâ nigrâ gobius melanuros. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. iSp, sp. i5. — Artedi , Gen. pisc. gGn. 25 , n** 27. additam. species dubiœ. S o n N 1 î^ i . R 5 262 HISTOIRE *'— ' ■ - ■ ■ — — ■ ■ — ■ .. ■■ - I « « 1 » CINQUANTE -SEPTIÈME GENRE. PAR LACÉPÉDE. LES GOBIOMORES. Xjes deux nageoires ihoracines non réu- nies l'une à l'autre; deux nageoires dor- sales; la tête petite; les yeux rapprochés; les opercules attachés dans une grand© partie de leur contour. PREMIER SOUS-GENRE. Les nageoires pectorales attachées im- médiatement au corps de l'animal. PREMIÈRE ESPÈCE. Lé gobiomore gronovien; gobiomorus Gronovii. — Trente rayons à la seconde na- geoire du dos; dix aux thoracines; celle de la queue fourchue. seconde espèce. Le gobiomore taibo a ; -gobiomorus taiboa. — Vingt rayons à la seconde na- DES GOBIOMORES. 265 geoire du dos; douze aux tboraciues; six à la première dorsale ,* celle de la queue ar- rondie. TROISIÈME ESPECE. Le goeiomore dormeur ; gobiomorus dormitor, — Onze rayons à la seconde na- geoire du dos ; huit à chacune des pecto- rales, ainsi qu'à celle de l'anus,* la nageoire de la queue très-arrondie. SECOND SOUS-GENRE. Chacune des nageoires pectorales atta- chée à une prolongation charnue. quatrième espèce. Le goeiomore K(Slreuter; gobiomorus Kœlreuteri. — Treize rayons à la seconde nageoire du dos; douze aux thoracines. R 4 i264 HISTOIRE LE GOBIOMORE G R O N O V I E N (i) (2), PAR LACÉPÊDE. PREMIÈRE ESPÈCE. l_i ES gobiomores ont été confondus jusqu'à présent avec les gobies , et par conséquent (i) Gobiomorus Gronouii. Gohius GronouiL Lin. édit. de Gmeliii. — Gronov. Zoopli. p. 82 , n" 278. Cesteus argenteiis , etc. Klein , Miss. pisc. 5 , p. 24 , n^ 5. Mugil americanus. Ray, Pisc. p. 8'j , 11° 9. Harder. Maicg. Brasil. lib. 4 > cap. 6 , p. i55. (2) Gohius corpore latissimo maculoso : pinnis uen-- tralibus intrinsecùs ahdomine ligatis maximis : caudâ hifurcatâ. Gronov. Zoopli. p. 82 , n^ 278. Cesteus argenteus , griseis lineis intertexfis , oculis eUipticis, pinnis alhicantihus ^pinnâ dorsali maximâ. Klein , Miss. pisc. 5 , p. 24, n^ 5. Gohius pinnâ ventrali hipartitâ , dorsali priori decem- radiatâ , caudâ hifurcâ. . . gohius Gronovii. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. i59,sp. 25. — Artedi, Gen. pisc. gen. 23, n^ 25. additam. species duhiœ. Sgmnii^i. DES G O B I O M O R E S. 265 avec les gobioïdes. Je les en ai séparés pour répandre plus de clarté dans la répartition des espèces thoracines , pour me conformer davantage aux véritables principes que Ton doit suivre dans toute distribution métho- dique des animaux, et afin de rapprocher davantage l'ordre dans lequel nous présen- tons les poissons que nous avons examinés, de celui que la Nature leur a imposé. Les gobiomores sont eu effet séparés des gobies et des gobioïdes par la position de leurs nageoires inférieures ou thoracines, qui ne sont pas réunies, mais très-distinctes et plus ou moins éloignées Tune de l'autre. Ils s'écartent d'ailleurs des gobioïdes par le nombre de leurs nageoires dorsales : ils en présentent deux, et les gobioïdes n'en ont qu'une. Ils sont cependant très-voisins des gobies, avec lesquels ils ont de grandes ressem- blances ; et c'est cette sorte d'affinité ou de parenté que j'ai désignée par le nom géné- rique de goblomore , çoisin ou allié des go- bies , que je leur ai donné. J'ai cru devoir établir deux sous -genres dans le genre des gobiomores, d'après les mêmes raisons et les mêmes caractères que 266 HISTOIRE dans le genre des gobies. J'ai placé dans lé premier de ces deux sous-genres les gobio- mores dont les nageoires pectorales tiennent immédiatement au corps proprement dit de Tanimal, et j'ai inscrit dans le second ceux dont les nageoires pectorales sont attachées à des prolongations charnues. Dans le premier sous -genre se présente d'abord le gobiomore gronovien (i). Ce poisson , dont on doit la connoissance à Gronou, habite au milieu de la zone tor- ride, dans les mers qui baignent le nou- veau continent. Il a quelques rapports avec un scombre. Ses écailles sont très-petites; mais, excepté celles du dos, qui sont noires, elles présentent une couleur d'argent assez éclatante. Des taches noires sont répandues sur les côtés de l'animal. La tête, au lieu d'être garnie d'écailles semblables à celles du dos, est recouverte de grandes lames écailleuses. Les yeux sont grands et moins (i) A la membrane des branchies . 5 rayons. A la première nageoire du dos . lo A la seconde 3o A chacune des nageoires pectorales 24 Aux thoraciues ........ 10 DES GOBIOMORES. 267 rapprochés que sur la plupart des gobies ou des gobioïdes. L/ouverture de la bouche est petite. Des dents égales garnissent le palais et les deux mâchoires. La langue est lisse j menue et arrondie. La ligne latérale suit la courbure du dos. L'anus est situé vers le milieu de la longueur totale du poisson. Les nageoires thoracines sont très-grandes ^ et celle de la queue est fourchue. 368 HISTOIRE LE T A I B O A (i), LE GOBIOMORE TAIBOA (ii), PAR LACÈPÈDE. SECONDE ESPÈCE. C^'est auprès du rivage hospitalier de la plus célèbre des îles Fortunées qui élèvent leurs collines ombragées et fertiles au milieu des Ilots agités de Timmense Océan équato- rial ; c'est auprès des bords enchanteurs de la belle île d'O-TaïLi , que Ton a découvert (i) Taihoa ou taipoa j nom que les naturels de Taïti donnent à ce poisson. GoBius strigatu.s. Broussonnet , loco infrà citato. Gohius pinnâ ventrali hipartitâ ^ dor sali prima sex- radiatâ goôius fitrigatus Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. i59,sp. 23. — Artedi , Gen. pisc. gen.23, 11° i8. additament. Sonnini. (2) Gohiomorus taiboa. Bronssonnet, Ichlli. dec, i , n^ I , tab. I. GoBius strigatus. Lin. édit. de Gmelin. Goujon taihoa, Bonaterre ,pl. de l'Encycl. métli. DES GOBIOMORES. 269 le taiboa, ruii des poissons les pins sveîtes dans leurs proportions, les plus agiles dans leurs mouveniens , les plus agréables par la douceur de leurs teintes , les plus riclienient parés par la variété de leurs nuances, parmi tous ceux qui composent la famille des go- biomores et les genres qui Tavoisinent. Nous en devons la première description à Broussonnet, qui en a vu des individus dans la collection du célèbre président de la société de Londres. Le corps 'du taiboa est comprimé et très- alongé; les écailles qui le recouvrent sont presque carrées et un peu crénelées. La tête est comprimée, et cependant plus large que le corps. La mâchoire inférieure n'est pas tout à fait aussi avancée que la supérieures- lés dents qui garnissent Tune et Tautre sont inégales. La langue est lisse , ainsi que le palais ; le gosier hérissé , de dents aiguës , menues et recourbées en arrière; la pre- mière nageoire du dos , composée de rayons très-longs ainsi que très-élevés , et la nageoire de la queue large et arrondie (1). (r) A la membrane des brancliics . 6 rayons. A la première nageoire dorsale . 6 A la seconde nageoire du dos . . 30 2^0 H I S T O I R ï] Jetons les yeux mainteiîaiit sur les con- îeurs vives ou gracieuses que présente le taiboa. Son dos est d'un verd tirant sur le bleu, et sa partie inférieure blanchâtre; sa tête montre une belle couleur jaune plus ou moins mêlée de verd ; et ces nuances sont relevées par des raies et des points que Ton voit sur la tête, par d'autres raies d'un brun plus ou moins foncé qui régnent auprès des nageoires pectorales, et par des taches rougeâtres situées de chaque côté du corps ou de la queue. De plus, les nageoires du dos, de l'anus et de la queue, offrent un verd mêlé de quelques teintes de rouge ou de jaune, et qui fait très -bien ressortir des raies rouges droites ou courbées qui les parcourent /V ainsi que plusieurs rayons qui les soutien- nent, et dont la couleur est également d'un rouge vif et agréable. A chacune des pectorales ... 20 Aux thoracines 12 A celle de l'anus . 19 A celle de la ^ueue 22 DES GOBIOMORES. 271 LE DORMEUR. LE GOBlOxMORE DORMEUR (1), PAR LACÉPÉDE. TROISIÈME ESPÈCE. Ijes naturalistes n'ont encore publié aucune description de ce gobiomore , qui vit dans les eaux douces , et particulièrement dans les marais de FAniérique méridionale : nous en devons la connoissance à Plumier,' et nous en avons trouvé une figure dans les des- sins de ce savant voyageur. La mâchoire inférieure de ce poisson est plus avancée que la supérieure ; la nageoire de la queue est tï*ès-arrondie : le nombre des rayons de ses nageoires empêche d'ailleurs de les con- fondre avec les autres gobiomores. On Fa nommé le dormeur , sans doute à cause du peu de vivacité ou du peu de fréquence de ses mouvemens. (i) Gohiomoriis durmitor, Cephalus palustris. Dessins et mauuscrits de Plu- mier , déposés à la bibliothèque nationale. yîsellus palustris, Id. ibid. 272 HISTOIRE LE GOBIOMORE K.Ce: L R E U T E R (i) (2), PAR LACÉPÈDE. QUATRIÈME ESPECE. Xje nom de cette espèce est un témoignage de gratitude envers un savant très-distingué, le naturaliste Kœîreuler , qui vit mainte- nant dans ce pays de Bade , auquel les vertus touchantes de ceux qui le gouvernent, et leur zèle très - écjairé pour le progrès des connoissances, ainsi que pour l'accroisse- ment du bonheur de leurs semblables, ont donné un éclat bien doux aux j^eux des amis de l'humanité. (i) Goblomorus Kœlreutereri. Kœîreuler , nov. Corn m. Petropol. 8 , p. 421- Gobius Kœlreuteri. Lin. édit. de Gmelin. Goujon kœlreuter. Bonaterre , pi. de l'Encyc. métb. (2) Gobius pinnâ ventrali bipartitâ , dorsali prima undecimradiatâ . . . . gobius kœlreuteri. Lin. Syst. na?. edit. Gmel. g^n, 169, sp. 24. — Artedi , Gen. pisc. gen. 25 , n*^ 12. Sonnini. Ce DES GOBIOMORES. 273 Ce gobiomore , dont les tégumens sont mous et recouvrent une graisse assez éj:)ais.sp, est d'un gris blanchâtre. Ses yeux sont très- rapprochés et placés sur le sommet de la tête ; ce qui lui donne un grand rapport avec le gobie schlosser auquel il ressetnble encore par la position de ses nageoires pec- torales, qui sont attachées au bout d'une prolongation charnue très-large auprès du corps proprement dit; et c'est à cause de ce dernier trait que nous l'avons inscrit dans un sous -genre particulier, de même que le gobie schlosser. Les lèvres sont doubles et charnues ; les dents inégales et coniques : la mâchoire supérieure en présente de chaque côté une beaucoup plus grande que les autres. La ligne latérale paroît comme coiupririiée ; l'anus est situé vers le milieu de la longueur du poisson , et la nageoire de la queue est un peu lancéolée. La première nageoire dorsale est brune et bordée de noir : on distingue une raie longitudinale et noirâtre sur la seconde, qui est jaunâtre et fort transparente (1). (i) A la membrane des branchies . 2 rayons* A la première nageoire dorsal© . 12 Poiss. Tome VIL S 574 HISTOIRE On voit au delà et très r- prés de l'anus du gobiomove kpelreuter , aiusi que sur plusieurs gobies, et même sur des poissons de gènries très-difïérens , une petite appendice coiiiqu,e j que Ton a nommée pédoncule géni" ^â?/,, qui sert en effet à la reproduction de ranimai, et sur l'usage duquel nous présen- terons quelques détails dans la suite de cette Histoire, avec plus d'avantage que dans; Tarlicle particulier que nous écrivons. • A la seconde. .»....,. i5 A chacane des pectorales . . . > . i5 Aux tlioracines . * , , . .,», ... i2 A celle de l'anus ....... ii A celle de la queue ...... i5 DES GOBIOMORÔrÛES. éyS CINQUANTE -HUITIEME GENRE. PAR LACÉ PÉ DE.. LES GOBIOMOROiDES. jLiES deux nageoires thoraciues non réunies Tune à l'autre; une seule nageoire dorsale; la tète petite ; les yeux rapprochés ; les opercules attachés dans une grande partie de leur contour. ESPÈCE. Le GOBioMôRoÏDË~Piso]Sr; gohiomoroïdes pîso, — Quaraute-cinq rayons à la nageoire du dos; six a chacune des thoraciues; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure. S â ^76 HISTOIRE LE GOBIOMOROIDE P I S O N (i) (2) , PAR LACÉPÈDE. xj E S gobies ont deux nageoires dorsales ; les gobioïdes n'en ont qu'une , et voilà pourquoi nous avons séparé ces derniers poissons des gobies, en indiquant cependant, par le nom générique que nous leur avons donné , les grands rapports qui les lient aux gobies. Nous écartons également des gobio- moroïdes, qui n offrent sur le dos qu'un seul instrument de natation; et néanmoins (1) Gobiomoroïdes piso. Pison, Ind. lib, 3 , p. 72. Jmore pixuma. Ray, Pisc. p. l5o ,11° i. Eleotris capite plagioplnleo ^etc, Gronov. MuSt 2, p. j6 , n° 168 ; Zooph. p. 85 ,11" 279. Gobias Pibonis. Lin. édit. de Gmclin. (2) Au Brésil , aniore-pixuma, Gobius plnnâ uentrali bipartilâ , maxillâ inferiore longiore. . . gobius Pibonis. Liu. Syst. nat. edit. Gmel. gcn. i59, sp. 26. Gobius capite plagioplateo ^ maxillà inferâ longiore ; pinnis ventralibus disjunctis gobius amorea» Walbaum , Artcd. Gen. pisc. geii. 23 ,. n°26. addilam. species dubiœ, SoM^iM. DES GOBIOMOROIDES. 277 nous marquons, par le nom générique de ces gobiomoroïdes , les ressemblances très- frappantes qui déterminent leur place à la suite des gobiomores. Le pison a la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; sa tête est d'ailleurs aplatie : on le trouve dans FAmé- rique méridionale. En examinant dans une collection de poissons desséchés , donnée parla Hollande à la France, un gobionioroïde pison, nous nous sommes assurés que les deux mâchoires sont garnies de plusieurs rangées de dents fortes et aiguës. L^inférieure a de plus un rang de dents plus fortes, plus grandes, plus recourbées et plus éloignées les unes des autres , que celles de la mâchoire supé- rieure. La tête est comprimée aussi bien que déprimée, et garnie d'écaillés presque sem- blables par leur grandeur à celles qui revêtent le dos. La nageoire de la queue est anondie (1). (i) A la nageoire du dos 4^ rayons. A chacune des pectorales .... ly A chacune des ihoracines. ... 6 A celle de l'anus 23 A celle de la ^ueue 12 s 5 278 HISTOIRE Le nom de cette espèce rappelle Tou- yrage publié par Pison sur FAméiique aus- trale 5 et dans lequel ce médecin a parlé de ce gobiomoroïde (i). m* •• Il i II ■ Il ■ p « I I 11 I . I 1,1^ (1) Ce poisson vit dans les eaux^ouces et stagnantes du midi de TAmérique ; sa chair est sèche , mais de bon goût , et les européens la font souvent servir sur leurs tables. ( Pison, Hist. nat. et medic. Ind. utrius- ^Ue,p. 72, ) SONNINÎ. DES GOBIESOCES. 279 CINQUANTE -NEUVIÈME GENRE. PAR LACÉPÉDE. LES GOBIESOCES. JLes deux nageoires thoracines non réunies l'une à Tautre ; une seule nageoire dor- sale ; cette nageoire très-courte et placée au dessus de l'extrémité de la queue, très -près de la nageoire caudale; la tête très-grosse et plus large que le corps. ESPÈCE. LiE GOBiÉsocE testar; gobiesox cephalus. — Les lèvres doubles et très-extensibles ; la nageoire de la queue arrondie. S 4 a8o HISTOIRE LE TESTA R. LE GOBIESOCE TESTAR (i), PAR LACÉPÈDE. vy ' E S T à Plumier que Ton devra la figure de ce poisson encore inconnu des natura- listes 5 et que nous avons regardé comme devant appartenir à un genre nouveau. Le testar habite l'eau douce ; on l'a observé dans les fleuves de l'Amérique méridionale. Le nom vulgaire de testar, qui lui a été donné, suivant Plumier, par ceux qui l'ont TU dans les rivières du nouveau monde, indique les dimensions de sa tête, qui est très-grosse et plus large que le corps ; elle est d'ailleurs arrondie par devant et un peu déprimée dans sa partie supérieure. Les yeux sont très - rapprochés l'un de l'autre; (i) Gobiesox cephalus. Cephalus fltwiatllis major, vulgô testar. Dessins et manuscrits de Plumier , déposés à la bibliothèque nationale. DES GOBIESOCES. 281 les lèvres doubles et extensibles. On aperçoit une légère concavité sur la nuque, et Ton remarque sur le dos un enfoncement sem- blable; le ventre et très -saillant , très-gros, distingué , par sa proéminence , du dessous de la queue. 11 n'y a qu'une nageoire dor- sale; et cette nageoire , qui est très- courte , est placée au dessus de l'extrémité de la queue, fort près de la caudale. Nous ver- rons une conformation très-analogue dans les ésoces ; et comme d'ailleurs le testar a beaucoup de rapports avec les gobies , nous avons cru devoir former sa dénomi- nation généiiqiie de la réunion du nom de gobie avec celui &ésoce , et nous l'avons appelé gobiésoce testar, La nageoire de l'anus , plus voisine encore que la dorsale , de celle de la queue , est cependant située en très -grande partie au dessous de cette même dorsale : la caudale est donc très -près de la dorsale et de la nageoire de l'anus: elle est, déplus, très- étendue et fort arrondie (1). (i) A la nageoire du dos 8 rayons. A chacune des pectorales. ... ii A chacune des thoracines. ... 5 A celle de l'anus 4 ou 5 A la caudale .. . .._,..... ii 282 HISTOIRE La couleur générale de l'animal est d'un roux plus foncé sur le dos que sur la partie inférieure du poisson, et sur lequel on ne distingue ni raies, ni bandes, ni taches proprement dites. Au milieu de ce fond presque doré, au moins sur certains indi- vidus, les yeux, dont l'iris est d'un beau bleu, paroissent comme deux saphirs. DES SCOMBRES. 285 SOIXANTIÈME GENRE. PAR LACÉPÈDE. LES SCOMBRES. Ueux nageoires dorsales; une ou plusieurs petites nageoires au dessus et au dessous de ]a queue ,* les côtés de la queue carénés, ou une petite nageoire composée de deux aiguillons réunis par une membrane, au devant de la nageoire de l'anus. PREMIÈRE ESPECE. Le scombre commerson ; scornber com" merson. — Le corps très-alongé ; dix petites nageoires très -séparées Tune de l'autre au dessus et au dessous de la queue ; la pre-^ niière nageoire du dos longue et très-basse ; la seconde courte , échancrée , et presque semblable à celle de l'anus ; la ligne latérale dénuée de petites plaques. seconde ESPÈCE. Le scombre guare; scornber guara, — Dix petites nageoires au dessus et au dessous de la queue ; la ligne latérale garnie de petites plaques. 284 HISTOIRE TROISIEME ESPECE. Lê scombre thon; scomber thynnus. — Huit ou neuf petites nageoires au dessus et au dessous de la queue; les nageoires pec- torales n'atteignant pas jusqu'à l'anus, et se terminant au dessous de la première dorsale. QUATRIÈME ESPECE. liE SCOMBRE germon; scomber germon, — Huit ou neuf petites nageoires au dessus et au dessous de la queue ; les nageoires pectorales assez longues pour dépasser l'anus. CINQUIÈME ESPÈCE. Le SCOMBRE thazard; scomber thazard. — Huit ou neuf petites nageoires au dessus et sept au dessous de la queue ; les pecto- rales à peine de la longueur des thoracines; les côtés et la partie inférieure de l'animal sans tache. SIXIÈME ESPÈCE. IjE SCOMBRE bonite; scomber pelamides^ — Huit petites nageoires au dessus et sept au dessous de la queue ; les pectorales attei- gnant à peine à la moitié de l'espace com- pris entre leur base et l'ouverture de l'anus; quatre raies longitudinales et noires sur le rentre. DES SCOMBRES. 285 septieme espèce. Le scombre sarde ou alatunga. — * Sept petites nageoires au dessus et six au dessous de la queue; les pectorales courtes; la première dorsale ondulée dans son bord supérieur; deux orifices à chaque narine; trois pièces à chaque opercule; des écailles assez grandes sur la nuque, les environs de chaque pectorale et de la doisale , et la base de la seconde nageoire du dos, de l'anale et de la caudale; quinze ou seize grandes transversales, courtes, couibées et noires de chaque côté du poisson. HUITIEME ESPÈCE. Le scombre chinois ; scombpr sinensis. — Sept petites nageoires au dessus et au dessous delà queue; les pectorales courtes; la ligne latérale saillante, descendant au delà des nageoires pectorales et sinueuses dans tout son cours; point de raies longi- tudinales. < NEUVIEME ESPÈCE. Le SCOMBRE MAQUEREAU ; scombre $co/n- brus, — Cinq petites nageoires au dessus et au dessous de la queue; douze rayons à chaque nageoire du dos. ^86 Hl S T O I R E DIXIÈME ESPÈCE. Le scombke jatonais; scomberjapoîiicus» •^^ Cinq petites nageoires au dessus et au dessous de Ik queue ; huit rayons à chaque nageoire dotsàlë. ONZIÈME ESPÈCE. Le scomtb REDORÉ; scomber aureus, — Cinq petites nageoires au dessus et au dessous de là queue; la partie supérieure de ranimai couleur d'or. DOUZIÈME ESPÈCE. Les combre MuBACOB.^;scomberalbacorus, — Deux arêtes couvertes d'une peau bril- lante, au dessus de chaque opercule. DES se OMBRÉS. s% LE SCOMBRE COMMERSON (i), PAR LACÉPÈDE, / IP R E M I Ê R E ESPÈCE. Xje genre des scombres est un de ceux qui doivent le plus intéresser la curiosité des naturalistes, par leurs courses rapides, leurs longs voyages, leurs chasses, leurs combats et plusieurs autres habitudes. Nous tâche- rons de faille connoître ces phénomènes re- marquables, en traitant en particulier du thon, de la bonite et du maquereau, dont les mœurs ont été fréquemment observées: mais nous allons commencer par nous occu- per du scombre commerson et du guare , afin de mettre , dans l'exposition des formes et des actes principaux des poissons que nous allons considérer, cet ordre sans lequel on ne peut ni distinguer, convenablement les objets ,, ni les coniparer avec fruit , ni le$ ' {iy ScôTtvbef commerson. a88 HISTOIRE graver dans sa mémoire, ni les retrouver facilement pour de nouveaux examens. C'est aussi pour établir d'une manière plus géné- rale cet ordre , sans lequel , d'ailleurs , le style n'auroit ni clarté , ni force , ni chaleur, et de plus pour nous conformer sans cesse aux * principes de distribution méthodique qui nous ont paru devoir diriger les études des naturalistes , que nous avons circonscrit avec précision le genre des scombres. Nous en avons séparé plusieurs poissons qu'on y avoit compris et dont nous avons cru devoir même former plusieurs genres ditiérens, et nous n'avons présenté comme véritables scombres , comme semblables par les ca- ractères génériques aux maquereaux , aux bonites, aux thons et par conséquent aux poissons reconnus depuis long - tems pour des scombres proprement dits, que Jes tho- racins qui ont, ainsi que les thons, les ma- quereaux et les boniles, deux nageoires dorsales, et en outre une série de nag-oii es très-petites, mais distinctes, placée entre lëÈ seconde nageoire du dos et la iîageoii e de la queue, et une seconde rangée d'autres nageoires analogues, située entre cette même nageoire de la queue et celle de l'anus. On a nommé DES SCOMBRES. 289 nommé ces nageoires si peu étendues et si nombreuses , de fausses nageoires ; mais cette expression est impropre , puisqu'elles ont ]es caractères d'un véritable instrument de natation , qu'elles sont composées de rayons soutenus par une membrane , et qu'elles ne diffèrent que par leur .figure et par leurs dimensions , des pectorales , des thoracines , etc. Le nombre de ces petites nageoires va- riant suivant les espèces , c'est d'après ce nombre que nous avons déterminé le rang des divers poissons inscrits sur le tableau du genre. Nous avons présenté les premiers ceux qui ont le plus de ces nageoires addi- tionnelles; et voilà pourquoi nous com- mençons par décrire une espèce de cette famille, que les naturalistes ne connoissent pas encore , dont nous avons trouvé la figure dans les manuscrits de Commerson, et à laquelle nous avons cru devoir donner le nom de cet illustre voyageur , qui a enrichi la science de tant d'observations précieuses. Ce scombre offre dix nageoires supplé- mentaires 5 non seulement très - distinctes , mais très - séparées l'une de l'autre, dans l'intervalle qui sépare la caudale de la JPolss. Tome VIL T 390 HISTOIRE seconde nageoire du dos; et dix autres na« geoires conformées et disposées de même régnent au dessous de la queue. Ces nageoires sont composées chacune de quatre ou cinq petits l'ayons réunis par une membrane légère, rapprochés à leur base, et divergens à leur sommet. Le corps et la queue de l'animal sont d'ailleurs extrêmement alongés , ainsi que les mâchoires , qui sont aussi avancées Tune que l'autre 5 et garnies toutes les deux d'un rang de dents fortes , aiguës et très - dis- tinctes. Le museau est pointu; l'œil gros ; chaque opercule composé de deux lames arrondies dans leur contour postérieur; la première dorsale longue et très-basse^ sur- tout à mesure qu'elle s'avance vers la queue ; la seconde dorsale échancrée par derrière, très-courte et semblable à celle de l'anus; îa caudale très - échancrée en forme de croissant; la ligne latérale ondulée d'une manière peu commune, et fléchie par des sinuosités d'autant plus sensibles qu'elles sont plus près de l'extrémité de la queue; et la couleur générale du scombre, argen-r lée , foncée sur le dos, et variée sur les côtés par des taches nombreuses et irrégulières. DES SCOMBRES. ag^^ Nous n'avons besoin, pour terminer le portrait du commerson, que d'ajouter que ies thoraciaes sont triangulaires comme les pectorales ; mais beaucoup plus petites que ces dernières (i). (n) i8 rayons à la. première nageoire du dp|. 5 2g3 HIST0IRI3 LE G U A R E (i). LE SCOMBRE GUARE (2), PAU L A C É P É D E. SECONDE ESPÈCE. V^'est dans FAmérique méridionale que l'on a observé le guai e. 11 a , comme le (i) Au Brésil , guara-tereha, Scombre de Rottler. Bloch , pi. cccxlvi. Scomber llneâ laterali aculeatâ , pinnœ ani ossicU" lorum viginli. Seba , Tlies. tom. III , p. 74 » fig* tab. 27 , n*^ 3. Scomber pinnuîis clccem , llneâ laterali loricatâ,, . . scomber cordyla. Lin. Syst. nat. edit. Gnicl. gen. 170, gp.4. — Artedi, Gen. pisc. gen. 25 , n*^ 6. addilament. S O N N I N I. {2) Scomber guara. Scomber cordyla. Lin. édit. de Gmelin. Scombre guare. Daubenton , I^ncycl. méthod. — Bonaterre , pi. de VEncycl. méthod. Scomber lineâ laterali curvâ , tabellis osseis loricatâ. Gronov. Act. Upsal. l'jSo , p. 56. Scomber compressus , latus ^etc. Gron. Zoopb. 3o7» Guara tereha. MarcgraV. Brasil. 172. Trachurus hrasiliensis. Ray , Pisc. 9?^ DES SCOMBRES. 29^ commersoii , dix petites nageoires au dessus ainsi qu'au dessous de la queue. Mais indé- pendamment d'autres différences , sa ligne latérale est garnie de petites plaques plus ou moins dures et presque osseuses ; et Ton voit au devant de sa nageoire de 1 anus une petite nageoire composée d'une mem- brane et de deux rayons ; ou , pour mieux dire, le guare présente deux nageoires anales, tandis que le scombre commerson n'en montre qu'une (1) {2). ■ » 1 1 > . Il 1 1 ,^ (i) A la première nageoire du dos. 7 rayons. A la seconde C) A chacune des pectorales .... i5 A chacune des thoracines . A la première de l'anus . A la seconde A celle de la queue . . . (2) La couleur du guare sur le dos et les côtés ^ jusqu'à la moitié de sa longueur , est d'un verd dé bouteille mélangé de bleuâtre ; le reste des côtés et le ventre sont blanchâtres, mais brillans de couleur d'or-, les nageoires du ventre sont blanches , et toute© les autres dorées. Ce poisson, dit Marcgrave , est bon- à manger. S o n n i n !• T 5 6 2 20 5g4 H î S T O I R JB] LE THON ( 1 ), LE SCOMBRE THON (2), PARLACÈPÊDE. TROISIÈME ESPÈCE. Koyez la planche XXXII ^fig, i. Ju'iMAGiNATiôN s'élève à une bien grande hauteur, et les jouissances de Tes- prit deviennent bien vives, toutes les fois (i) JLe thon» En allemand , thun, thunfish, A Héi- îigeland , springèr. En Danemarck , tantele. En Nor- vège et en Laponiê , mahrell-starie. En Hollande , thonyn. En Italie , thonno. En Sardaigne , scampirro j c'est-à-dire, />oJ5.ço;2 chétif^s'W ne pèse que cent livres; mezzo ' tonno on demi-thon ^ s'il ne surpasse pas trois cents livres ; tonno , <3e trois cents livres et au dessus; îoiino golfitano ^ celui qui entre dans les golfes ; tonna corsa , celui qui resté en hante mer. A Malte , iitoho En Espagne , àlbac'oré. En IPortugal, cavala. Aux îles Canaries ; aèèûfcor. Aux îles Antilles , ^reTrao/ï. Aux Maldives , talling. Au Brésil , gnara-pucu. Scombsr pintiulis noyem^pinnd dorsi priore plicatâf 1. LE TnoN . 5. LA iioî^itp: . 13 ES SCOMBRES. 2ç)5 que l'étude des productions de la Nature dentihus planis lanceolatis , maxillà supsriore acutâ. Laefl. Episf. Scomber pinnuUs utrinque octo, . . scomber thynnus. Lia. Syst. nat. edit. Gmel. gen. 170 , sp. 3. Scomber pinnulis siiprà infràque octo , corpore plumbeo,,.. scomber thynnus. Brunnich , Iclitbyol. massi!. p. 70 , n° 86. Sonnini. (2) Scomher thynnufi. Sar quelques rivages de France, ton. Dans quelques provinces méridionales, athon. Auprès de Marseille , toun. Sur les côtes de la Ligurie , tonna. En Ani^leterre , tunny fish , spanisk mackrell. — Orcynus. — Dans quelques contrées d*Eu- Tope y albacore. Aux Maldives, falling-talling, Scomher tliynnus. Lin. édit. de Gmelin. Sconibre thon. Danhenlon, Encyclop. raétliod. — Bonaterie, pl.de l'Encyc. méthod. — Mliil. Prodrom. P 47 » »*" 596. Scomber pinnulis suprà infràque octo. Brunn. Fisc. massii. pag. 70 , n" 86- Scomber alb ican s , seu. albecor. Osb. It. 60. (Il est inutile d'observer que ces noms iValbieor ou à^ albecor, albacor, alhocore ont été donnés, par plusieurs voya- geurs et par quelques naturalistes , à différentes espèces de scombres , ainsi que nous aurons de nouvelles occa- sions de le faire remarquer.) Scomher pinnulis octo seu novem in extremo dorso , aulco ad pinnas ventrales Artedi , gen. 5i , syn. 49» O'thynnos. A> isfot. lib. 2 , cap. i3 ; lib. 4 , cap. 10 . îib. 5 , cap. 9 , 10 et 1 1 ; lib. 6 , cap. 17 ; lib. 8 , cap. 2 , 12, i5, i5, 19 et 3o j et lib. 9, cap. 2. — jElian. lib. 9, T 4 2Ç)6 H I S T O I R E conduit à une contemplation plus atteniive cap. 4*2 j P- 549; lib. i5, cap. i5 , 16 , 27 ; et lib. i5 ^ cap. 5; 5 et G. — Athen. lib. 7 , p. 5oi , 3o2 , 5o5j Sig, — Oppian. liitlî. lib. 2 , p. 48- Thunitus. Ovid. Hall. v. 98. — Gaz. Arist. — Aîdrov. lib. 3, cap. 18 , p. 5i5. — .Toiislori , lib. 1 , tit, i. cap. 2 , a. I , tab. 5 , fig. 2. Thunnus f sive thynnus. Beîon. — Gesner, p. 957, 967 , 1148, et ( Germ.) fol. 58 , h, — Ray, p. 67. ThunnuSy vel orcynus. Sclionev. p- 75. Thynnus, Plin. lib. 9, cap. i5 ; et lib. 52 ., cap. îï. — Solin. Polyhist. cap. 18, 11. — -Cuba , lib. 3, cap. 96, fol. 92 , ^'. — P. Jov. c. 6, p. 52. — Wotton , lib. 8 , cap. i86 ,fol. i63 , b. Scomber dentibus planis lanceolatis , maxilîà superiore acutâ. Lœfl. Epist. Scomber, pinnulis utrinque nouem , dorso dypte- rygio. Gronov. Zooph, 3o5. — Blocb , pi. i>v. Thynnus pinnulis superioribus nouent, inferioribus octo. Brown , Jamaïc. 45i. Coretta alba Pisonis. Wiîlughby, Iclith. tab. M, 5 ;, fig. ,. Thynnus , seu thunnus Belonii. \à. p, 176. Guara pneu. Marcgrav. Brasil. p. 178. — Piso , Indic. p. 59.. Thon , orhynos , grand thon. Rondelet , part, i , liv. 8, cbap. 12. Pelarhis pinnâ dorsali secundâ rubro aut flavo colore infecta , etc. Klein , Miss. pisc. 5 ? p. 12 , n'* 3. Gros thon , vrai thon. Duhamel , Traité des pêches , part. 2 , t. 5 , sect. 7, chap. 2 ; art. i , p. 190 , pt. v. DES SCOMBRES. 297 de la vaste étendue des mers. L'antique Océan nous commande Fadmiration et une sorte de recueillement religieux , lorsque ses eaux paisibles n'offrent à nos yeux qu'une immense plaine liquide. Le spectacle de ses ondes bouleversées par la tempête, et de ses abîmes entr'ouverts au pied des montagnes écumantes formées par ses fiots amoncelés, nous pénètre de ce sentiment profond qu'ins- pire une grande et terrible catastrophe. Et quel ravissement n'éprouve-t-on pas, lorsque ce même Océan ^ ne présentant plus ni l'uni- formité du calme, ni les horreurs des orages conjurés , mollement agité par des vents doux et légers , et resplendissant de tous les feux de l'astre du jour, nous montre toutes les scènes variées des courses, des jeux, des combats et des amours des êtres vivans qu'il renferme dans son sein ! Ce sont principa- lement les poissons auxquels on a donné le nom de pélagiques , qui animent ainsi par leurs mouvemens rapides et multipliés la mer qui les nourrit. On les distingue par cette dénomination, parce qu'ils se tiennent pendant une grande partie de l'année à un© grande distance des rivages. Et parmi ces habit ans des parties de l'Océan les plus éloi- %8 HISTOIRE gnées des cotes, on doit sur- tout rernarqaer les thons dont nous écrivons rhistcire, lies divers attributs qu'ils ont reçus de îa Nature leur donnent une grande préémi- nence sur le plus grand nombre des autres poissons. C'est presque toujours à la surface des eaux qu'ils se livrent au repos , ou qu'ils s'abandonnent à Faction des diverses causes qui peuvent les déterminer à se mouvoir. Ou les voit 9 réunis en troupes très -nom- breuses, bondir avec agilité 5 s'élancer avec force^ cingler avec la vélocité d'une f]èclie> La vivacité avec laquelle ils échappent , pour ainsi dire, à l'œil de l'observatear, est principalement produite par une queue très-îoDgue, et qui, frappant l'onde salée par une face très-élendue, ainsi que par une Bageoire très - large , est animée par des muscles vigoureux, et soutenue de chaque coté par un cartilage qui accroît l'énergie de ces muscles puissans (i)» Lorsque, dans certaines saisons , et parti- culièrement dans celle de la ponte et de îa fécondation des œufs, une nécessité ioîpé- (i) Vo3''ez , âans le Discours sur la nature des poïS5ons , ce que nous avons dit de la natation de «e* animaux. DES SCO MB RE S. S99 iieuse les amène vers quelque plage , ils serrent leurs rangs nombreux , ils se pres- sent les uns contre les autres; et les plus forts ou les plus audacieux précédant leurs compagnons à des distances déterminées par les dégrés de leur vigueur et de leur cou- rage 5 pendant que des nuances difiFérentes composent une sorte d^arrière-garde , plus ou moins prolongée, des individus les plus foibles et les plus timides , on ne doit pas être surpris que la légion forme une sorte de grand parallélogramme anitné , que Ton aperçoit navigant sur la mer, ou qui, na-^ géant au milieu des flots qui le couvrent encore et le dérobent à la vue, s'annonce cependant de loin par le bruit des ondes rapidement refoulées devant ces rapides voyageurs. Des échos ont quelquefois répété cette espèce de bruissement ou de murmure lointain , qui , se propageant alors de rocher eu rocher , et multiplié de rivage en rivage. â ressemblé à ce retentissement sourd, mais imposant, qui, au milieu du calme sinistre des journées brûlantes de l'été , annonce rapproche des nuées orageuses. Malgré leur multitude , leur grandeur , leur force et leur vitesse , ces élémens des isuccès dans Tattaque ou dans la défense, un 5oo HISTOIRE bruit soudain a souvent suspendu une tribu voyageuse de thons au milieu de sa course : on Jes a vus troublés , arrêtés et dispersés par une vive décharge d'ariillerie , ou par un coup de tonnerre subit. Le sens de Fouie n'est même pas, dans ces animaux, le seul que des impressions inattendues ou extraor- dinaires plongent dans une sorte de terreur : un objet d'une forme ou d'une couleur singulière suffit pour ébranler Torgane de leur vue , de manière à les efïrayer et à interrompre leurs habitudes les plus cons- tantes. Ces derniers effets ont été remar- qués par plusieurs voyageurs modernes, et n'avoient pas échappé aux navigateurs an- ciens. Pline rapporte, par exemple, que, dans le printems, les thons passoient en troupes composées d'un grand nombre d'in- dividus, de la Méditerranée , dans le Pont- Euxin ou mer Noire ; que dans le bosphore de Thrace , qui réunit la Propontide à FEuxin , et dans le détroit qui sépare l'Eu- rope de l'Asie , un rocher d'une blancheur éblouissante et d'une grande hauteur s'éle- "voit auprès de Chaîcédoine sur le rivage asiatique,* que l'éclat de cette roche, frappant subitement les légions de thons, les elfrayoit au point de les contraindre à se précipiter; DES SCOMBRES. 5oi vers le cap de Byzance, opposé à la rive de Chalcédoine; que cette direction forcée dans le vojMge de ces sconibres en rendoit la pêche très -abondante aupiès de ce cap de Byzance, et presque nulle dans les environs des plages opposées; et que c'esl à cause de ce concours des thons auprès de ce pro- montoire, qu'on lui avoit donné le nom de chrysokeras , ou de corne cT or ^ ou de corne d^ abondance (i) (2). Ces scombres sont cependant très-coura- geux dans la plupart des circonstances de leur vie. Un seul phénomène le prouve- roit ; c'est l'étendue et la durée des courses qu'ils entreprennent. Pour en connoître net- tement la nature, il faut rappeler la dis- tinction que nous avons faite en traitant des poissons en général, entre leurs voyages périodiques et réguliers, et ceux qui ne pré- sentent aucune régularité, ni dans les cir- (1) C'est pour rappeler ce même concours , que les médailles de Byzance présentent l'image du thon. (2) Autrefois le thon étoit en si grande estime en Espagne et en Italie, qu'on le grava sur les monnoies de ces pays. Ce poisson étoit chez les anciens l'image de la fidélité conjugale , et on en mangeoit ordinaire- ment aux repas de noces. Les grecs l'avoient consacré à Diane. S o n w i y 1, 3o2 HISTOIRE constances de teins , ni dans celles de lieu» Les migrations régulières et périodiques des thons sont celles auxquelles ils s'abandon- nent, lorsqu'à l'approche de chaque prin- tems, ou dans une saison plus chaude, sui- vant le climat qu'ils habitent, ils s'avancent vers la température, l'aliment , Peau, l'abri^ la plage, qui conviennent le mieux au be=? soin qui les presse, pour y déposer leurs œufs, ou pour les arroser de leur liqueur vivifiante , ou lorsqu'après s'être débarrassés d'un fluide trop stimulant, ou d'un poids trop incommode , et avoir repris des forces nouvelles dans le repos et Tabondance, ils quittent les côtes de TOcéan avec les beaux jours, regagnent la haute mer, et rentrent dans les profonds asyles quelle leur offre» licurs voyages irréguliers sont ceux qu'ils entreprennent à des époques dénuées de tout caractère de périodicité, qui sont dé- terminés par la nécessité d'échapper à un danger apparent ou réel , de fuir un enne- mi, de poursuivre une proie, d'appaiser une fainj cruelle, et qui, ne se ressemblant ni par l'espace parcouru , ni par la vitesse em- ployée à le franchir, ni par la direction des mouvemens, sont aussi variables et aussi variés que les causes qui les font naître. DES SCOMBRES, 5o3 Dans leurs voyages réguliers, ils ne vont pas conimunémeat chercher bien loin, ni par de grands détours, la rive qui leur est nécessaire , ou la retraite pélagienne qui remplace cetfe rive pendant le règne des hyvers. Mais, dans leurs migrations irrégu- lières, ils parviennent souvent à de très- grandes distances,* ils traversent avec facilité, dans ces circonstances , non seulement des golfes et des mers intérieures, mais même l'antique Océan. Un intervalle de plusieurs centaines de lieues ne les arrête pas; et, malgré leur mobilité naturelle , fidèles à la cause qui a déterminé leur départ , ils con- tinuent avec constance leur course loin- taine (i). Nous lisons dans l'intéressante (ï) La vitesse avec laquelle nagent les poissons , et îa durée constante de cette vitesse , ne paroîtroient pas vraisemblabUs si elles n'étoient pas bien con talées, ils se rassemblent quelquefois en très-grand nombre , et suivent les vaisseaux qui viennent d'Europe à l'Amérique, pendant près de la moitié de leur roule. M. le chevalier de Chimbaud , étant parti de la Martinique pour France par la voie de Marseille, m'écrivit que dans cette traversée , qui fut de plus de cent jours, il rencontra une prodigieuse quantité de thons. Ces poissons accompagnèrent son vaisseau pen- dant quarante-sept jours; ils disparurent tous en mêmp 5o4 HISTOIRE Relation, rédigée et publiée par le général Milet-Mnreau, du voyage de notre célèbre et infortuné navigateur la Pérouse (i) , que des scombres, à la vérité de Tespèce appelée bonite, mais bien moins favorisés que les thons relativement à la faculté de nager avec vitesse et avec constance , suivirent les bâtimens commandés par cet illustre voj^a- geur, depuis les environs de l'île de Pâque jusqu'à l'île Mowée 5 Tune des îles Sand- wich. La troupe de ces scombres , ou le banc de ces poissons, pour employer l'ex- pression de nos marins, fit quinze cents tems , et au moment que l'on quitta l'Océan pour entrer dans le détroit de Gibraltar. On en prit huit cent trente , sans que leur nombre en eût paru diminué. On ne pouvoit pas douter que ce ne fut les mêmes qu'on avoit vas les premiers jours ; ceux qu'on avoit blessés avec le harpon ou avec la ligne , et qu'on rejetoit à la mer parce qu'ils étoient trop petits, i'cparoissoicnt tous les jours avec les marques de leurs blessures , de même que d'autres auxquels o\\ avoit attachés des morceaux d'étoffe ou de linge , et qui se laissoient reprendre une seconde fois. ( Voyage à la Martinique , par Thibault de Chauvalon , pag. 117.) S o N M I N î. (1) Voyage de la Pérouse, rédigé par Miiet-Mureau, ia-4% tome II , p. 129, lieues DES SCOMBRES. 3o5 lieues à la suite de nos frégates : plusieurs de ces animaux, blessés par les foènes ou tridents des matelots français, portoient sur le dos une sorte de signalement qu'il étoit impossible de ne pas distinguer; et Ton reconnoissoit chaque jour les mêmes pois- sons qu'on avoit vus la veille (i). Quelque longue que puisse être la durée de cette puissance qui les maîtrise, plusieurs marins allant d'Europe en Amérique, ou revenant d'Amérique en Europe, ont vu des thons accompagner pendant plus de quarante jours les vaisseaux auprès desquels ils trou voient avec facilité une partie de l'aliment qu'ils aiment; et cette avidité pour les diverses substances nutritives, que l'on peut jeter d'un navire dans la mer, n'est pas le seul lien qui les retienne pendant un très-grand nombre de jours auprès des bâti- mens. L'attentif Commerson a observé une autre cause de leur assiduité auprès de cer- tains vaisseaux, au milieu des mers chaudes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, (i) Voyez ce que nous avons écrit sur la vitesse des poissons, dans notre Discours préliminaire sur la nature de ces animaux. Poiss, Tome VIL V 5o6 HISTOIRE qu'il a parcouiues. Il a écrit , clans ses ma- nuscrits 5 que dans ces mers dont la surface est inondée des rayons d'im soleil brûlant , les thons, ainsi que plusieurs autres pois- sons, ne peuvent se livrer, auprès de cette même surface des eaux, aux difïérens mou- vemens qui leur sont nécessaires, sans être éblouis par une lumière trop vive, ou fati- gués par une chaleur trop ardente : ils cherchent alors le voisinage des rivages es- carpés^ des rochers avancés, des promon- toires élevés , de tout ce qui peut les déro- ber, pendant leurs jeux et leurs évolutions, aux feux de Tastre du jour. Une escadre est pour eux comme une forêt flottante qui leur prête sou ombre protectrice : les vais- seaux, les mâts, les voiles, les antennes sont un abri d'autant plus heureux pour les scombres que, perpétuellement mobile, il les suit, pour ainsi dire, sur le vaste Océan, s'avance avec une vitesse assez égale à celle de ces poissons agiles , favorise toutes leurs manœuvres , ne retarde en quelque sorte aucun de leurs mouveniens ,• et voilà pour- quoi , suivant Commerson , dans la zone torride, et vers le tems des plus grandes chaleurs , les thons qui accompagnent les bâtimens se rangent , avec une attention DES SCOMBRES. 8017 facile à remarquer, du côté des vaisseaux qui n'est pas exposé aux rayons du soleil (]). Au reste, cette habitude de chercher Tonibre des navires peut avoir quelque rap- port avec celle de suspendre leurs courvses pendant les brunies, qui leur est attribuée par quelques voyageurs. Ils interrompent leurs voyages pour plusieurs mois aux ap- proches du froid; et, dès le tems de Pline, on disoit qu'ils hyvernoient dans l'endroit où la mauvaise saison les surpj enoit. Ou prétend que , pendant cette saison rigou- reuse , ils préfèrent pour leur habitation les fonds limoneux. Ils s'y nourrissent de pois- sons ou d'autres animaux de la mer plus foibles qu'eux ; ils se jettent particulière- ment sur les exocets et sur les dupées; les petits scombres deviennent aussi leur proie ; ils n'épargnent pas même les jeunes ani- maux de leur espèce; et comme ils sont très-goulus , et d'ailleurs tourmentés , dans certaines circonstances, par une faim qui ne leur permet pas d'attendre les alimens les plus analogues à leur organisation, ils avalent souvent avec avidité, dans ces re- (i) Nous parlerons encore de cette observation d# Commersou dans Tarliele du scombre germon. Va 3o8 HISTOIRE tj-aites vaseuses et d'hyver, aussi bien que dans les autres portions de la mer qu'ils fréquentent, des fragniens de diverses es- pèces d'algues. Ils ont besoin d'une assez grande quan- tité de nourriture, parce qu'ils présentent comniunénient des dimensions considérables. Pline et les autres auteurs anciens qui ont écrit sur les thons, les ont rangés parmi les poissons les plus remarquables par leur vo- lume. Le naturaliste romain dit qu'on en a voit vu du poids de quinze talens (i) , et- (i) Ce poids de quinze talens attribué à un thon nous paroît bien supérieur à celui qu'ont dû présenter les gros poissons de l'espèce que nous décrivons. En eiFet, le talent des romains, leur centum - pondium , étoit égal, selon Paucton (Métrologie , pag. 761 ), à 6S 7o^ liv^res de France , poids de marc, et le petit talent d'Egypte , d'Arabie, etc. égaloit 46 f^^ ou //o livres de France. Un thon auroit donc pesé au moins 675 livres 5 ce qui ne nous semble pas admissible (^). (^) M. Pennant a décrit un thon de sept pieds dix pouces de long , qui ayoit cinq pieds sept pouces de circonférence. Schoneveld parle d'un autre thon , pris sur les côtes du Ilolstein j qui étoit long de huit pieds et demi. Or , selon r observation de M. Brunnich (Ichthyol. massil. pag. 70) , un poisson de cette espèce qui a deux pieds de longueur ne pesant que sept livres , et celui dont parle M. Pennant ayant quatre cent soixante livres de poids, l'on peut croire qu'un thon de dix pieds pèse sept à huit cents livres. Au reste , nous avons , DES SCOMBRES. ' So^ dont la nageoire de la queue a voit de lar- geur, ou, pour mieux dire, de hauteur, deux coudées et un palme. Les observateurs modernes ont mesuré et pesé des thons de trois cent vingt-cinq centimètres (dix pieds environ) de longueur, et du poids de cin- quante-cinq ou soixante kilogrammes (cent dix à cent vingt livres environ); et cepen- dant ces poissons, ain=i que tous ceux qui n'éclosent pas dans le ventre de leur mère, proviennent d'œufs très-petits : on a com^ paré la grosseur do ceux du thon à celle des graines de pavot. Le corps de ce scombre est très-alongé, et semblable à une sorte de fuseau très- étendu. La tête est petite; l'œil gros; l'ouver- ture de la bouche très -large; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure, et garnie, comme cette dernière, de dents aiguës ; la langue courte et lisse ; Forifice branchial très-grand ; Topercule composé de sur ce sujet , le témoignage positif d'un observateur digne de foi , celui du père Cetti. Ce. jésuite nous assure ( Pesce di Sar- degna, pag. i54) que les thons de mille livres ne sont pas très - rares en Sardaigne, et que l'on y en a pris quelquefois d'énormes , qui ne pesoient pas moins de dix-huit cents livres. Aristote étoit mal informé lorsqu'il a écrit que le thon croît si prompteraent , qu'on peut le voir grossir sensiblement tou« les jours , et qu'il ne vit que deux ans, Sonnini. V 3 3io HISTOIRE deux pièces; le tronc épais et couvert, ainsi que la queue , d'écaillés petites , minces et foiblement attachées. Les petites nageoires de dessus et du dessous de la queue sont communément au nombre de huit ( i ). Quelques observateurs en ont compté neuf dans la partie supérieure et dans la partie inférieure de cette portion de l'animal (2) ; et d'après ce dernier nombre, on pourroit être tenté de croire que l'on peut quelque- fois confondre l'espèce du thon avec celle du germon, dont la queue ofïre aussi par dessus et par dessous huit petites nageoires : mais la proportion des dimensions des pec- torales avec la longueur totale du scombre suffira pour séparer avec facilité les ger- (i) A la première nageoire dorsale. i5 raj'^ous, A la seconde 12 A chacune des pectorales ... 22 A chacune des thoracines. ... 6 i A celle de l'anus . i5 A celle de la queue ...... 25 (2) Browne a compté neuf petites nageoires à la partie supérieure , et huit à l'inférieure. Cetti , que j'ai cité précédemment, dit qu'il en a vu tantôt neuf et tantôt dix. Il paroît que le nombre de ces nageoires augmente à mesure que le thon avance en âge. SoKNlN I. DES SCO MB RE S. 5ii mons des poissons que nous tâchons de bien faire connoître. Dans lès germons , ces pec^ torales s'étendent jusqu'au delà de Torifica de Tanus; et dans ]es thons, elles ne sont jamais assez grandes pour y parvenir; elles se terminent à peu près au dessous de l'endroit du dos où finit la première dor- sale. La nageoire de la queue est figurée en croissant : nous avons fait remarquer son étendue dès le commencement de cet article. Nous avons eu occasion, dans une autre portion de cet ouvrage ( i ) , de parler de ces petits os auxquels on a particulièrement donné Je nom d'arêtes, qui, placés entre les muscles, ajoutent à leur force, que Ton n'aperçoit pas dans toutes les espèces :de poissons , mais, que l'an n'a observés jusqu'à présent que dans ces habi tans des eaux. Ces arêtes sont simples ou fourchues. Nous avons dit de plus que, dans certaines espèces de poissons, elles aboutissoient à Fépine du dos , quoiqu'elles ne fissent pas véritable- ment partie de la charpente osseuse pro- prement dite. Nous avons ajouté que, dans d'autres espèces , non seulement ces arête» (i) Discours sur la nature des poissons. V4 3i2 HISTOIRE n'étoient pas liées avec Ja grande charpente osseuse, mais qu'elles en étoient séparées par difFérens intervalles. Les scornbres, et par conséquent les thons , doivent être comptés parmi ces dernières espèces (i). Telles sont les particularités de la con- formation extérieure et intérieure du thon que nous avons cru convenable d'indiquer, lies couleurs qui le distinguent ne sont pas très- variées , mais agréables et brillantes : les côtés et le dessous de ranimai présentent l'éclat de rargént; le dessus a la nuance de Facier poli ; Tiris est argenté , et sa circon- férence doi éô ,• toutes les nageoires sont jaunes ou jaunâtres , excepté la première du dos, les thoracines et la caudale, dont le ton est d'un gris plus ou moins foncé. Les anciens donnoierit diifêrens noms aux scombres qui sont l'objet de ce4; article, suivant Yàge, et par conséquent le degré de développement de ces animaux. Pline rap- porte qu'on nomuioii corcij^ les les thons (i) Le foie du llion est gros , rougeâlre , e^dlvisé en trois lobes; la rate d'un bleu foncé ; l'œsdpbage large et plissé , et l'estomac alongé ; le canal intes- tinal fait trois sinuosités; îa vésicule du fiel est aussi longue que la cavité du. ventre. Soni^im. DES SCOMBRES. 5i5 très-jeunes qui, venant d'écîore dans la mer Noire, repassoient , pendant l'automne, dans l'Heliespont et dans la Méditerranée, à la suite des légions nombi-euses des auteurs de leurs jours. Arrivés dans la Méditerranée, ils y portoient le nom de pélamides pendant les premiers mois de leur croissance; et ce n'étoit qu'après un an que la dénomination de thon leur étoit appliquée. Nous avons cru d'autant plus utile de faire mention ici de cet antique usage des grecs ou romains, que ces expressions de cordyle et de pélamide ont élé successive- ment employées par plusieurs auteurs an- ciens et modernes dans des sens très-divers; qu'elles serveut maintenant à désigner deux espèces de scombres , le gaare et la bonite , très-difïéj'eutes du véritable thon ; et qu^on ne sauroit prendre trop de soin pour éviter la confusion , qui n'a régné que trop long- tems dans l'étude de l'histoire naturelle. Des animaux marins très-grands et très- puissaus , tels que des squales et des xi- phias (i), sont pour les thons des ennemis dangereux, contre les armes desquels leur (i) Le docteur Bîoch doute que l'espadon, comme l'assurent les icbthyologistes , soitl'eonemi du thon » 5j4 histoire nombre et leur réunion ne peuvent pa^ toujours les défendre. Mais indépendamment de ces adversaires remarquables par leur force ou par leurs dimensions, Je thon ex- pire quelquefois victime d'un être bien petit et bien foible en apparence , mais qui , par les piquures qu'il lui faifc et les tourmens qu'il lui cause , l'agite , l'irrite , le rend fu- rieux 5 à peu près de la même manière que le terrible insecte ailé qui règne dans les déserts brûlans de l'Afrique, est le fléau le plus funeste des panthères , des tigres et des lions, Pline savoit qu'un animal dont il compare le volume à celui d'une araignée; et la figure à celle du scorpion , s'attachoit au thon , se plaçoit auprès ou au dessous de l'une de ses nageoires pectorales , s'y cramponnoit avec force, le piquoit de son aiguillon, et lui causoit une douleur si vive que le scombre, livré à une sorte de délire; et ne pouvant,, malgré tous ses efforts ^ ni immoler ni fuir son ennemi, ni appaiser sa souffrance cruelle, bondissoit avec violence puisque l'espadon , nageant à la surface de l'eau , et le thon près du fond , ces poissons ne se rencontrent jamais. (Histoire naturelle des poissons , l^i^ genre, article du tJwn,) S o N N i N i. DES SCOMBRES. 3i5 au dessus de la surface des eaux, la par- couroit avec rapidité, s'agitoit en tout sens, et ne résistant plus à son état afFieux, ne connoissant ])lus d'autre danger que la durée de son angoisse, excédé, égaré, transporté par une sorte de rage , s'élançoit sur le rivage ou sur le pont d'un vaisseau, où bientôt il trouvoit dans la mort la lin de son tourment (i) (2). C'est parce qu'on a bien observé dans les thons cette nécessité funeste de succomber sous les ennemis que nous venons d'indi- quer, l'habitude du succès contre d'autres animaux moins puissans , le besoin d'une grande quantité de nourriture, la voracité qui les précipite sur des alimens de diffé- rente nature, leur courage habituel, l'au- dace qu'ils montrent dans certains dangers ^ la frayeur que leur inspirent cependant quelques objets, la périodicité d'une partie m II I > Il ■ i ■ I I t (i) Rondelet a fait représenter sur la figure du tlioa qu'il a publiée , le petit animal dont Pline a parlé. (2) Ili torti stimulis inc.ursçint nmdbus altls , Et sœpè in terrani saliunt è gurglte vasto , lïh tanto voWimt luctantia rnemhra dolore^ dit Oppien. Son N I N I. 5i6 HISTOIRE de leurs courses, rirrégularité de plusieurs de leurs voyages et pour les tems et pour les lieux, la durée de leurs migrations, et la facilité de traverser d'immenses portions de la mer , qu'on a très - bien choisi les époques, les endroils et les moyens les plus propies à procurer une pêche abondante des scombres qui nous occupent dans ce moment. En effet, on peut dire, en général, qu'on trouve le thon dans presque toutes les mers chaudes ou tempérées de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique,* mais on ne rencontre pas un égal nombre d'individus de cette espèce dans toutes les saisons, ni dans toutes les portions de mer qu'ils fré- quentent (i). I ^ (i) La bonite. En espagnol , honito. En suédois , bonnet. En giec m oàr^rne , palamida, En turc , palamiû, AhlSLrseiWe , palcunide. Scomber plnnuUs inferioribus septem. y corpore lineis utrinque quatuor nigris scomber pelaniis. Lin. Syst. liât. edit. Guiel. gen, 170, sp. 2. — Brunnich , Ichtliyol. massii. p. 68, n^ 8ï. Sonmni. (2} Scomber pelamides. Bonnet. Pélamide, Scomber pélamis. Lin. édit. de Gmelin. Scombre péiamide. Diubenton , Encyc. méthod. — • Bonalerre , pL de l'Encycl. méthod. Scomber lineis uÊrinque quatuor nigris. Lsefî. lu 102. 536 HISTOIRE les jeunes thons qui n'avoient pas encore atteint J'âge d\in an , étoient déjà nommés pélamides ; et il faut éviter tout ce qui peut faire confondre une espèce avec une aulre. D'ailleurs ce mot pélamide , employé par plu- sieurs des auteurs qui ont écrit sur Fhistoire naturelle , est à peine connu des marins , taudis qu'il n'est presque aucun récit de navigation lointaine dans lequel le nom de bonite ne se retrouve fréquemment. Avec combien de sensations agréables ou fortes cette expression n'est - elle donc pas liée ! Combien de fois n'a-t-elle pas frappé l'ima- gination du jeune homme avide de travaux, de découvertes et de gloire , assis sur un promontoire escarpé, dominant sur la vaste étendue des mers, parcourant l'immensité Bonite. Valmont de Bomare , Dict. d'hist. nat. Scomber pelami.^ jpinnulis supei'iorihus octo , if^fe- riorihas sepLem , tœniis ventralihus longitudinaîibus quatuor nigris. Commferson, Manuscrits déjà cités. Scomher, 2, variet. B. Artedi, gen. 5i , syn. 49* Sconiber pulcher , seu bonite. Osbeck , It. 67. Pelaniis Plinii. Beloii. Pelamis Belonii, Willugliby , p. 180. — Ray , 9 , p. 58 , n'' 2. Pelamis cœrulea. Aldrov. lib. 3, cap. 18, p. 5 1 5. -— Joiist.on , tab. 5 , fig. 5. \ DES SCOMBRES. 557 de rOcéan par sa pensée, et suivant autour du globe par ses désirs enflammés, nos im- mortels navigateurs ! Combien de fois la mémoire ficlelle ne l'a-t-elle pas retracée au marin intrépide et fortuné, qui, forcé par Tàge de ne plus chercher la renommée sur les eaux , rentré dans le port paré de ses trophées, contemplant d'un rivage paisible Tempire des orages qu'il a si souvent affron- tés, rappelle à son ame satisfaite le charme des espaces franchis, des fatigues supportées, des obstacles écartés , des périls surmontés , des plages découvertes, des vents enchaînés, des tempêtes domptées ! Combien de fois n'a -t -elle pas ému, dans le silence d'une retiaite champêtre, le lecteur paisible, mais sensible , que le besoin lieureux de s'ins-. truire , ou l'envie de répandre les plaisirs variés de l'occupation de l'esprit sur la mo- notonie de la solitude , sur le calme du repos, sur l'ennui du désœuvrement, atta- chent , pour ainsi dire , et par une sorte d'enchantemer i irrésistible, sur les pas des hardis voyageurs! Qiie de douces et de vives jouissances ! Et pourquoi laisser échapper un seul des moyens de les reproduire, de les multiplier, de les étendre, d'en embellir, l'étude de la science que nous cultivons? Foiss, Tome VIL Y 558 HISTOIRE Cette bonite dont le nom est si connu , est •cependant encore assez mal connue elle- même : heureusement Commerson , qui la 4)bservée en habile naturaliste dans ses formes et dans ses habitudes , nous a laissé dans ses manuscrits de quoi completter rimage de ce scombre. L'ensemble formé par le corps et la queue de fFanimal, musculeux, épais et pesant^ finit par derrière en cône. Le dessus de la tête, le dos, les nageoires supérieures, sont d'un bleu noirâtre; les côtés sont bleus; la })artie inférieure est d\in blanc argentin : quatre raies longitudinales un peu larges et d'un brun noirâtre, s'étendent de chaque côlé au dessous de la ligne latérale, et sur ce fond que nous venons d'indiquer comme argenté , et que Commerson a vu cependant brunâtre dans quelques individus; les na- geoires thoracines sont brunes ; celle de l'anus est argentée; l'intérieur de la gueule est noirâtre; et ce qui est assez remarqimble, c'est que l'iris, le dessous de la tête, et même la langue , paroissent , suivant Comnierson , revêtus de l'éclat de For. Parlons maintenant des formes de la bonite. La tête , ayant un peu celle d'un cône , DES SCOMBRES. 35g est d'ailleurs lisse et dénuée d 'écailles pro- prement dites. Un sim};le rang de dents très-petites garnit la mâchoire siipéjieure, qui n'est point extensible, et l'inférieure qui est plus avancée que celle d'en haut. L'ou- verture de la bouche a la grandeur néces- saire pour que la bonite puisse avaler faci- lement un exocet. La langue est petite , étroite , courte , maigre, deaii- cartilagineuse, relevée dans ses bords; la voûte du palais très -lisse ; l'orifice de chaque naiine voisin de l'œil , unique et fait en forme de ligne longue , très -étroite et verticale; Foeil ti es- grand, ovale , peu convexe , sans voile ; l'opercule branchial composé de deux lames arrondies par derrière, dénuées de petites écailles, et dont la postérieure embrasse celle de devant. Des dents arrangées comme celles d'un peigne garnissent l'intérieur des arcs osseux qui soutiennent les branchies ; elles sont très-longues dans les arcs antérieurs. Les écailles qui recouvrent le corps et la queue sont petites, presque pentag^iues, et fortement attachées les unes au dessus des autres. Chacune des nageoires pectorales , dont Y 2 34o HISTOIRE îa longueur est à peine égale à ]a moitié de Tespace compris enlre leur* base et l'ou- verture de l'anus, peut être reçue dans une cavité gravée, pour ainsi dire, sur la poitrine de Taiiinial, et dont la foi me ainsi que la grandeur sont semblables à celles de la nageoire. On voit une fossette analogtie propre à recevoir chacune des tlioracines au dessous desquelles on peut reconnoitre l'existence d'un cartilage caché par la peau (i). La nageoire de Tan us est la plus petite de toutes. La première du dos, faite en forme de faux , et composée uniquement de rayons non articulés, peut être couchée à la volonté de la bonite , et , pour ainsi dire , entiè- rement cachée dans un sillon longiludinal; la seconde dorsale, placée presque au dessus (i) 7 rayons à la membrane branchiale. i5 rayons non articulés à la première nageoire du dos. 12 rayons à la seconde dorsale. I ou 2 aiguillons , et 26 ou 27 rayons articulés à chacune des pectorales. I aiguillon et 5 rayons articulés à chacune des Ihoracines. 12 rayons à celle de l'anus. 3o rayons à celle de la queue. DES SCOMBRES. 641 de celle de l'anus, est à peine plus avimcée et plus grande que cette dernière. La na- geoire de la queue paroît très- for te et repré- sente un croissant dont les deux cornes sont égales et très-écartées. Entre cette nageoire et la seconde du dos, on voit huit petites nageoires,* on n'en trouve que sept au dessous de la queue : mais il faut observer que, dans quelques individus, le dernier lobe de la seconde dorsale, et celui de la nageoire de Tanus, ont pu être conformés de manièie à ressembler beau- coup à une petite nageoire; et voilà pour- quoi on a cru devoir compter neuf petites nageoires au dessus et huit au dessous de la queue de la bonite. Les deux côtés de celte même queue présentent uneappendice cartilagineuse , un peu diaphane, élevée en carène, et suivie de deux stries longitudinales qui tendent à se rapprocher vers la nageoire caudale. La ligne latérale , à peine sensible dans sou origine, fléchie ensuite plus d'une fois , devient droite et s'avance vers Textrémité de la queue. La bonite a presque toujours plus de six décimètres (environ vingt -un pouces) de longueur : elle se nourrit quelquefois de Y 5 542 HISTOIRE plantes marines et d'animaux à coquille ^ dont Commerson a trouvé des fragmens dans Tintérieur de plusieurs individus de cette espèce qu'il a disséqués; le plus sou- vent néanmoins elle piéféredes exocets ou des triures. On la rencontre dans le grand Océan , aussi bien que dans l'océan Atlan- tique ; mais on ne la voit communément que dans les environs de la zone torride : elle y est la victime de plusieurs grands animaux marins; elle y périt aussi très- fiéquemment dans les rets des navigateurs , qui trouvent le goût de sa chair d'autant plus agréable, que, lorsqu'ils prennent ce scombre , ils ont été communément privés depuis plusieurs jours de nourriture fraîche; et, poisson misérable ^ pour employer l'ex- pression de Commerson, elle porte dans ses entrailles des ennemis très-nombreux; ses intestins sont remplis de petits tœnia et d'ascarides ; jusques sous sa plèvre et sous son péritoine sont logés des vers cucur- bitins , très -blancs, très -petits et très- nibus ; et son estomac renferme d'autres animaux sans vertèbres, que Commerson a cru devoir comprendre dans le genre des sangsues. Avant de terminer cet article, nous DES SCO MB RE S. 343 croyons utile de bien faiie coniioître quel- ques-unes des principales dilférences qui séparent la bonite du thazard, avec lequel on pouiToit la confondre. Premièrement, la bonite a sur le ventre des raies noirâtres et longitudinales qui manquent sur le tha- zard. Deuxièmement , son corps est plus épais et moins arrondi. Tioisièmement, elle n"a pas , comme le thazard , une tache bleue sous chaque œil. Quatrièmement , elle est couverte , sur tout le corps et la queue , d'écaillés placées les unes au dessus des autres : le thazard n'en montre d'analogues que sur le dos et quelques autres parties de sa surface. Cinquièmement, sa membrane branchiale est soutenue par sept rayons; celle du thazard n'en comprend que six. Sixièmement, le nombre des rayons est dif- férent dans les pectorales ainsi que dans la premièie dorsale de la bonite, et dans les pec- torales ainsi que dans la première dorsale du thazard. Septièmenaent, le cartilage situé au dessous des thoracines est caché par la peail dans le ihazard; il est à découvert dans la bonite. Huitièmement, la queue est plus profondément échancrée dans la bonite que dans le thazard. Neuvièmement, la ligne latérale diffère dans ces deux scombres, et Y 4 ^ S44 HISTOIRE par le lieu de son origine , et par ses sinuo- sités. Dixièniement enfin , la couleur de la chair du thazard est jaunâtre. Que l'on considère avec Commerson qu'aucun de ces caractères ne dépend ni de l'âge ni du sexe, et l'on sera convaincu, avec ce naturaliste, que la bonite est une espèce de scombre très- différente de celle du thazard, décrite pour la première fois par ce savant voj ageur. DES SCOMBRES. 345 L'ALALUNGA (i), LE SCOMBRE SARDE ou ALATUNGA (2), PAR JjACÈVÈBEu SEPTIÈME ESPÈCE. \^E scombre, dont les naturalistes doivent la première description au savant Celti , (r) C'est alalunga et non alatunga qu'il faut écrire le riom de ce poisson , parce que c'est ainsi que les sardes l'appellent. A Malte , accola par les liabilans, et thon blanc par les français. Scomber pinnis pectoralïbus longissimis ^ pinnuUs caudœ utrinque septem scomber alatunga. Lin. Syst. nat. cdit. Gmel. gen. 170, sp. 14 — Arledi ,Gen. pisc. gen. 2"), u** 22. additament. species adhuc dubiœ. S o M i-f 1 N 1. (2) Scomber alatunga. Idem. Lin cdit, de Gmelin. — Cetti , Pisc. e anf, di Sard. p 198. Scombre alatunga, Bouaterre ; pi. de l'Encyc. mélh. 546 H 1 S 1 O 1 R E auteur de THistoire des poissons et des amphibies de ]a Sardaigne , vit dans là Meditenanée connue Je thon. On Vy voit, de même que ce dernier poisson, paroître régulièrement à certaines époques; et cette espèce se montre également en troupes nombreuses et bruyantes. Sa chair est blanche et agréable au goût. L'alatunga a d'ailleurs beaucoup de rappoils dans sa conformation avec le thon; mais il ne par- vient ordinairement qu'au poids de sept ou huit kilogrammes (quatorze ou seize livres). Il n'a que sept petites nageoires au dessus et au dessous de la queue ; et ses nageoires pectorales sont si alongées, qu'elles attei- gnent Jusqu'à la seconde nageoire dorsale. Au reste , il est aisé de voir que presque tous ses traits, et particulièrement le der- nier, le séparent de la bonite et du thazard, aussi bien que du thon ; et la longueur de ses pectorales ne peut le faire confondre Scomher sarcla. Sur pUirâeurs côtes i\' cap. i, p. 798. — Alhen. lib. 3, p. i2i. — Oppian. Halieut. lib. i, fol. 108 et 109 j et lib. 5. Scomher, Ovid. Halieut. v. 94. Scomber. Columell. lib. 8, cap. 17. Scomber. Piin. lib. 9 , cap. i5 ; lib. 5i , cap. 8 ; et lib. 3â , cap. 1 1. Maquereau, Rondelet , part, i , liv. 8 , cliap. 7. , Scomhrwi. Id. ibid. *Sc*o/?î6f?/'. Gesner , 841 , 1012 ; et (Germ.) fol. 57. . Scornbrus, Id. — Schonev. p. 66. — Aldiov. lib. 2 , cap. 55, p. 270. — Jonston, lib. i , tit. 5 , cap. 5 , a j. 553 HISTOIRE portions de FOcéan qu^environnent les zones torride et tempérée. Pour connoître main- tenant , observer et comparer tous les cli- mats sous lesquels la Nature a placé le scombre maquereau , nous devons porter nos regards bien plus loin encore. Que notre vue s'étende jusqu'au pôle du globe, jusqu'à celui autour duquel scintillent les deux ourses. Quel spectacle nouveau , majes- tueux , terrible va paroître à nos yeux! Des rivages couverts de frimas amoncelés et de glaces éternelles unissent, sans les distin- guer , une terre qui disparoît sous des couches épaisses de neiges endurcies, à une nier immobile, froide, gelée, solide dans sa surface, et surchargée au loin d'énormes glaçons entassés en montagnes sinueuses, ou élevés en pics sourcilleux. Sur cet Océan pnnct. 6 , p. 92 , tab. 21 , fig. 9, 1 1. — Willugbbj, pag. 181. Mackrell. Ray, p. 58. Scomber , scomhrus. Charlet. p. 147» — Wotlon , lib. 8 , cap. 188 , p. 166 , b. — Salvian. fol. 239 , h, 241 , 242. Pelamis corpore casflgaùo , etc. Klein , Miss. pisc. 5, p. 12 , n° 5 , lab. 4 , fig. 1. — Gronov. Mas. 1 , p. 54 , n^ 81 -, et Zooph. p. 93 , w° 3o4. — Biit. Zoolog, 3, p. :>2i , n* I. endurci DES SCOMBRES. 555 endurci par le froid, chaque année ne voit régner qu'un seul jour; et pendant ce jour unique, dont la durée s'étend au deià de six mois, le soleil, peu exhaussé au dessus de la suifcice des mers, mais paroissciut tourner sans cesse autour de Taxe du mondes élevant ou abaissant perpétuellement ses orbes, mais enchaînant toujours ses circon- volutions,* coujnaençant^ toutes les fois qu^il répond au même méridien , un nouveau tour de son immense spirale; ne lançant que des rayons presque horisontaux et facile- ment réfléchis par les plans verticaux des én I mm I ■ LE SCOMBRE ALBACORE (i), PAR LACÉPÉDE. DOUZIÈME ESPÈCE, jLj e nom d'albacore on ^albicore a été donné , ainsi que ceux de germon , de thazard^ et de bonite ou pélamide , à plu- sieurs espèces de scombres ; ce qui n'a pas jeté peu de confusion dans Thistoiie de ces animaux. Nous l'appliquons exclusivement, pour éviter toute équivoque, à un poisson de la famille dont nous traitons , et dont Sloane a fait mention dans son Histoire de la Jamaïque. Ce scombre , qui habite dans le bassin des Antilles , est couvert de petites écailles. L'individu décrit par Sloane a voit seize décimètres ( quatre pieds dix pouces) de longueur, et un mètre ( trois pieds ) de cir- (i) Scomher albacorus. Sloane, Hist. nat. of Jamaïc, vol. II, p. II. Scombre albacore. Bonaterre , pi. de l'Enc. méth. Scomber albacares, Id. ibid. Poiss. Tome VIL Eb 586 HISTOIRE conférence à Tendroit Je plus gros du corps.' Ses mâchoires , longues de deux décimètres (sept pouces), ou environ, étoient garnies chacune dune rangée de dents courtes et aiguës. On pouvoit voir, au dessus des oper- cules , deux arêtes cachées en partie sous une peau luisante. On comptoit, au dessus et au dessous de la queue, plusieurs petites nageoires séparées l'une de Tautie par un intervalle de cinq centime! res (vingt-deux lignes) ou à peu près. Lanageoiie de l'anus se terminoit en pointe, et avoit trente-deux centimètres ( près d'un pied ) de long et huit centimètres (trois pouces) de haut. Celle de la queue étoit en croissant. Les deux saillies latérales et longitudinales de la queue avoient plus de deux centimètres ( neuf lignes) d'élévation. Plusieurs parties de la surface de l'animal étoient blanches, les autres d'une couleur foncée. DES SCOMBEROIDES. 387 SOIXANTE-UNIÈME GENRE. PAU L A C É P È D E. LES SCOMBEROIDES. jD e petites nageoires au dessus et ou des- sous de ]a queue ; une seule nageoire dorsale; plusieurs aiguillons au devant de la nageoire du dos. PREMIÈRE ESPÈCE. Le scoMBÉROiDE NOEE ,* scomheroïcles Noelii. — iyi:s. petites nageoires au dessus et quatorze au dessous de la queue; sept aiguillons recourbés au devant de la nageoire du dos. SECONDE ESPÈCE. Le scombéroïde commersonnien; scom- heroïcles commersonnianns . — D(^uze petites nageoires au dessus et au dessous de la queue; six aiguillons au devant de la na- geoire du dos. TROISIÈME espèce. Le scombéroïde sauteur; scomheroïdes saltator, — Sept petites nageoires au dessus et huit au dessous de la queue ; quatre aiguil- lons au devant de la nageoire du dos. Bb 2 388 HISTOIRE LE SCOMBÈROIDE NOËL (i), PAR LACÉPÉDE. / PREMIÈRE ESPÈCE. A u c u N E des espèces que nous avons cru devoir comprendre dans le genre dont nous allons nous occuper , n'est encore connue des naturalistes ( 2 ). Nous avons donné à la famille qu'elles composent le nom de scombéroïde , pour désigner les rapports qui la lient avec les scombres. Elle tient, à quelques égards, le milieu entre ces scom- bres 5 auxquels elle ressemble par les petites nageoires qu'elle montre au dessus et au dessous de la queue , et entre les gasté- rostées , dont elle se rapproche par la série d'aiguillons qui tiennent lieu d'une première nageoire dorsale. Nous nommons scombéroïde noè'lla, pre- mière des trois espèces que nous avons inscrites dans ce genre, pour donner une marque solemnelle de reconnoissance et d'estime à Noël, de Rouen, qui mérite si (i) Scomheroïdes Noelil, (2) Le scombre sauteur, troisième espèce des scom- béroïdes de Lacépède, a été décrit par le docteur Bloch. S o N îi 1 N 1,^ DES SCOMBÉROIDES. 589 bien chaque jour les remercîmens des na- turalistes par ses travaux , et dont les obser- vations exactes ont enrichi tant de pages de l'histoire que nous écrivons. Nous Tavons décrite d'après un individu desséché et bien conservé , qui faisoit partie de la collection cédée à la France par la Hollande, et envoyée au museuin d'his- toire naturelle. Ce poisson avoit dix petites nageoires au dessus de la queue, et quatorze au dessous- de cette même partie. Sept aiguilions re- courbés en arrière , et placés longitudinale^ ment au delà de la nuque, tenoient lieu de première nageoire du dos; deux aiguillons paroissoient au devant de la nageoire de l'anus. Six taches ou petites bandes trans- versales s'étendoient de chaque côté de l'animal, et lui donnoient, ainsi que l'en- semble de sa conformation , beaucoup de ressemblance avec le maquereau. La na- geoire de la queue étoit fourchue (1). (i) A la nageoire dorsale 9 rayons. A cbacune des pectorales .... 18 1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à cha- cune des thoracines. A la nageoire de l'anus .... 26 A celle de la queue 26 Bb 5 3ç)o HISTOIRE LE SCOMBÉROIDE COMMERSONNIEN (i), PARLACÈPÉDE. SECONDE ESPÈCE. vy E scombéroïde , que nous avons décrit d'après Commerson , est un poisson d'un grand volume. Sa hauteur et son épais- seur, assez grandes relativement à sa lon- gueur , doivent lui donner un poids consi- dérable. On voit, à la place d'une piemière nageoire dorsale , six aiguillons recourbés , pointus et très -séparés Fun de Fautre. Ou compte douze petites nageoires au dessus et au dessous de la queue (2). La nageoire (i) Scoinberoïdes commersonnianus. Scomber pinnulis dorsi et ani duodecim circiter vix distinctiii , spinis in anteriore dorso sex discretis , ponè anum diiabiis ; — i^el maciilis orhicularihus supra lineain lateralem utrinque sex ad octo , cœruleis» Commerson, rrinnusciits déjà cités. (2) Ce nombre douze est expressément indiqué dans la, desciiplion manuscrite de Commerson , à DES SCOMBEROIDES. 591 caudale est très- fourchue. .Deux aiguillons très -distincts sont placés au devant de la pageoire de l'anus ; chaque opercule est composé de deux pièces. Les deux mâchoires sont garnies de dents égales et aiguës : lïn- férieure est plus avancée que la supérieure. De chaque côté du dos paroissent des taches d'une nuance très -foncée, rondes, ordinairement au nombre de huit, et iné- gales en surface ; la plus grande est le plus souvent située au dessous de la nageoire dorsale, et le diamètre des autres est d'autaiit plus petit qu'elles sont plus rapprochées de la tête ou de la queue. Les nageoires pec- torales ne sont guère plus étendues que les thoracines. On trouve le commersounien dans la mer voisine du fort Dauphin de l'île de Madagascar. ■ ■■ » laquelle nous avons dû conformer notre texte, plutôt qu'au dessin que ce naturaliste a laissé dans sespapiersT^ et diaprés lequel on attribueroit au scombéroïde que nous faisons Xîonnoître , dix petites nageoires supé- rieures , et treize petites nageoires inférieures. Bb 4 392 HISTOIRE LE SAUTEUR (i). LE SCOMBEROIDE SAUTEUR (2), PAR LACEPÈDE. TROSIÈME ESPECE. iN OU S avons trouvé dans les manuscrits de Plumier , que Ton conserve dans la bibliothèque nationale , un dessin de ce poisson. Ce naturaliste le nonimoit petite pélamide ou petite bonite, vulgairement îe sauteur. Nous avons conservé au scombé- Wide que nous décrivons ce nom distinclif ou spécifique de sauteur, parce qu'il indique îa faculté de s'élancer au dessus ,de la sur- B I I .... J (i) Le sauteur. En anglais, Jumper. En allemand, springer. Le sauteur. Blocli , Histoire naturelle clés poissons^ genre 42 , fig. pi. cccxxxv. SoNNim. (2) Scomheroïdes saltator. Pelamis minima , vulgo sauteur. (Plumier ; manus- crits déposés à la Bibliotlièçj^ue nationale. ) DES SCOMBEROIDES. SgS face des eaux , et par conséquent une partie intéressante de ses habitudes. Cet animal a sept petites nageoires au dessus de la queue, et huit autres nageoires analogues sont placées au dessous. La der- nière de ces petites nageoires , tant des su- périeures que des inférieures , est très-longue et faite en forme de faux. La ligne latérale est un peu ondulée dans tout son cours : elle descend d'ailleurs vers le ventre, lorsqu'elle est parvenue à peu près au dessus des nageoires pectorales. Deux aiguillons réunis par une membrane sont situés au devant de la nageoire de l'anus. Deux lames composent chaque opercule. La mâchoire inférieure s'avance au delà de la supérieure. On compte neuf rayons à la nageoire du dos et à chacune des pecto- rales (i). Cette nageoire dorsale et celle de l'anus sont conformées de manière à lepré- senter une faux. Au lieu d'une première nageoire du dos, on voit quatre aiguillons forts et recourbés qui ne sont pas réunis par une membrane commune de manière à composer une véritable nageoire, mais qui, » ' ■' I ■ I I n (i) A chacune des thoracines. ... 7 rayons. A la nageoire de l'aaus i5 594 HISTOIRE étant garnis chacun d'une petite membrane triangulaire qui les retient et les empêche d'être inchnés vers la tète 5 donnent à l'ani- jDal un nouveau rapport avec les scombres proprement dits (1). » . (i) Le sauteur se trouve abondamment dans la mer des Antilles; sa chair est aussi bonne que celle du maquereau. Lorsqu'il se sent pris dans les filets , il s'efforce de s'édiapper en sautant, d'où lui est venu le nom de sauteur. SohJSiNio D E s C A R A N X. 396 SOIXANTE - DEUXIÈME GENRE. PAR LACÉPÈDE. LES CARANX. J_J EUX nageoires dorsales ; point de petites nageoires au dessus ni au dessous de la queue ; les côtés de la queue relevés - longitudinalement en carène , ou une pe- tite nageoire composée de deux aiguillons et d'une membrane au devant de la na- geoire de l'anus. PREMIER SOUS-GENRE. Point d'aiguillon isolé entre les deux nageoires dorsales. PRE J\r I ÈRE ESPÈCE. Le CARANX TRACHURE I caranx trachurus. — Trente-quatre ra^^onâ à la seconde na-* geoire du dos ; trente rayons à la nageoire de l'anus; la ligne latérale garnie de pe- tites plaques donl chacune est armée d'un aiguillon. 596 HISTOIRE SECONDE ESPECE. Le caranx amie; caranx amia. -^ Trente-quatre rayons à la seconde nageoire du dos ; le deinier rayon de cette nageoire très-long; vingt-quatre rayons à la nageoire de Tanus. / troisième ESPECE. liE CARANX QUEUE- JAUNE ; caranx chry- siirus, — Vingt -six raj^^ons à la seconde nageoire dorsale ; trente rayons à celle de ranns; de très- petites dents ou point de dents aux mâclioires. QUATRIÈME ESPÈCE. Le caranx glauque ; caranx glaucus. — Vingt-six rayons à la seconde nageoire dor- sale; le second rayon de cette nageoire très- long; vingt -cinq rayons à la^ nageoire de Fanus. CINQUIEME ESPÈCE. Le caranx BiiANc; caranx aihus. — Vingt-cinq rayons à la seconde nageoire du dos; vingt rayons à celle de l'anus; la queue non carénée latéralement; la couleur gé- nérale blanche ; les côtés de la queue et la nageoire caudale jaunes. DÉS C A R A N X. Jg? SIXIÈME ESPÈCE. Le caranx queue-rouge; caranx ery^ thmrus. — Vingt-deux rayons à la seconde uageoii'e du dos; quarante rayons à celle de Tanus; une tache noire sur la partie posté- rieure de chaque opercule. SEPTIÈME ESPÈCE. Le caranx filamenteux; caranx fila- mentosus. — Vingt-deux rayons à la seconde nageoire du dos ; dix-huit à celle de l'anus; des fîlamens à la seconde nageoire du dos et à celle de l'anus. huitième espèce. Le caranx daubenton ; caranx Dau^ hentonii, — Vingt-deux rayons à la seconde nageoire du dos ; quatorze à celle de l'anus; les deux mâchoires également avancées; la ligne latérale rude, tortueuse et dorée. neuvième espèce. Le caranx très-beau; caranx speciosiis-. Vingt rayons à la seconde nageoire dorsale; dix-sept rayons à celle de l'anus; un grand nombre de bandes transversales et noires sur un fond couleur d'or. SgS HISTOIRE DIXIÈME ESPÈCE. Le caranx fascÈ; caranx fasciatus, — • Trente rayons à la seconde dorsale; dix- neuf à la nageoire de l'anus; plusieurs bandes transversales, étroites, irrégulières, divisées souvent en deux , et d'une couleur brune. ONZIÈME ESPÈCE. liE CARANX CHL.ORIS ; caranx chloris, — Vingt- neuf rayons à la seconde nageoire du dos; vinet-huit à k:ç\\q de l'anus; le corps élevé; Touverlure de la bouche petite; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure; la couleur générale d'un jaune verdâtre. DOUZIÈME ESPÈCE. Le CARANX cruménophthalme; caranx crumerwphthalmus. -^ Vingt -huit rayons à la seconde dorsale; vingt-sept à la nageoire de Fanus ; une membrane placée verticale- ment de chaque côté de l'œil et en forme de paupière; la couleur générale d'un bleu argenté. TREIZIÈME ESPÈCE. Le CARANX plumier; caranx Plumierii, — ' Vingt -quatre rayons à la seconde na- D É s C A R A N X, 599 geoire du dos; vingt à celle de l'anus; les écailles qui recouvrent le corps et la queue grandes et lisses ; celles qui garnissent la ligne latérale plus laiges et ar tuées chacune d'un piquant tourné vers la caudale; plu- sieurs nageoires jaunes ou couleur d'or. QUATORZIÈME ESPECE. Le caranx KLEIN ; caranx Kleinii. — Vingt -trois rayons à la seconde dorsale; vingt -un à la nageoire de l'anus; la mâ- choire inférieure plus avancée que la supé- rieure ; la partie postérieure de la ligne latérale garnie de lames très-larges et armées chacune d'un piquant tourné vers la cau- dale; la couleur générale d'un brun mêlé de violet et d'argenté. SECOND SOUS-GENRE. Un ou plusieurs aiguillons isolés entre les deux nageoires dorsales. QUINZIÈME ESPÈCE. Le caranx carangue; caranx carangua. — Trois aiguillons garnis chacun d'une pe- tite membrane, et placés entre les deux nageoires dorsales; les pectorales alongées jusqu'à la seconde nageoire du dos. 400 HISTOIRE SEIZIEME espèce: Le caranx ferdau ; caranx ferdau, — Vingt -neuf rayons à la seconde nageoire dorsale ; vingt-quatre à celle de l'anus ; la couleur générale argentée ; des taches dorées; cinq bandes transversales brunes; un seul aiguillon isolé entre les deux nageoires du dos. DIX-SEPTIÈME ESPÈCE. Le caranx GiEzz; caranx gœzz, — Vingt- huit rayons à la seconde nageoire dorsale ; vingt-cinq à celle de l'anus; une membrane luisante sur celle de la nuque; la couleur générale bleuâtre ; des taches dorées ; ua seul aiguillon isolé entre les deux nageoires dorsales. DIX-HUITIÈME espèce. Le caRxINX sansun ; caranx sansun, — Vingt -deux ra3^on5 à la seconde nageoire du dos; seize à celle de Fanus; les carènes latérales de la queue très -relevées; la cou- leur générale argentée , éclatante et sans tache; un seul aiguillon isolé entre les deux nageoires du dos. dix-neuvième espèce.- Le caranx korab ; caranx korab, — Vingt rayons à la seconde nageoire dorsale; dix-sept DES C A R A N X. 401 dix-sept à la nageoire de l'anus ; la couleur générale argentée ; le dos bleuâtre ; un seul aiguillon isolé entre les deux nageoires du dos. VINGTIÈME ESPECE. liE CARANX rouge; caranx ruber. — Vingt -huit rayons à la seconde nageoire du dos; vingt-six à celle de Fanus ; les pec- torales alongées jusqu'au delà du commen- cement de l'anale; les deux mâchoires éga- lement avancées ; deux orifices à chaque narine ; la partie de la ligne latérale , la plus voisine de la caudale , garnie de lames larges et armées chacune d'un piquant tourné en arrière ; la couleur générale rouge ; un seul aiguillon isolé entre les deux nageoires du dos. Poiss, Tome VIL Gc 402 HISTOIRE LE MAQUEREAU BATARD (i), LE CARANX TRACHURE (2), FARLACÉPÉDE. PREMIÈRE ¥:SPÈCE. Voyez la planche XXXIII , ftg. 2. JLjes caranx sont très-Voisins des scombres; ils leur ressemblent par beaucoup de traits; (i) Le maquereau hâtard. Eu Danemarck , steihher^ En Norvège , p/ir. En Suède, horsmahrill. En Hol- lande , marsèa/zr^er A Venise , saurou. A Gênes , sou, A Malte , savrella. En Turquie, staurit-haluk. Par les grecs modernes , stauridia. Au Japon , ara. Au Brésil, curoata pinima par les naturels , et bointo par les por- tugais. A Marseille , suvereou , macareo, Scomber lineâ laterali squamis latis pinnatâ. Lin. Amaenit. acad. tora. IV, p. 249. Scomber spinâ dorsali recamhente , lineâ laterali loricatâ scomher trachurus. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. 170, sp. 6. Scomber pinnulis unitis , spinâ dorsali recumbente , lineâ laterali loricatâ scomber trachurus. Brunn. IcLthyol. massil. p. 70 , n® 87. Sonnini. DES C A R A N X. 4o3 ils présentent presque toutes leurs habi- (9.) Caranx trachurus. Dans plusieurs provinces méridionales de France, saurel y sieurel , sicurel. Sur plusieurs rivages de France, gascon , gascanet. Sur plusieurs côtes voisines de Vembouchure de la Ga- ronne et de celle de la Charente, chicharou. Dans plusieurs provinces de France, maquereau bâtarde Aux environs de Rome , sauro. Dans la Ligurie , pesce di Spagnaj paramia , strombolo. En Angleterre, scad , horse mackrelL En Allemagne , miiseken» Dans quelques contrées du Nord , stocker, Scomber trachurus. Lin. édition de Gmelin. Scombre gascon. Daubenton , Encycl. méthod. — • Bonaterre , pi. de l'Encyc. méth. — Bloch , pi. lvi. Sieurel, ou sicurel. Valmont de Bomare , Dict, d'hist. nat. — Mus. Ad. Frid. i , p. 89 ; et 2 , p. 90. — Hasselquist , It. 365 et 407 ? n^ 84. — Mlill. Prodroni. zool. Danic. p. 47> n® 397. — Am^en. acad. 4 , p. 249. Scomber lineâ laterali acuminatâ , etc, Artedi , gen. 3i , syn. 5o, Trachouros, Atlien. lib. 7 , p. 326. — Oppian , HaL lib. I , p. 5. — Galen. class. 2 , fol. 3o , b. Sauras. P. Jov. c. 19 ; p. 86. — Salvian. fol. 79, «, h. ad iconem. Lacertus , sive trachurus. Belon. Juacertorum genus, quodtrachurum Grœcivocant, etc. Gesner , p. 467 et 552. Trachurus j aut lacertus priuatim. Idem. (Gerra. ) fol. 56, b. Sieurel. Rondelet , prem. part. liv. 8 , chap. 6. Trachurus. Schonev. p. 75. — Aldrov, lib» 2, cap. 52, Ce a 4o4 HISTOIRE tudes : iis ont été confondus avec ces osseux par ]e plus grand nombre des naturalistes; et il est cependant très -aisé de les distin- guer des poissons dont nous venons de nous occuper. Tous les sconibres ont eri effet de petites nageoires au dessus et au dessous de la queue : les caranx en sont entièrement privés. Nous leur avons conservé le nom de caranx , qui leur a été donné par Com- nierson , et qui vient du mot grec kara , lequel signifie tête. Ce voyageur les a nom- més ainsi à cause de Fespèce de proémi- nence que présente leur tête, de la force de cette partie , de Féclat dont elle brille , et d'ailleurs pour annoncer la sorte de puis- sance et de domination que plusieurs osseux p. 268. — Jonston , Ub. i , tit. 5 , c. 5 , art. i , punc. 3 , tab. 21 , fig. 8. — Charlet. p. 143. Trachiirus. Willughby, p. 290 , tab. S, 12, S ,22, — Ray, p. 92 , u^ 8. Scomher lineâ laterali omnino loricatâ , etc. Gronov, Mus. i, p. 54? i^^ 80 -, et Zooph. p. 94, n<5. 5u8. ^ra. Kasmpfer, Jap. i , tab. 11 , fig. 5. — Marcgrav. Brasil. p. i5o. — Pis. Ind. p. 5i. — Brit. Zoolog. 5, p. 2 25, n^ 5. Scomher, . . . lineâ laterali, . . . loricatâ , ete. Act» Ilelvet, IV, p. 264,11^1 56. DES C A R A N X. 4o5 de ce genre exercent sur un grand nombre de poissons qui fréquentent les rivages (i). Parmi ces animaux voraces el dangereux pour ceux des liabitans de la mer qui sont trop jeunes ou mal armés, on doit sur-tout remarquer le trachure. Sa dénomination, qui signifie queue aiguillonnée^ vient du gmnd nombre de piquans dont sa ligne laté- rale est hérissée sur sa queue, aussi bien que sur son corps : chacun de ces dards est recourbé en arrière, et attaché à une petite plaque écailleuse, que Ton a comparée , pour la forme, à une sorte de bouclier; et la série longitudinale de ces plaques recouvre et indique la ligne latérale. Lorsque l'animal agite vivement sa queue, et en frappe violemment sa proie, non seu- lement il peut rétourdir, Tassommer, l'écra- ser sous ses coups redoublés, mais encore la blesser avec ses pointes latérales, la dé- chirer profondément, lui faire perdre tout son sang. D'ailleurs ce caranx parvient à une grandeur assez considérable , quoiqu'il ne présente jamais une longueur égale à ■ ■ ' " Il I I I I a (i) La ressemblance de ce poisson avec le-maque- reau lui a fait donner généralement en France la d&nomiaation de maquereau bâtard, Sonnini, Ce 3 4o6 HISTOIRE celle du thon : il n'est pas rare de le voir long d'un mètre (trois pieds environ) (i). On le trouve dans Tocéan Atlantique; dans le grand Océan ou mer Pacifique , dans la Méditerranée (2) : par-tout il s'avance par grandes troupes, lorsqu'il s'approche des rivages pour déposer ses œufs ou sa liqueur fécondante. Sa chair est bonne à manger , quoique moins tendre et moins agréable (i) Dans les environs de Kiel, ditBlocb, ce poisson ne devient pas plus long que la main. En; Angleterre il a environ un pied , et deux dans la Méditerranée. (Histoire naturelle des poissons , genre 42 , article du maquereau bâtard» ) S o n n i n i. (2) Tous les anciens naturalistes ont fait mention du maquereau bâtard , et presque tous les voyageurs modernes en ont parlé. Kaempfer Ta vu au Japon , et Marcgrave dans les mers du Brésil, où on le pêche fréquemment. Comme il fraie en même tems que les maquereaux, on le prend avec ces derniers au filet et à l'hameçon. On pêche une grande quantité de petits poissons de cette espèce sur les rivages de la Ligurie , et « les habitans, dit Belon,ne voulants perdre Tocca- Sîon du guing , les font frire , puis les salent , dont ils emplissent des panniers d'éclisse, pour user en caresme, qu'ils envoyent en Lombardie , Milan et Lode : mais ils nomment tels poissons les argentinfi , les voyants de couleur si brunie , qu'ils en resplendissent en couleur d'argent». (Delà nature et diversité des poissons, pag. 181.) SONNINI. . D E s C A R A N X. 407 que celle du maquereau ( 1 ). Du tems de Belon , les habitans de Constaiitinople re- elierchoient beaucoup le garum fait avec les intestins de ce poisson. Les écailles qui couvrent le trachure sont petites , rondes et molles. Sa couleur géné- rale est argentée. Un bleu verdâti^e règne sur sa partie supérieure. L'iris brille d'un blanc rougeâtre. Une tache noire est placée sur chaque opei'cule. Les nageoires sont blanches (2); et une teinte noire distingue les premiers rayons de la seconde dorsale. La caudale est en croissant; l'ensemble de ranimai comprimé,- la tête grande; la mâchoire inférieure recourbée vers le haut , plus longue que la supérieure , et garnie , (1) Galien prétend qu'elle est de difficile digestion j on ne l'estime pas beaucoup en Italie, tandis que dans le nord elle passe pour un mets délicat. On appelle ce poisson en Angleterre, mère des anchois j à cause de son bon goût. La plus grande partie des maquereaux se sale comme les harengs. Sonniki. (2) A la première nageoire du dos . 8 ra3'-ons. A la seconde 54 A chacune des pectorales ... 20 A chacune des tlioracines. ... 6 A celle de l'anus 5o A celle de la queue 20 C c 4 4o8 HISTOIRE ainsi que cette dernière , de dents algues ; le palais rude; la langue lisse; chaque oper- cule composé de deux lames ; et la nageoire de Tanus précédée d'une petite nageoire composée de deux rayons et d'une mem- brane (i). (i) Suivant les observations du docteur Blocb , le foie du maquereau bâtard est petit et partagé en deux lobesdegrandeur inégale; la rate est noire et oblonguej l'estomac triangulaire ; le canal intestinal deux fois sinueux, avec douze à treize appendices ; enfin la vési- cule aérienne placée le long du dos. Sonkini» DES C A R A N X. 409 r ' ' ■ • == L' A M I E (1), LA QUEUE JAUNE (2). LE CARANX AMIE (5), ET LE CARANX QUEUE -JAUNE (4), PAR liACÉPÉDE. ^e jj rp 5e ESPECES. I àv. nombre des rayons que présentent les nageoires du caranx amie peut servir à le (i) Scomher pinnœ dorsalis posterions radio ultime longiore. . . scomher amia. Lin. Sj^st. nat. edit. Gmel. gen. 170 , sp. 9. SoNNiNi. (2) La queue jaune. Par les anglais de la Caroline, yellow-taiL Scomber pinnuUs luteis , ore edentulo .... scomher chrysurus. Lin. Syst. nat. edit. Gmel. gen. 170 , sp. 8. — Artedi , Gen. pisc. gen. 25 , n° 11. additament. SONNINI. (3) Caranx amia, Scomber amia. Lin. édit. de Gmelin. Scomber dorso dipterygio , ossiculo ultimo pinnœ dorsalis sccundœ prœlongo, Artedi ; gen, 5i , syn. 5i* 410 HISTOIRE distinguer des autres poissons de ce genre, indépendamment des caractères particuliers à cette espèce que nous venons d'exposer dans le tableau des caranx (5). Scomhre amie. Daubenton , Ericyclop. métliod. — — Botiaterre , planches de l'Encycl. métliod. Nota. Il est utile d'observer que les passages des auteurs et les figures des dessinateurs , rapportés par Artedi, et d'après lui par Daubenton, à leur scombre amie , sont relatifs , non pas à ce poisson , mais au caranx glauque ou au centronote lyzan , ainsi que nous l'indiquerons en détail dans la synonymie des articles dans lesquels nous traiterons du glauque et du lyzan. Cette fausse application faite par Artedi a trompé aussi le professeur Bonaterre , qui a fait graver , pour son scombre amie , une figure que Salvian a publiée pour un poisson nommé amiay mais qui cependant ne peut appartenir qu'à un centronote lyzan. (4) Caranx chrysurus. Scomber chrysurus. Lin. édit. de Gmelin, ^elloW'tail ( queue jaune ). Garden. Scomhre queue Jaune. Daubenton , Encyc. méth.i^ Bonaterre , pi. de l'Encycl. mélhod. (5) A la première nageoire du dos du caranx amie 5 rayons, A la seconde 34 A chacune des pectorales .... 20 A chacune des thoracines ... 6 A celle de l'anus 24 D E s C A R A N X. 411 La queue- jaune habite dans la Caroline; elle y a été observée par Garden. Son nom vient de la couleur de sa queue , qui est d'un jaune plus ou moins doré, ainsi que quelques-unes de ses nageoires. Ses dents sont très-petites , très-difficiles à voir. On a même écrit que ses mâchoires étoient en- tièrement dénués de dents. Une petite na- geoire à deux rayons est placée au devant de celle de l'anus (]). (i) A la première nageoire dorsale du caranx queue jaune,  la seconde A chacune des pectorales A chacune des ihoracines A celle de l'anus . , , A celle de la queue . 9 rayons. 29 6 3o 22 4i2 HISTOIRE LE D E R B I O (i), LE CARANX GLAUQUE (2), PAR LACÉPÈPE. QUATRIÈME ESPECE. Oe poisson, qu'Osbeck a vu dans l'océan Atlantique, auprès de l'île de l'Ascension, a été observé par Commerson dans le grand Océan, vers les rivages de Madagascar, et (i) Dsrhio , nom que porte ce poisson sur les côtes méridionales de la France. Scomher spinâ dorsall recumhènfe scomber glaucus. Lin. Syst. nal. edit. Gmel. gen. 170 , sp. 5. S o N N 1 N 1. (2) Caranx glaucus. Sur les côtes de la Liguric , leccia. En esclavon ^polanda. En grec , glauhos. Dans plusieurs provinces méridionales de France , derbio , biche , cabrole , damo. Scomher glaucus. L'n. édit. de Gmelin. Scomher glauque. Daubenton , Encyc. métliod. •— Bonaterre , pî. de l'Encyc. métliod. Scomber dorso dipterygio , ossiculo secundo pinnœ DES C A R A N X. 4i5 particulièrement dans les environs du fort Dauphin élevé dans cette dernière île. Il habite aussi dans la Méditerranée, où il étoit très-connu du tenis de Pline , et même de celui d'Aristote , qui avoit entendu dire que ce caranx se tenoit caché dans les pro- fondeurs de la mer pendant les très-grandes chaleurs de Tété (i). La couleur générale de cet osseux est d'un bleu clair mêlé d'une teinte verdâtre; quelquefois cependant elle paroît d'un bîeu foncé et semblable à celui que présente la mer agitée par un vent im- pétueux. La partie inférieure de l'animal est blanche. On voit souvent une tache noire à l'origine de la seconde nageoire dorsale et à celle de la nageoire de l'anus; ' ■ I m dorsalis altissimo. Artedi , gen. 52, syn, 5i. — Mus. Ad. Frid. 2 , p. 89. Scomher Ascensionis, Osbeck , It. 296. Derhio. Rondelet, prem. part. liv. 8 , cliap. i5. Glaucus, Plin. lib. 9 , cap. 16. Caranx lineâ laterali inermi , maculisque signala quatuor nigris , anterioribus duabus majoribus. Com- merson , Manuscrits déjà cités. Glaucus ( derbio ). Valtnont de Bomare , Dict. d'hist. nat. (i) On le prend assez souvent aux environs de l'île de Malle. S o n k 1 n i. 414 HISTOIRE et quatre ai;îtres taches noires, dont les deux premières sont les plus grandes , sont aussi placées ordinairement sur chaque ligne la- térale. Le second rayon de la seconde nageoire du dos est très-haut, et le premier aiguillon de la première nageoire dorsale est tourné , incliné, et même couché vers la tète. Une petite nageoire à deux rayons précède celle de l'anus (i) (2). La chair du glauque est blanche, grasse, et communément de bon goût. (i) A la nageoire du dos 7 rayons. A la seconde 26 A chacune des pectorales, ... 20 A cliacune des tlioracines. ... 5 A celle de l'anus 25 A cerie (le la queue , qui est très- fourchue 20 (2) L'estomac est ample, avec une seule appendice j la vésicule du fiel' tient au canal intestinal j la rate est petite. S o N N 1 N 1. D E s C A R A N X. ^i5 LE DJEDABA (i), LE QUEUE-ROUGE (2). LE CARANX BLANC (3), ET LE CARANX QUEUE-ROUGE (4), PAU LACÉPÊDE. 5e ET 6® ESPECES. JLi A mer Rouge nourrit le caranx blanc , que Forskœl a décrit le premier, et dont la couleur générale blanche ou argentée est relevée par le jaune qui règne sur les côtés »• •' ■ ■ ■■■■ ■ ' ■ I , i — II,» (i) Dsjedaba , nom arabe de ce poisson à Dsjidda , port de la mer Rouge , où Forskœl l'a observé , nom que ce naturaliste lui a conservé. A Lohia, sufnoh. A Suez , bajad. Scomber alhiMS ^ lateribus et caudœ plnnâ Jlauis , . . , scomber dsjedaba. Forskœl , Faun. ^Egypt. Arab. p. 56, n*^ 75. — Artedi, Gen. pisc. ^Qn. 26, n° 16. additament. S o n n i n i. (2) Seomber operculis posticè macula nigra ..... 4i6 HISTOIRE de ranimai et sur la nageoire caudale. Un rang de petites dents garnit chaque mâ- choire. Chaque ligne latérale est revêtue, vers la queue, de petites pièces écailleuses. Les écailles proprement dites, qui recou- vrent le caranx, sont fortement attachées. La première nageoire du dos forme un triangle équilatéral (5). scomber hippos» Li'in» Sjst. nat. éd. Gmel. gen. 170, sp. 7. Scomher pinnulis unitis ; opercules posticè macula nigra. . . . scomber hippos, Artedi , Gen. pisc. gen. 25 , n^ 10. additament. Sonnini. (3) Caranx albus. Scomber albus. Lin. édit. de Gmelin. — Forskoel , Faun. Arab. p. 56 , n^ 75. Scombre sufnok. Bonaterre^ pi. de l'Encyc. mélli. (4) Caranx erythrurus, Scomber hippos. Lin. édit. de Gmelin. Scombre queue-rouge. Daubenton , Encycl. méth» Bonaterre , pi. de l'Encycl. métbod. (5) A la membrane des branchies du caranx blanc 8 rayons. A la première nageoire dorsale . 8 A la seconde 25 A chacune des pectorales .... 22 A chacane des ihoracines. ... 5 A celle de l'anus 20 A Gclle de k ^ueue 17 On D E s C A R A N X. 417 On voit une petite nageoire composée de 3eux rayons au devant de Fanus du blanc, aussi bien qu'au devant de Tanus du caranx queue-rouge. Ce dernier a été observé dans la Caroline par Garden , et à Tile de Taïti par Forster. Il montre une tache noire sur chacun de ses opercules. Sa seconde na- geoire du dos est rouge , comme celle de la queue ; les thoracines et l'anale sont jaunes. La partie postérieure de chaque ligne laté- rale est coniîne hérissée de petites pointes. Les deux de devant sont , dans chaque mâchoire, plus grandes que les autres (1). (1) A la première nageoire dor du carânx queue-rouge A la seconde A chacune des pectorales A chacune des thoracines A celle de l'anus • . . ' A celle de la queue . aie 7 rayons. 22 22 6 40 5o Poks. TOMB VIL Dd 4i8 H I S T O I R E LE FI LA ME NT EU X. LE CARANX FILAMKNTEPX (i), PAR L A C É P É D El S E P T I È M E E S P É C E. Cj'es.t au célèbre anglais Mnngx> Park q^ue Ton doit la. desciiptioii de c^ cai-anx, que Ton trouve- en. Asie, aupiès des j-i^f âges- de Sumatra. Li^, ];iqm de j^/û;/w^^^/jtî, que MmigoPaik lui a donuéj^dentid^&Rlamens qui garnissent la seconde nageoiie dors^ale, ainsi que celk de l'anus. La couleur géné- rale de ce pôi.^soU est argentée , et son dos est bleuâtre ; ses écailles sont, petites,, mais fortement atiacliées. Le museau est arrondi; ]'œil grand; Firis jaune; chaque mâchoire hérissée de dents courtes et serrées ; chaque opercule formé de trois lames dénuées ■ III ■ ' — ^ ( I ) Caranx Jilamentosus, Sco7nber filamentosus. Mungo Park , Transact. de la jspçiété lignéi|nue de Loiidiçs , vohJII», ' DES C A R A N X. 419 d'écailles semblables à celles du dos ; Ja nageoire caudale fourchue 5 la petite na- geoire qui pî'écède celle de l'anus, compo- sée de deux rayons, dont l'antérieur est le moins grand. Les pectorales sont en forme de faux ; la première du dos peut être reçue dans une fossette longitudinale (j). (i) A la mcmbratte des branchies . . 7 raVons. A la première nageoire du dos . . 6 rayons < aiguillonnés. A la seconde nageoire du dos. . . 2a rayons. A eliacune des pectorales 19 A chacune des llioraoiiies . ... 5 A celle de l'anus 18 A celle de la queue ...... 22 Dd 2 420 HISTOIRE LE DAUBENTON. LE CARANX DAUBENTON (i), PAR LACÉPÈDE. HUITIÈME ESPÈCE. JNIous consacrons à la mémoire de notre illustre ami Daubenton , ce beau caranx représenté d'après Plumier dans les pein- tures sur vélin du muséum d'histoire na- turelle. Ce caranx a ses deux nageoires dorsales très-rapprochées : la première est triangu- laire et soutenue par six rayons aiguillonnes; la seconde est très-alongée et un peu en forme de faux (2). Deux aiguillons sont ^1 ' * (1) Caranx Dauhtntonii. Trachurus argento-cœruleus , aureis maculis nota-' tas. Manuscrits de Plumier. (2) 5 rayons aiguillonnés et 19 rayons articulés à la seconde nageoire du dos. 1 rayon aiguillonné et i5 rayons articulés à celle de l'anus. I^a nageoire de la queue est fourchue. DES CAR A NX. 421 placés au devant de la nageoire de l'anus. Les deux mâchoires sont égalemejit avan- cées. On voit, à chaque opercule branchial, au moins trois pièces, dont les deux der- nières sont découpées en pointe du côté de la queue. La ligne latérale est tortueuse, rude et dorée. Des taches couleur d'or sont répandues sur les nageoires. La partie supé- rieure du corps est bleue, et l'inférieure argentée. Dd S 422 HISTOIRE LE R I M (i). Ï,E CARANX TRÈS- BEAU (2), PAR LACÉPÈDE. NEUVIEME ESPÈCE. O E poisson mérite son nom. Ses écailles^ petites et foibleoient attachées, brillent de Téclat de Tor sur le dos, et de celui de (i) Lerim, nom que ce poisson porte en Arabie, et que Forskoel lui a conservé. Scomher pallidè aureus ; fasciis verticis ohliquis ; corporis septem nigris , alternis, . . . scomber rim spe^ ciosua. Forskoel , Faun. >Egypt. Arab. p. 54 > sp. 70.— Artedi,Gen. pisc. gen. 25, n^ i3. additament. S O N N I N I. (2) Caranx speciosus. Scomher speciosus. Lin. édit. de Gmcl. — Forskoel ;> Faun. Arab. p. 54. n'' 70. Scombre rim. Bonalerre , pi. de l'Encyc. mélli. Carmix fasciis transversis nigris alternatinh anguS" tioribus , caudœ apicibus atratis, Commerson , Manus- crits déjà cités. DES C A R x\ N X. 423 l'argent sur sa partie infériélire. Ces deux riches nuaucés sont vàf iées par des bandes trahsTei sales , ordinairement au nombre de Sept, d'un beau noir, et dont chacune est eoniuuniément suivie d'une aufre bthlde également d'un beau noir et tmnsversale, îilais beaucoup plus étroite. Les nageoires du dos sont bleues et les aufres jaunies. Trois lames composent chaque opercdle. Les nageoires pectorales , beaucoup plus longues que les thoracines, sont en forme de faux. Celle de la queue est fourchue. Fdrskœl a vu ce caranx dans la mer Rouge. Commeison , qui la observé dans la partie du grand Océan qui baigne l'ile de France et la côte orientale d'Afrique , rapporte , dans ses manuscrits , que les deux individus de cette espèce qu'il a examinés n'a voient pas plus de six ou sept pouces ( deux décimètres ) de longueur ; que les deux pointes de la nageoire caudale étoient très-noires ; que les deux mâchoires étoient à peu près également avancées, et qu'on ne sentoit aucune dent le long do ces mâchoires. Indépendamment de ces particularités, dont les deux dernières ont été aussi indi- quées par Forskœl, Commerson dit que Dd 4 424 HISTOIRE, etc; la membrane branchiale étoit soutenue par sept rayons; que la partie concave de Tare osseux de la première brancliie étoit dentée en forme de peigne ,* que la partie analogue des autres trois arcs ne présentoit que deux rangs de tubercules assez courts ; et que la ligne latérale étoit , vers la queue , hérissée de petits aiguillons , et boidée, pour ainsi dire, d'écaillés plus grandes que celles du dos (i). (i) A la première nageoire dorsale 7 rayons aiguillonnés* A la seconde nageoire dorsale . . 21 rayons. A chacune des pectorales . * . . 22 A chacune des ihoracines. . . . 5 ou 6 A celle de l'anus , qui est pré- cédée d'une petite nageoire à 2 rayons ••.••.•••» 21 A celle de la queue 17 Fin du septième Volume* TABLE Des matières contenues dans ce septième! Volume. JT â c H B de la morue, Page 5 Pêche de l'églefin, 65 Pêche du tacaud, 66 Pêche du capelan, idem Pêche du colin» ^S Pêche du merlan. 69 Pêche de la lote. , y6 Pêche du merlus. 78 Quarante-huitième genre. Les blennies^par Lacêpèdem Si Le blennie lièvre , première espèce , par le même, Sj — — moule. Le blennie phycis ^ seconde espèce , par le même. q5 — —— méditerranéen , troisième espèce , par le même, 96 — • — gattorugine , quatrième espèce, par le même. 98 sourcilleux, cinquième espèce , pi. 'K.^YK. , par le même. loi cornu , le blennie tentacule , le blennie sujéfien , et le blennie fascé , 6", 7% S** et 9® espèces, par le le même. lo5 ■ coquillade , dixième espèce , par le même, m sauteur , onziimie espèce , par le même, 1 14 — — pinaru , douzième espèce , par le même, i ig ' ' gadoîde , le blennie belette , et le blennie tridac- tyley i3®, 14®^^ i^^ espèces , par le même, j2# 426 TABLE. JLe pholls. Le blennie pholis , 16® espèce ^ pi. XXïXy par hacépède. i 27 Le hletinie bosquzen , dix - septième espèce , par le même. i32 — — vi^fipare. Le blennie ovovivipare , dix- huitième espèce y pi. XXX, par le même. i56 Le gunnel. Le blennie gujinel , dix-neupièm^e espèce ^ par le même. ii*j 'Le blennie pointillé , vingtième espèce j par le même. Lte gctramit , le lumpène. Le blennie garamit , le blennie lumpène y et le blennie torsh , 21*, 22* ei 25** espèces y par le même. i54 Quarante - neuvième genre. Les oligopodes , par le même. iSg L^oligopode vêlifère , pZ. XXX , par le même. i (^o Cinquantième genre. Les hurtes , par le même. i65 Le bossu. Le kurte biochien , par le même. iG'6 S( conds sou.s-cla^r,e. Poissons osseux , par le même. 169 Cmcjuante-unième genre. Les lepiJopes , par le même, 170 Le lêpidope gonanien , par le même. 171 cinquante-deuxième genre. Les hiatales , par le même. .'75 La hiatide gardénienne y par le même. 174 "Cinquante-troisième genre. Les cépoles y par le même, î77 Le ruban. Le cépole tcenia , première espèce , pi. XXX T, par le même. '79 Le cépole serpent. Le cépole serpent! for me y seconde espèce y par le même. io4 râpe. Le cépole trachyptère , troisième espèce y par le même, ^'^^ TABLE. 427 Cinquante - quatrième genre. Les tcenioîdea , par Lacépède. 187 Le tœnioïde hermannien ^ par le même, 188 Cinquante-cinquième genre. Les gohies , par le même. Le peigne. Le gohie pectinirostre y première espèce y par le même. 197 Le gobie hoddaert , seconde espèce , par le même. 202 La lancette. Le gohie lancéolé ^ troisième espèce , par le même. 2o5 L'aphye. Le gobie aphye j quatrième espèce ^ par le même. 208 Le paganel. Le gohie paganel, le gohie ensanglanté , et le gohie noir-brun , 5*, 6^ et 7® espèces , par le même. 2n Le houlerot. Le gohie houlerot , huitième espèce y pi. XXXI , par le même. 2 1 7 Le gohie hosc , neuvième espèce , par le même. 225 Le goujon arahe y le jozo. Le gohie arabique ^ le gohie jozo j dixième et onzième espèces , pi. XXXI , par le même. 227 Le gohie bleu , douzième espèce , par le même, 232 • plumier, treizième espèce , par le même, 254 — éléotre , et le gohie nébuleux , quatorzième et quinzième espèces , par le même, 256 awaou , seizième espèce j par le même. 259 noir J dix-septième espèce , par le même. 242 La tête de lièvre. Le gohie lagocépliale , le gobie menu , et le gobie cyprinoïde , I8^ \(f et 20® espèces, par le même. 245 Le gjblç schlassary vingt-unième genre ^ par le même, 25o 4^8 TABLE. Cinquante-sixième genre. Les gobioldes^par Lacépèdêé Lte gohioïde anguilliforme , première espèce , par le même. 266 smyrnéen , seconde espèce , par le même. 258 broussonnet , troisième espèce , /jar le même» 25gf — queue noire , quatrième espèce , par le même* 261 Cinquante - septième genre. Les gobiomores , par le rtiême. 262 Le gobiomore gronouien , première espèce , par le même. 264 Z.^ taiboa. Le gobiomore taiboa , seconde espèce, par le m,ême. 268 Le dormeur. Le gobiomore dorm.eur , troisième espèce ^ par le même. niji Le gobiomore hœlreuter y quatrième espèce , par le m.ême. 272 Cinquante - huitième genre. Les gobiomoroïdes , par le même. 27S Le gobiomoroïde pison , par le même, 276 Cinquante -neuvième genre. Les gobiésoces , par le même. 279 Le testar. Le gobiésoce tesfar , par le même. 280 Soixantième genre. Les scômbres , par le même. 285 Le scombre commerson , première espèce , par le même. Le guare. Le scombre guare , seconde espèce , par le m,ême. 29a Le thon. Le scombre thon y troisième espèce j pi. XXX lî, par le même, 294 \ TABLE. 42() de germon» Le scombre germon , quatrième espèce y par Lacépède. 3 19 JLe thazard. Le scombre thazard , cinquième espèce ^ par le même, 529 Le bonite. Le scombre bonite , sixième espèce , pi. XXXII , par le même. 335 L'alalunga. Le scombre sarde ou alatunga , septième espèce , par le même. 545 Le scombre chinois , huitième espèce , par le même» 54a Le maquereau. Le scombre maquereau , neuvième espèce , planche XXX ITT , par le même. 35o Le scombre japonais , dixième espèce , par le même. 38i — — doré , onzième espèce , par le même. 385 — — albacore , douzième espèce , par le même. 585 Soixante-unième genre. Lea scumbéroides ,par le même, 38r Le scombéroïde no'él , première espèce , par le même. 588 •■ commersonnien , seconde espèce , par le même. 390 Ls sauteur. Le scombéroïde sauteur , troisième espèce^ par le même. 5g2 Soixante - deuxième genre. Les caranx , joar le même, 395 jte maquereau bâtard. Le caranx trachure , première espèce , pi. XXXI 11 , par le même. 402 L^amie , la queue jaune. Le caranx amie , et le caranx queue-jaune , deuxième et troisième espèces , par le même. 409 Le derbio. Le caranx glauque , quatrième espèce ^par le même, 4ia 45o T A B L E. Le djedaha , le queue-rouge. Le caranx hlanc , et le caranx que ue ronge ^ cinquième et sixième espèces ^ par Lacépède. 4'^ Le filamenteux. Le caranx filamenteux y septième espèce y par le même. • 41^ Le dauhenton. Le caranx dauhenton , huitième espèce , par le même. 420 Le rim. Le caranx très-beau , neuvième espèce) par le même. 4^^ Fin de ia TaWe. 1- '^:^ .M '3r^ S^^ -^ ^ iijL^v^A. '--1 »>■ ;. S>^M ''V ^ ^^^^ » ..=.